On les a vus à l’œuvre. Certains nous ont promis monts et merveilles, mais ils ont fini par abuser de nous. D’autres, plus pragmatiques et endurants, ont résisté pour plaire à Conté, par ricochet, voler nos ressources. Plus tard, il y en aura qui tournent dos carrément au peuple, alors qu’on n’avait tant besoin de leur aide. Ces anciens PM-là, on en a cure !
Les quatre PM de Lansana Conté sont actuellement tous, en embuscade, pour emprunter le chemin de Sékoutouréya. Chacun d’entre eux est derrière un courant politique qu’il cherche à enraciner. La lutte a l’air d’être corsée. On consulte à l’intérieur, tout comme à l’extérieur du pays, pour ratisser large l’électorat.
Seulement, ces PM-là, ont été vus, observés, acclamés. Mais tous ou presque, ont fini par décevoir. Ils reviennent actuellement à la charge, pensant que les plaies qu’ils ont laissées, se sont cicatrisées. Voyons plutôt !
François Louncény Fall, le dernier à entrer dans l’arène, a abandonné le pays au moment où ses compétences et relations étaient bien sollicitées par les guinéens.
Mais, faute de flexibilité et de pragmatisme, il a déposé, étant très loin de sa patrie, sa démission au poste de PM. Le motif était, dit-on, son impossible cohabitation avec le défunt président. Lequel était pris en otage par une bande d’opportunistes et de cadres véreux, dont le seul objectif
était de se tailler partout, la part du lion. C’était un faux argument, nous révèle-t-on, plus tard. Car, l’homme a manqué d’astuces et de faire savoir. De quoi inspirer l’inquiétude, quant à un échec programmé. Qui pourrait donc voter pour cet imprudent, plus diplomate que technicien ?
Vous avez dit diplomate ? Lansana Kouyaté est dans ce lot. A la seule différence que lui, était issu des convulsions populaires de janvier et de février 2007. Précédé donc d’une forte capacité de sortie de crise, cet homme s’est révélé plus affaire man que messie.
Dès son arrivée, il se lance dans des promesses qui seront à elles seules, une véritable prison pour lui. Qui peut donner à la ville de Conakry, eau et électricité en trois mois ? Kouyaté était allé vite en besogne. Ainsi, acclamé partout comme un sauveur, ce PM dit des obliques dossiers du BNP Paribas, des marchés gré à gré, etc. sera vite ‘’lapidé’’ par certains jeunes de la haute banlieue, le poussant même à changer d’itinéraire, pour éviter les jets de cailloux, en guise de réclamation d’eau et d’électricité.
Il est resté Premier ministre, chef du gouvernement de consensus pendant 15 mois, avant d’être limogé le 20 mai 2008. Reparti à Abidjan où il était, ce PM, vient de créer le Parti de l’Espoir et du Développement National (PEDN). Il est de ceux-là qui ne souhaitent pas que les élections se tiennent en 2009. Pour le cynique motif d’implanter son parti à Conakry et à l’intérieur du pays. L’homme ne saurait tout de même avoir aujourd’hui, les mains propres, quelle que soit l’obsession des uns à voter pour un prédateur présumé : fonds jeunesse de deux milliards GNF que le défunt président Lansana Conté aurait alloué à la jeunesse, déguisé, susceptible de venir devant le comité d’audit du CNDD. Ce n’est qu’une question de temps. Ces accusations portées
contre lui, sont loin de rassurer l’électorat. Il lui faudra des gages solides pour asseoir son parti et s’attirer davantage l’électorat. Pas celui des circonstances.
Quant au PM Cellou Dalein Diallo (venu aux affaires après huit mois de vacance du poste du PM), l’homme de la longévité gouvernementale, synonyme chez certains, d’enrichissement illégal, a, lui, occupé de nombreux juteux postes ministériels.
En 2007, Cellou prend la direction du Parti de l’Union des forces démocratiques de Guinée.
Avec sa hantise dans l’attribution de la licence à la Sonatel, pour des raisons peu ou pas du tout connues de l’opinion, Dalein sera victime de la lutte des clans qui gravitaient autour du chef de l’Etat pour le contrôle de la Présidence, dont Fodé Bangoura était passé maître dans l’art.
16 mois après, il sera révoqué le 05 avril 2006, au lendemain des décrets et contre décrets, à propos de la formation de son gouvernement mort-né, quasiment ressuscité juste après l’arrivée tout dernièrement de Tidiane Souaré, son alter ego. Les accusations portées contre Cellou aujourd’hui, sont celles qui brisent une carrière. Taxé pas ses détracteurs d’‘’ethniste’’, cet homme-là se bat pour une cause perdue, rassurent-ils.
Surtout que, au sein même de sa région, tout n’est pas rose : Bah Ousmane a tout raflé, laissant quelques opportunistes rêver. Mais tout est-il perdu pour Cellou ? Sans doute.
Sidya Touré est resté Premier ministre de 1996 à 1999, en qualité de simple coordinateur de l’action gouvernementale. Il a vite imposé sa ‘’sydiatisation’’ qui a, du reste, fait des effets appréciables. Sa mission était essentiellement économique. Après avoir entamé quelques reformes et accompagné le feu Président Lansana Conté dans la campagne électorale pour la présidentielle de décembre 1998, l’homme sera destitué en début d’année 1999.
Il aura été le premier ex-PM à faire sa rentrée en politique, dans les années 2000. Il est actuellement le président de l’UFR (Union des forces républicaines), le seul courant politique censé mettre en place, un gouvernement digne du nom : il n’est entouré que de grands intellectuels. Mais cette ascendance ne fait pas de lui un super candidat. On révèle ici et là, de grandes déviations sous son règne, qui nécessiteraient des audits.
Infos ou intox ? En tout cas, lui-même demande au CNDD d’engager des audits pour tous les PM de Lansana Conté. Comme, peut-être, pour noyer le poisson et remettre sur la table, les dossiers maffieux de ses prédécesseurs, dont Cellou et les autres.
Loin d’être exhaustif, ce décryptage sur les anciens PM du régime défunt, en dit long sur ce que le peuple pense de ceux qui veulent le gouverner dans les prochaines années. Ce peuple-là, se prononcera le moment venu, et des surprises, il y en aura très certainement.
Mais déjà certains vont s’offusquer à la lecture de ces drôles d’atouts pour les PM. Tant mieux !
L’essentiel est de savoir que l’électorat guinéen a bien mûri politiquement. Pas donc question de l’haranguer et de lui ‘’voler’’ les suffrages. Çà ne tient plus !
Thierno Fodé SOW
pour www.guineeactu.com