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La dernière guerre en CI n’a pas fini de livrer ses secrets. On savait qu’en dépit de l’embargo, le clan Gbagbo avait réussi à importer pour plusieurs centaines de milliards de francs CFA un armement massif et hautement performant tandis que le clan Ouattara dans une moindre mesure avait également amélioré son arsenal. Ce qu’on sait moins c’est le rôle des mercenaires dans ce conflit et l’intervention des chasseurs traditionnels. Un autre aspect souvent occulté est la bataille sur le plan occulte.
Les mercenaires
Dans le clan Gbagbo, depuis 2002, la présence de mercenaires étrangers dans ses rangs n’est plus un mystère. Ce qui est nouveau, c’est la présence en 2011 de mercenaires guinéens pro Gbagbo. Au Camp commando d’Abobo, ils ont été signalés, ainsi qu’à Duékoué et à Yopougon. Certains ont été faits prisonniers par les FRCI proches d’Ado. Surprise ! Presque tous avaient des pièces d’identité avec des patronymes peuls (Diallo, Sow, Barry..). Après vérification, ils étaient incapables de parler la langue peule. Qui les a recrutés et pourquoi ce camouflage pernicieux de leur identité ?
Les chasseurs traditionnels
Tout le monde connait la force et le rôle de cette puissante confrérie dans toute l’Afrique de l’Ouest. Elle a joué un grand rôle dans l’histoire et son code éthique est rigoureux et hautement humaniste, loin de toute connotation ethnique ou partisane. En général elle n’intervient dans le champ politique qu’exceptionnellement. Mais depuis la guerre civile en Sierra Léone et le conflit ivoirien, on doit s’interroger s’il n y a pas des tentatives d’en faire une milice au service de partis politiques, ce qui l’éloignerait de son crédo et de son éthique. En Guinée, le RPG essaie de manipuler nos donzos dans ce sens et c’est éminemment dangereux.
La bataille mystique
En Afrique, les batailles militaires ont souvent été précédées et accompagnées de luttes sur le plan mystique. Le dernier conflit en CI ne déroge pas à cette règle. Les deux clans se sont affrontés sur ce terrain. Difficile de rentrer dans les détails Mais c’est une réalité. Même sur le plan purement sportif ce sont des pratiques courantes à plus forte raison sur le champ politique.
Depuis son accident auto vers 1997, la très catholique Simone Gbagbo s’est laissé tenter par les sectes évangéliques dont les pasteurs lui avaient promis la victoire et la pérennité du pouvoir. La plupart de ces faux prophètes après s’être bien enrichis ont disparu dans la nature…
Le retour en force du paganisme
Avant la capture de Gbagbo le 11 avril, quelques jours auparavant, les FRCI ont déboulonné quelques monuments érigés par les Refondateurs, à Angré, Yopougon Siporex et à Port Boûet, dans les fondations, des ossements humains furent exhumés.
A Abidjan Plateau, tant au Palais Présidentiel qu’à la Primature, sous des blocs de béton, des cadavres ont été trouvés ainsi qu’à Yamoussoukro. Des objets mystiques ont été également déterrés. Tous enfouis par les Refondateurs. C’est le « on gagne ou on gagne. »
Ne parlons pas des sorcières toutes nues, qui servaient de boucliers aux miliciens et aux mercenaires pro Gbagbo, dont la vue suffisait à annihiler les forces magiques et les grigris des soldats pro Ouattara qui durent aussi mobiliser leurs gourous.
Une pratique vieille comme le monde
Pour les incrédules parmi les internautes, je vais rappeler un fait survenu à La Mecque vers 630 lors de sa conquête par les troupes musulmanes. Martin Ling écrit : « Des trois plus grands sanctuaires du paganisme, le plus proche de La Mecque était le temple de d’al-Uzza à Naklah. Le Prophète décida d’envoyer Khalid ben al-Walid (surnommé l’Epée de l’Islam) détruire ce centre de l’idolâtrie. Lorsqu’il entendit que l’armée des musulmans approchait, le gardien du temple suspendit son épée à la statue de la déesse et la somma de se défendre et de tuer Khalid, ou de se faire monothéiste. Khalid démolit le temple et son idole, puis il revint à La Mecque.
- N’as-tu rien vu ? lui demanda le Prophète.
- Rien ! répondit Khalid,
- Alors, c’est que tu ne l’as pas détruite, conclut le Prophète. Retourne la détruire !
Khalid repartit donc pour Naklah où il vit sortir des ruines du temple une femme noire, entièrement nue, dont la chevelure flottait sauvagement autour d’elle. Un frisson me parcourut l’échine, raconta ensuite Khalid. Mais il se mit à crier :
- Uzza, ton sort est d’être reniée, non adorée, et, dégainant son épée, il l’abattit sur elle. A son retour, il dit au Prophète :
- Louange à Dieu qui nous a sauvés de la destruction.
Conclusion
Ce sont-là quelques éléments de réflexion pour mes chers amis internautes que je vais certainement laisser sur leur faim. Bonne lecture !
GIAP
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