 |
On l’a dit et répété à l’envi, la fourniture régulière du courant électrique est devenue pour l’EDG la quadrature du cercle. Les délestages fantaisistes et autres pannes de transformateurs sont devenus monnaie courante. Ce qui, par endroits, poussent les populations à descendre dans rue pour exprimer, de façon plus ou moins violente, leur ras-le-bol. Pour l’homme moderne, le courant électrique est incontestablement une « denrée » de première nécessité. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, la Guinée avec ses immenses potentialités hydroélectriques, fait toujours partie du cercle des pays où le courant est considéré comme un luxe que le citoyen moyen est pratiquement incapable de se payer. Les différents gouvernements qui se sont succédé, de l’indépendance à nos jours, se sont montrés notoirement incapables de trouver une solution durable au problème d’électricité. Sous l’ancien régime, le projet Konkouré qui était censé résoudre ledit problème, n’a jamais vu le jour. Sous la deuxième République, la réalisation du barrage de Garafiri a été présentée par les autorités comme le projet du siècle pour donner du courant, de façon régulière, aux populations guinéennes. Mais la suite, on la connaît. La montagne de Garafiri n’aura finalement accouché que d’une souris. Les Guinéens continuent de faire face aux problèmes d’ordre énergétique. Les entreprises et les sociétés se succèdent et se ressemblent étrangement dans la gestion quotidienne du secteur stratégique de l’électricité. De l’Enelgui à l’EDG en passant par la Sogel, force est de constater, avec beaucoup de regret, que les structures mises en place pour la production et la distribution du courant électrique peinent sérieusement à donner satisfaction à la clientèle. Depuis quelques années, c’est l’EDG (Electricité de Guinée) qui est chargée de la gestion de la chose énergétique en Guinée. Dans son désormais célèbre discours du 28 mars 2007, l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté avait clairement fait de la fourniture du courant électrique l’une des priorités de son équipe gouvernementale. Au sortir d’un conseil ordinaire des ministres, Justin Morel Junior, alors porte-parole du gouvernement de consensus, est allé jusqu’à donner un délai particulièrement court pour améliorer substantiellement la desserte en électricité. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme cela fut annoncé, au grand désespoir des pauvres consommateurs. Nombreux sont ceux qui ont soutenu, non sans raison, que le gouvernement Kouyaté avait été placé devant le fait accompli par la direction de l’Electricité de Guinée (EDG). Ce qui, on le sait, a valu à Morlaye Bangoura d’être limogé par décret présidentiel. Il sera remplacé au poste de Directeur général de l’EDG par Elhadj Sékou Sanfina Diakité qui, aujourd’hui, essaye tant bien que mal de faire fonctionner l’entreprise dans l’intérêt supérieur des Guinéens et des entreprises implantées dans le pays. Mais comme on aime à le dire, à l’impossible nul n’est tenu. L’EDG manque cruellement de moyens pouvant permettre la fourniture régulière du courant électrique aux populations de Conakry et celles du pays profond. Il y a quelques jours, la ville de Kamsar était en ébullition à cause des coupures intempestives du courant électrique. Le vendredi 29 août, l’axe Hamdallaye-Bambeto a été bloqué par des jeunes, en guise de protestation contre le sort que leur réserve la Guinéenne d’électricité. Dans d’autres quartiers également, les délestages fantaisistes et les pannes de transformateurs sont monnaie courante. Comme quoi, la fourniture du courant devient de plus en plus ce que l’on pourrait qualifier de quadrature du cercle pour l’EDG. Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |