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On l’a dit et répété à l’envi, le comportement de certains agents de la circulation routière laisse vraiment à désirer. Vendredi dernier, l’on a été témoin d’une scène qui en dit long sur la regrettable situation qui prévaut actuellement sur les tronçons de Conakry et les autres axes routiers du pays. Les pauvres chauffeurs font de plus en plus face à des policiers qui n’ont rien à envier aux racketteurs et aux mendiants. Dans un passé plus ou moins récent, la plupart des agents de la circulation routière avaient fini par donner l’impression d’être des gens qui auraient reçu mandat de travailler à leur propre compte. Les chauffeurs de taxis et de minibus faisaient régulièrement l’objet de racket et de tracasseries de toutes sortes. Les permis de conduire et les cartes grises des véhicules de transport en commun étaient pris dans la plupart des cas pour des paperasses sans utilité. A ces papiers, l’on préférait de loin des billets de banque. Il est arrivé un moment où une véritable complicité s’était créée entre les chauffeurs et les agents de la circulation routière. Mais, au fil du temps, les premiers ont commencé à se lasser littéralement des agissements des seconds. Pour amener les policiers à changer de comportement à l’endroit des conducteurs, le syndicat des transporteurs s’est vu dans l’obligation de brandir la menace de la grève. Une menace qui, on le sait, a porté fruit parce que les autorités en charge de la Sécurité routière ont aussitôt décidé de la suppression des barrages pour faire l’économie d’une grève aux conséquences imprévisibles pour le pays. Beaucoup d’observateurs ont pensé alors que le racket et les tracasseries policières ne seraient plus que de lointains souvenirs pour les usagers. Malheureusement, comme on aime souvent à le dire, quand on chasse le naturel, il revient toujours au galop. Aujourd’hui, l’on est au regret de constater que certains agents de la circulation routière ont choisi, pour des raisons injustifiables, de substituer la ‘’mendicité’’ au racket le long des axes routiers du pays profond et sur la plupart des tronçons de la capitale. Vendredi dernier, à Sangoyah, dans la commune de Matoto, l’on a été témoin d’une scène qui prouve à suffisance que les hommes en uniforme chargés de réguler la circulation routière renouent petit à petit avec les mauvaises habitudes qu’on leur reprochait dans un passé récent. Il était environ 15 heures ce jour-là. Après une journée de labeur, les Conakrykas de toutes les catégories professionnelles cherchaient à rentrer chez eux à bord de leurs propres voitures ou des véhicules de transport en commun. A Sangoyah-Pharmacie, une policière, profitant de l’embouteillage, s’est approchée d’un chauffeur de taxi, et, sans aucune forme de gêne, a demandé à ce dernier de lui donner de l’argent. Cette scène a eu le don d’attirer l’attention des passagers et des passants. « C’est le comble. Nos frères policiers acceptent désormais de troquer leurs uniformes d’agents respectables contre ceux de misérables mendiants. Comme s’ils ne percevaient pas de salaire à la fin du mois. C’est un comportement qui est loin d’honorer la Police routière », a immédiatement réagi un passager se trouvant à bord dudit taxi. Le chauffeur, pour sa part, a fait preuve de courage pour ne pas céder si facilement à cette forme de chantage dont les hommes en uniforme ont le secret en Guinée. Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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