mardi 10 mai 2011
Des honneurs et des prix pour services rendus à son peuple et à la démocratie pour Cellou Dalein Diallo
Cellou Dalein Diallo

Première Partie : Une reconnaissance qui doit  être un tremplin et non une fin
 
En  deux jours, dans deux pays différents, Cellou Dalein Diallo, Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a été récipiendaire de deux distinctions honorifiques. Ces gratifications lui ont été décernées pour avoir épargné la Guinée d’une guerre civile en acceptant les résultats du second tour de l’élection présidentielle et  pour son action pour la démocratie.
 
Le leader de l’UFDG avait à ses côtés des personnalités de son parti. Entre autres : M. Bah Oury, Vice-président et Dr Oussou Fofana, Vice-président et Directeur de Campagne. Le 29 avril 2011 à Lomé, le Président de l’UFDG recevait de l’Observatoire Africain de la Démocratie (OPAD) le « Diplôme de Promoteur de la Culture démocratique »  en reconnaissance de son engagement pour la démocratie et la paix sociale en Guinée.

 

Dès le lendemain, c’est la capitale sénégalaise qui emboîte le pas à Lomé en attribuant « le Cauris d’Or de la Paix » à l’ancien candidat aux élections présidentielles guinéennes.  Le  Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDES) venait à son tour récompenser le leader de l’UFDG pour son combat pour la démocratie et la paix sociale.

 

Ces deux prix venaient conforter une autre distinction. La désignation à Djibouti  en février 2011 de M. Cellou Dalein Diallo comme Vice- Président du Groupe : « Alliance des Libéraux et Démocrates pour l'Europe, le Pacifique, l'Afrique et les Caraïbes » (ALDEPAC). Si ces différents prix ne sont pas de même nature, il ne reste pas moins qu’ils constituent une confirmation de la reconnaissance de  la communauté internationale.

 

En effet, le Groupe de Contact, l’Union Africaine et ses différentes organisations, les Nations- Unies ont fait preuve de gratitude à l’égard de celui qui a osé braver intérêt personnel, pressions et critiques de toutes sortes pour donner une leçon de démocratie dans son pays. C’est ainsi que lors du Sommet d’Adis- Abeba de janvier 2011 toutes les personnalités africaines et étrangères ont témoigné à Cellou Dalein respect, amitié et honneur.

 

Le Secrétaire Général des Nations- Unies lui adressera une lettre de remerciement pour son attitude digne et responsable au lendemain de la présidentielle guinéenne. Les Chefs d’États africains, le Président français, Nicolas Sarkozy qui était  présent au sommet et les autorités panafricaines lui rendront un vibrant hommage. Toutes  les parties qui avaient été impliquées dans la transition guinéenne lui reconnaîtront un sens de responsabilité, un  attachement à la démocratie et aux droits de l’homme qu’il n’est pas donné à tout homme politique. Avoir mis en avant l’intérêt supérieur de son peuple lui vaudra les honneurs dus  à un homme d’un patriotisme, d’un courage politique et d’un engagement pour la paix qui devraient inspirer les générations futures.

 

Le Prix Nobel pourrait-il couronner les prix de Lomé et de Dakar ?  

 

Si les prix de Lomé et de Dakar entrent dan la logique du parcours politique de Cellou Dalein Diallo, ils pourraient très bien constituer un début de couronnement international pour l’ancien candidat à la présidence guinéenne.

 

En effet, le Président de l’UFDG est cité par beaucoup de personnalités parmi les probables nobélisés de l’année 2010. L’idée pourrait bien faire son chemin parce qu’elle vient, non pas, de personnalités audacieuses comme penseraient certains adversaires, mais d’hommes politiques et d’intellectuels bien avisés. Ainsi,  l’année en cours pourrait bien voir un Prix Nobel, le premier pour l’Afrique noire francophone, décerné à un guinéen. Ce ne serait que trop mérité.

 

A voir ce qui s’est passé après des élections contestées en Côte- d’Ivoire et l’obstination des deux parties, on mesure à juste titre la portée de la décision du candidat Cellou Dalein. Le fait de prendre  acte de la décision de la Cour Suprême a épargné la Guinée d’une nième effusion de sang.  Dès lors, si les élections n’ont pas porté le leader de l’UFDG à la Présidence de la République, avoir sauvé des vies humaines n’est pas moins une victoire.

 

En épargnant la Guinée de la tragédie que, hélas, ont vécu et continuent de  vivre certains pays africains, Cellou Dalein s’est inscrit dans l’histoire de son pays. Bien que n’ayant pas été élu, il a posé les jalons de la démocratie que ceux qui se sont succédés au pouvoir et ceux qui le détiennent actuellement ne semblent avoir réussi.

 

Mais, en dehors de la Guinée, ils sont nombreux les pays africains qui sont engagés dans l’exercice de la démocratie et qui traversent une période douloureuse aux lendemains incertains. Cela est dû en partie au fait que nos pays manquent d’hommes qui assument leur courage politique en acceptant leur défaite personnelle ou celle de leur parti politique. D’hommes capables de comprendre qu’un échec électoral peut constituer un tremplin pour le futur.

 

Les pays africains ont besoin des Cellou Dalein, Amadou Toumani Touré, Salou Djibo et des Jerry Rollins. Ce sont de telles personnalités qui ont fait asseoir des systèmes démocratiques après des tumultes à l’image de celles que la Guinée a connues.  Et, à un moment ou à un autre, ces hommes sont devenus le salut de leur peuple. Sans renoncer à leur combat politique, ils ont eu la sagesse de la patience.  Je veux dire par là, qu’il n’ya pas de candidat malheureux, il n’ya que de sots politiques qui soient aveuglés par le pouvoir.

 

Cellou Dalein Diallo n’est pas un candidat malheureux

 

 

Contrairement  au vocable consacré, Cellou Dalein Diallo n’est pas un candidat malheureux. Bien heureux, serais- je tenté de dire, est Cellou Dalein qui a montré que l’exercice de la démocratie est exaltant mais sa pratique nécessite une vision politique qui accorde la primauté à la nation, au sens de l’État et à la vie des citoyens. C’est en mesurant  ces enjeux pour la Guinée, mais aussi pour le continent  tout entier, que le vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle a certainement pris  acte de la décision de la cour suprême guinéenne lors du second tour.

 

Il a montré que les  réserves  qu’il a émises quant à la décision de cette institution n’ont en rien entamé son amour de la patrie, son humilité et son combat politique. Bien au contraire ! Il a tout simplement et, ce n’est pas donné à tout le monde, fait preuve de patriotisme et de sagesse politique. Plus que quiconque, il a montré qu’il a la pleine conscience de la responsabilité qu’il incarne pour des millions de Guinéennes et de Guinéens. La communauté internationale qui a primé et honoré Cellou Dalein à plusieurs reprises et  de manière successive n’aurait pas perdu ce point de vue.

Des honneurs bien mérités pour quelqu’un qui n’a pas voulu sacrifier ses compatriotes en s’enfermant  dans une obstination politique dont les conséquences seraient incommensurables. Malheureusement, en termes d’obstination, il y en a qui se dessine  de plus en plus dans notre pays. Cette  obstination ne venant, loin s’en faut,  du côté des vaincus.

 

Je dirais, au risque de pousser les choses au point d’irriter certains admirateurs trop pressés, que la défaite de Cellou Dalein est quelque part une réussite. Je laisse à chacun le soin de philosopher là- dessus. Il ne reste pas moins que beaucoup de personnalités politiques africaines et étrangères le perçoivent comme tel. Des médias étrangères ont également la même vision et continuent  de montrer un intérêt tout particulier pour l’homme. Ainsi de la presse sénégalaise, pour ne citer que celle- là.

 

Cellou Dalein, un démocrate célébré par la presse étrangère

 

La presse écrite sénégalaise comme le soleil et Walfadjri, pour ne pas les citer, mais aussi la presse en ligne n’ont pas manqué de relever toute l’attention, le respect et l’honneur rendus à Cellou Dalein Diallo le jour même de l’investiture du nouveau Président guinéen.

 

Certains journaux n’avaient pas hésité de titrer « Cellou Dalein Diallo, l’absent le plus présent ». Un journal sénégalais relatait l’événement  en ces termes : « Au cours de cette cérémonie, c’est l’hommage rendu à  l’adversaire (d’Alpha Condé)  au second tour qui a retenu le plus l’attention des observateurs. La quasi- totalité des orateurs dans cette cérémonie d’investiture ont salué le courage politique de Cellou Dalein Diallo qui a accepté les résultats du second tour (et) qui a fait de lui l’absent le plus présent à cette cérémonie ».

 

Ces observations montrent, s’il en était besoin, que l’élection présidentielle guinéenne a certes été une défaite pour le Président de l’UFDG, mais elle ne signifie aucunement une mort politique. Il s’agira tout simplement pour lui de savoir et pouvoir rebondir. Pour ce faire, il ne devra pas se contenter de prix et d’honneurs. Il ne devra pas non plus en faire une fin en soi, mais un moyen et un tremplin pour accéder aux hautes fonctions pour lesquelles des milliers de guinéens se sont engagés derrière lui.

 

La presse sénégalaise ne doute pas des qualités morales et politiques de l’ancien Premier Ministre guinéen pour réaliser un tel objectif. Il suffit de lire ce qu’elle rapportait de la cérémonie du 30 avril 2011 pour s’en convaincre : « Parrain de la 7e édition de la cérémonie des Cauris d’or qui s’est déroulée samedi à Dakar, l’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo a servi un discours d’anthologie dans lequel il a rappelé comment il a pu transcender les injustices qu’il a subies en méditant les conseils du Président Wade. Qui, alors challenger d’Abdou Diouf, disait qu’il ne marcherait jamais sur des cadavres pour accéder au Palais ».

 

Cet attachement à la paix sociale et à l’unité de la nation a été critiqué par bon nombre de personnes qui y ont vu un aveu de faiblesse. Elles ont tout simplement oublié que gagner par tricherie porte certes au pouvoir, mais n’apporte point la légitimité et la confiance requises pour l’exercer. Dans ces conditions, ne vaudrait- il pas mieux perdre pour conserver, en attendant de nouvelles échéances, l’espoir de tout un peuple ?

 

Le Président de l’UFDG pourrait d’autant plus polariser cet espoir que des hommes politiques étrangers qui ne sont pas réputés être des adversaires d’Alpha Condé n’hésitent pas d’afficher leur crainte sur la manière dont le pouvoir s’exercice en Guinée. Tel est la cas d’Amath Dansokho, Secrétaire Général du Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT) et vieil ami du Président guinéen. Tout récemment celui-ci affirmait sur un site sénégalais :

 

 « Je m’interroge beaucoup. La situation est assez sérieuse (en Guinée). A mon avis, le nouveau régime doit prendre des initiatives pour dépasser les clivages ethniques qui restent encore tenaces en Guinée. Je n’accuse personne, mais d’après les quelques bribes d’informations que j’ai çà et là, c’est clair qu’il y a toujours des tensions. Il faut quelque chose pour empêcher que la situation ne s’aggrave. Des solutions raisonnables doivent être trouvées par l’ensemble de la classe politique guinéenne, d’autant plus que dans la sous- région, nous connaissons des agitations ».

 

Ce n’est pas la récente tragédie de Yomou avec 25 morts et un nombre considérable de morts qui démentirait M. Dansokho. Face à un questionnement comme celui qui vient d’être évoqué, et qui n’est pas isolé, quelqu’un qui respecte le droit, œuvre pour la démocratie, l’unité nationale  et la liberté est plus qu’une assurance. C’est un espoir. Qu’on en mesure par ces propos tenus à Dakar par le récipiendaire lors du discours de remerciement :

 

« Je mettrai en avant la liberté, proclamait Cellou Dalein. La liberté est un enjeu de vie qui va plus loin que la politique. (…) Elle a besoin elle- même d’un État de droit, garantissant l’exercice d’une justice indépendante, soucieuse de protéger les droits des citoyens au delà de tous les clivages. (....) Je suis pour la conquête pacifique du pouvoir. Aucun pouvoir ne vaut qu’on lui sacrifie des vies humaines ».

 

Peut être que Cellou Dalein est légèrement en avance quant à la pratique de la démocratie sur certains hommes politiques guinéens. En tout état de cause, la lucidité et le sens du sacrifice à un moment où il pouvait dégoupiller ce que j’appellerais  la grenade qu’il avait entre les mains ne risque pas d’être oubliés. Tôt ou tard, adversaires et admirateurs des générations actuelles et futures les lui reconnaîtront.

 

Pourvu qu’il garde cette ligne de conduite à laquelle il ne devra ajouter encore plus de fermeté, de conviction, d’appel à l’union et une exigence au respect des principes démocratiques dans notre pays.

Pour ce faire des impératifs et exigences nouvelles s’imposent à Cellou Dalein Diallo et à l’UFDG.

Lamarana Petty Diallo 
                              

A suivre  Cellou Dalein Diallo :  A nouveaux  espoirs et défis, nouvelle stratégie

 

 

www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Bonsang, mercredi 11 mai 2011
Nous en Guinée, nous marchons á l´envers et nous felicitons toujours les mediocres. C´est pourquoi bon nombre de guinéens ditent du mal de Elh Cellou Dalein mais les plus grands hommes du monde lui rendent hommage.
Ben Aguibou, mercredi 11 mai 2011
La seule chose qui immortalise l`Homme ce son œuvre. Qu`elle soit bonne ou mauvaise, cette étiquette le suivra par tout même après lui. Son passage incontournable à la vie sera symbolisé par celle-ci. Bravo à Cellou Dalein et souhaite que d`autres guinéens puissent te suivre.
Mme TOURE, mercredi 11 mai 2011
Je suis d`accord avec toi ELH CELLOU DALEIN DIALLO N EST PAS 1 CANDIDAT MALHEUREUX ET NE LE SERA JAMAIS Lemonde entier courronne cet homme, dans son propre pays on ne veut pas le voir quel honte pour 1 pays qui aspire la democratie Un peu de respect pour cet homme gare a toi grimpeur

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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