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Le week-end dernier, le parti du candidat perdant des dernières présidentielles de 2010, en Guinée, a animé un point de presse, à Conakry. Le camp de Cellou Dalein Diallo accuse le pouvoir en place de violations graves de la constitution et d’avoir illégalement destitué les conseils communaux de Kaloum, Dixinn et Ratoma.
Au regard des dérives constatées ces derniers temps, depuis la prise de fonction des nouvelles autorités du pays, le parti UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée), ne compte plus garder le silence. Le camp de Cellou Dalein, qui soupçonne d’ores et déjà le pouvoir de vouloir user de tous les moyens illégaux pour préparer les législatives, est sorti de ses gongs, la semaine dernière, pour dénoncer les abus du pouvoir. Ces abus passent par le remplacement illégal du médiateur de la république – Condé nommé pour un mandat de 7 ans et qui n’a même pas fait trois mois –, la destitution de chefs de quartier et récemment des conseils communaux de Kaloum, Dixinn, Ratoma. Des décisions que l’UFDG considère « dangereuses et illégales », qui risquent de handicaper le processus de transition qui ne prendra fin qu’après les législatives.
Ainsi lors du point de presse qui était animé par le secrétaire, Aliou Condé, et le vice-président et le directeur de campagne du parti, Dr Fodé Oussou Fofana, le parti a exprimé ses inquiétudes suite aux violations flagrantes et répétées de la constitution. Et les deux conférenciers n’y sont pas allés de main morte pour fustiger certains actes illégaux déjà posés par le pouvoir. Selon eux, l’acte du président destituant les conseils communaux est en porte-à-faux avec la loi. Cela dans la mesure où ceux-ci sont élus et non nommés. Donc pour eux, pour les enlever il faut nécessairement une élection, lors de laquelle ils seront sanctionnés par la voix du peuple. Ils estiment donc que ce décret a été pris uniquement pour des fins politiques. Selon le secrétaire général du parti, le pouvoir chercherait ainsi à affaiblir le président de l’UFDG, qui apparait déjà comme un adversaire redoutable pour les prochaines consultations électorales. Et contre qui, le pouvoir actuel préparerait d’ores et déjà des coups bas. « A Dixinn et à Ratoma, notre parti a été premier au 1er tour et premier à Kaloum au second tour de la présidentielle. Donc on peut dire que le limogeage des Maires de ces communes vise uniquement à déstabiliser notre parti. Sinon, comment expliquer que les conseils communaux de Matam et de Matoto ne soient pas limogés ? En tout cas qu’on ne nous parle pas d’audits. Et si tel est le cas qu’on présente les résultats pour que le peuple sache qui a fait quoi… », explique Aliou Condé. Selon lui, auparavant beaucoup de démarches ont été menées par le pouvoir pour amener ces élus à changer de parti. Mais qu’ils auraient tous refusé, même au prix de leur poste. Comme pour dire que leur destitution serait liée à leur refus de changer, de retourner leur veste pour regagner l’autre camp.
Mais pour Aliou Condé, le pouvoir veut avoir le contrôle de toutes les communes avant d’aller aux élections. Comme les communes de Matam et de Matoto acquises à la cause du parti au pouvoir. Toutefois, il interpelle les Guinéens de rester vigilants pour sauvegarder les acquis démocratiques obtenus suite à l’acceptation des résultats du second tour par son candidat Cellou Dalein Diallo. Et de faire savoir que pour les législatives, son parti n’acceptera aucune manœuvre politique. « Nous réclamons des élections transparentes et crédibles. Et cette fois ci, nous ne laisserons rien passer », avertit-il.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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