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Septembre 1958, septembre 2000, septembre 2009, septembre 2010 : le mois de septembre est celui de tous les espoirs et celui de tous les dangers en Guinée. Cette semaine, la campagne électorale présidentielle touche à sa fin. Dans quelques jours, nous allons élire, pour la première fois, démocratiquement, le Président de la République. Pour marquer l’étape ultime de ce long et périlleux processus, l’« Alliance Cellou Dalein Président », rebaptisée « Alliance des bâtisseurs de la Guinée nouvelle » sur la proposition de Mohamed Sampil, président de NGR-France, a tenu son dernier meeting à Epinay-Villetaneuse, au nord de Paris, le dimanche 12 septembre 2010, une semaine jour pour jour avant le second tour de l’élection présidentielle. C’est Mme Assiatou Bah-Diallo, ancienne vice-présidente de l’UPR, veuve du leader historique Siradiou Diallo et directrice du newsmagazine féminin Amina qui a présidé les débats, animés par le porte-parole de la commission Communication de l’Alliance et membre de la NGR, Aboubacar Fofana.
Les 400 places assises du salon Willis ont été prises d’assaut dès 14 heures par trois ou quatre fois plus de monde que prévu. Plusieurs centaines de personnes ont dû rester debout, alors que des dizaines d’autres se massaient à la porte.
Dans son intervention liminaire, la voix empreinte d’émotion et aux accents solennels, Assiatou a administré à l’assistance, captivée, une véritable leçon d’optimisme. Elle a rappelé le combat de son mari, Siradiou Diallo, qui manque aujourd’hui cruellement à la Guinée, rappelé que le changement est, à l’heure actuelle, plus que jamais possible. Pour avoir refusé de suivre Bah Ousmane, elle a été traînée dans la boue par des détracteurs partisans, mais a refusé de descendre avec eux dans le caniveau. L’histoire lui donne finalement raison. Elle a retardé son retour en Guinée, dans la perspective du second tour du scrutin présidentiel, pour pouvoir assister à ce meeting, afin de porter le message d’espoir et du travail accompli par les sympathisants de l’« Alliance des bâtisseurs » résidant à l’étranger. Elle a terminé par le fameux « Yes we can » de Barack Obama.
Trois heures durant, divers orateurs se sont succédé au micro, représentants des partis alliés de l’« Alliance des bâtisseurs » (Ufdg, Ufr, Ngr, Geci, Pup, Nfd, Ufd, Pprg…), militants de ces partis et membres de la société civile : Mme Assiatou Bah-Diallo, Amadou Oury Diallo (GNG), Ousmane Galan Baldet (UFD), Ibrahima Bangoura (NFD), El Hadj Diaouné (PPRG), Soriba Yansané (GECI), Ousmane Kabélé Camara (PUP), Mme Hadiatou Diallo (UFDG), Mohamed Sampil (NGR), Ibrahima Sory Makanéra (UFR), Sadou Diallo (Commission électorale), Ibrahima Bangoura (commission Mobilisation), Alpha Loppé Sow (commission Communication), James Soumah, Ansoumane Doré, Nabbie Ibrahim ‘Baby’ Soumah, Seydouba Cissé (médecin), Mme Nany Bangoura (GECI), Mme Sanaba Camara Coné (NGR), Mme Fanta Sylla (UFR), Amadou Sadio Bah (CIC), Mohamed Lamine Gassama (Adjoint au maire du 20e Arrondissement), Roger Yoba (Mairie du 20e arrdt), Isaac Soumah (Association des Ressortissants de Kaloum), Jean-Jacques Laho (UFR), Cheick Kéïta, Thierno Monénembo (Ecrivain, Prix Renaudot), Bali de Yeimbéring (Ecrivain), Mme Mamady Bangoura (GECI), la fille de Lamarana Petty (8 ans), Abdoul Diallo, Thierno Hassan Diallo (Président du Comité de soutien à Cellou Dalein), Lamarana Petty (commission Communication), Chérif Diallo, Habib Diallo (locataire du Salon Willis), Malick Kadra Diaby (Président de DLG). Et nous en oublions sans doute.
Ne pouvant pas rapporter ici toutes ces interventions, nous allons vous en livrer l’essentiel, selon les différents thèmes abordés.
Les raisons du soutien à Cellou Dalein. Nombre d’orateurs ont souligné les qualités de leader de Cellou Dalein Diallo, le plus souvent par contraste avec les traits caractéristiques du représentant du camp adverse dont certains, comme le Doyen James Soumah, répugnent même à prononcer le nom. Ce sont surtout : la compétence, le sens des responsabilités, l’esprit de consensus. « C’est l’homme de la paix, un homme mesuré, poli et courtois », dit Ibrahima Sory Makanéra, président de l’UFR-France et responsable du site Leguepard.net. « Si j’ai à choisir entre un proche et un homme de confiance, je choisis, sans la moindre hésitation, mon proche. De même, si j’ai à choisir entre un homme de confiance et une autre personne, je choisis l’homme de confiance », affirme Makanéra, en vertu d’une loi quasi-mathématique irréfutable. Donc, il choisit Cellou Dalein face à Condé Alpha.
Pour Nabbie Ibrahim ‘Baby’ Soumah, qui n’est plus à présenter, toutes les qualités de Cellou Dalein sont sublimées dans l’exploit qu’il a réalisé en faisant de l’UFDG, en moins de trois ans, le premier parti politique guinéen. Le président du PUP-France, Ousmane Kabélé Camara, appelle, pour sa part, ses militants à voter massivement pour Cellou, « la force tranquille ».
Le vrai Condé Alpha. Selon plusieurs intervenants, aucune pluralité politique n’est possible avec Condé Alpha. Il a toujours louvoyé entre les Forces Vives et le CNDD. C’est un homme sectaire : soit on est derrière lui, soit on est contre lui. Sékou Touré est son héros. L’Alliance qu’il a constituée est un habillage de son parti, le RPG, qui lui-même est un habillage du PDG. N’a-t-il pas déclaré que, s’il était élu, il reprendrait « la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée » ! Autrement dit, ce serait la restauration pure et simple du régime « sékoutouréen » (rappelons que ce néologisme a été forgé par un grand patriote, le Dr Charles Diané - paix à son âme !). Avec Condé, les Guinéens savent donc à quoi ils doivent s’attendre. « C’est le négationniste historique qui réveille les morts pour être adoubé par les morts », a martelé avec force Nabbie Soumah.
Cellou Dalein versus Condé Alpha. Le président de l’UFD-France, Ousmane Galan Baldet, a dressé un portrait saisissant des deux finalistes du scrutin présidentiel. Les Guinéens ont à choisir :
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Entre le repli identitaire, la délation, la peur et la misère sans nom avec Condé Alpha et l’Etat de droit, le consensus politique et le développement économique avec Cellou Dalein.
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Entre un chef de famille respecté et un golden boy de 73 ans.
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Entre un administrateur chevronné de la chose publique et un chômeur de longue durée.
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Entre le notable bien installé et un vieux célibataire qui vit encore chez ses parents.
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Entre le voisin à qui on peut demander service et un électron libre qui n’a de compte à rendre à personne.
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Entre le leader charismatique et l’opposant « hystérique », ajoute Sadou Diallo, porte-parole de la Commission électorale de l’Alliance des bâtisseurs.
Entre les deux, il n’y a pas photo, comme disent les Ivoiriens. Qui est fou !
Le lamentable gâchis de Sékou Touré en Guinée. Comparant Lansana Conté et Sékou Touré, Fanta Sylla, l’une des chevilles ouvrières du mouvement de la société civile, Guinée Nouvelle Génération (GNG), déclare que « Sékou Touré, au moins, n’a pas mangé [sic] l’argent des Guinéens ». A quoi Assiatou rétorque : « Mais, il a mangé les Guinéens », ce qui est autrement plus grave. Il faut rappeler, à ce propos, que le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme estime que le régime sékoutouréen a fait, entre 1958 et 1984, 50 000 morts et disparus.
« Le mal guinéen, c’est Sékou Touré, un navigateur qui ne connaissait pas sa destination », résume le médecin Seydouba Cissé. « Il a conduit le tiers de la population guinéenne à l’exil », poursuit Cissé.
Le régime sékoutouréen a mené la Guinée à cette équation qu’il faut résoudre, ce nœud gordien qu’il faut trancher : « un pays qui possède tout, mais qui manque de tout », estime Soriba Yansané, le président de GECI-France.
Le poison de l’ethnocentrisme. L’intrépide Sanaba Camara Coné, membre de la NGR, ne manque jamais une occasion de fustiger l’ethnocentrisme, ce virus mortel qui ronge les sociétés africaines, en particulier la société guinéenne. Cellou Dalein aurait pu naître non pas à Labé, laisse-t-elle entendre, mais à Foumbadou, par exemple, et condé Alpha, non pas à Boké, mais à Hoorè Sèrè. Ce n’est pas l’ethnie qui est en cause, mais l’ethnocentrisme, c’est-à-dire la haine de l’autre, celui qui est différent de vous. Cité par Nabbie Soumah, l’historien Thierno Laariah Diallo nous enseigne : « Il n’y a pas de honte à dire ce qu’on est, mais il ne faut pas exalter ce qu’on est ». Le malheur pour les Guinéens, c’est que l’un des leaders, Condé Alpha, mise tout sur l’ethnie, allant jusqu’à cautionner ce slogan brandi par ses partisans : « Tout Malinké qui ne vote pas pour Condé est un bâtard ». Fort heureusement, Cellou Dalein, quant à lui, lutte inlassablement contre le divisionnisme ethnique. Dans le premier cercle qui l’entoure, les Peulhs sont très minoritaires.
Condé Alpha cautionne les attaques de paisibles citoyens par des loubards dirigés par le voyou Biriqui Momo. Par-dessus le marché, il refuse le débat démocratique. Si l’Alliance des bâtisseurs de la Guinée nouvelle ne répond pas, pour l’heure, aux provocations du camp adverse, ce n’est pas par lâcheté, mais parce qu’elle se focalise sur son programme. Toutefois, « dorénavant, nous ne nous laisserons pas faire », prévient Mohamed Sampil.
La « Dream team ». Cellou Dalein, Sidya Touré, Ibrahim Abé Sylla, Fodé Mohamed Soumah et leurs compagnons constituent la meilleure équipe possible pour sortir la Guinée de la misère et de la mal-gouvernance. Ils allient compétence technique, réalisme politique et engagement au service de l’intérêt général. Ils optent pour un libéralisme maîtrisé, dirigé et administré par la puissance publique, contrairement au régime de type soviétique, ringard et anachronique, qu’incarne Condé Alpha. Ces « mousquetaires de la démocratie », comme les appelle Alpha Loppé Sow, membre de la GECI et l’un des porte-paroles de la commission Communication, rassurent les investisseurs étrangers et sont crédibles auprès des bailleurs de fonds internationaux. Désormais, on a l’homme idoine pour indiquer le chemin à suivre, le programme pour hisser la Guinée au rang des pays émergents et l’équipe pour réaliser ce projet. Il ne reste plus qu’à porter cet homme à la magistrature suprême.
Le message du Doyen Ansoumane Doré. Retenu à Lyon pour des raisons de santé, le Doyen Ansoumane Doré n’a pas pu participer physiquement au meeting de la dernière ligne droite vers la présidentielle. Mais il a tenu à manifester sa présence par un message marqué au sceau de la sagesse et qui a été lu par Nabbie Ibrahim ‘Baby’ Soumah. Un message qui prêche :
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La fraternité : Il invite les participants à éviter l’agressivité, à recourir à la force de l’argument et non à l’injure.
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Le courage : Il les exhorte à être robustes comme le baobab de nos savanes et de nos forêts.
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La constance et la foi : Il donne en contre-exemple le camp adverse qui est inconstant comme le symbole auquel il s’assimile, l’arc-en-ciel.
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La vigilance : Il appelle à dénoncer les manœuvres dilatoires qui visent à reporter la date du second tour de l’élection présidentielle.
L’appel des femmes. Toutes les oratrices ont, d’une même voix, mis l’accent - pour le dénoncer -, sur le fait que les femmes soient reléguées dans une position médiate au sein de la société guinéenne. Elles formulent un certain nombre revendications :
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La parité au sein de toutes les instances dirigeantes de la nation.
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La scolarisation et la formation des femmes pour déchirer le voile de l’ignorance.
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La lutte contre la mortalité infanto-maternelle qui décime les femmes en âge de procréer.
En contrepartie, elles appellent à la mobilisation des femmes pour voter massivement pour Cellou Dalein Diallo. En particulier, Fanta Sylla exhorte Cellou à garantir qu’il va lutter sans relâche contre la mal-gouvernance et la corruption et qu’il va appeler aux postes de responsabilité, non pas ceux qui l’ont accompagné durant la campagne électorale, mais les meilleurs fils du pays, les seuls critères de choix devant être la compétence et l’engagement au service de l’intérêt général.
Rebaptiser les édifices publics. Beaucoup d’orateurs ont demandé que certains édifices publics soient débaptisés, notamment le Palais présidentiel que Lansana Conté a appelé Sékoutouréyah. Le Palais du Peuple devrait s’appeler Palais du Citoyen, le stade du 28 septembre, Stade des Martyrs du 28 Septembre…
Il faudrait même démolir les statues païennes que Lansana Kouyaté a édifiées et qui enlaidissent la ville de Conakry.
Coup d’Etat. Le porte-parole du Comité d’Initiatives Citoyennes (CIC), le professeur de mathématiques Amadou Sadio Bah, de Rouen, a rappelé les tentatives récentes de violation de la Constitution par Jean-Marie Doré, le jugement inique rendu par le juge véreux du Tribunal d’instance de Dixinn, le doute qui gagne l’opinion publique guinéenne face au mutisme obstiné du Président de la Transition… Toutes ces manœuvres visent à différer la date du second tour de la présidentielle dans le but d’organiser des fraudes électorales en faveur de Condé Alpha. « Alors que faire ? », se demande Sadio. Selon toute vraisemblance, le camp adverse songe à une solution de rechange : un coup d’Etat destiné à remettre, à terme, le pouvoir à Condé Alpha.
Le CIC propose qu’une motion soit adressée à l’Alliance qui soutient Cellou, demandant que chacune des instances actuelles du pouvoir (Présidence de la Transition, Gouvernement, CNT et CENI) clarifie sa position sur le rendez-vous du 19 septembre 2010. Si elles ne répondent pas, passé le mardi 14 septembre, alors l’Alliance des bâtisseurs se constitue en « Comité national de salut public » pour prendre en main le scrutin du 19 septembre.
D’autres vont encore plus loin, demandant tout simplement que les Nations Unies se chargent d’organiser le second tour du scrutin présidentiel. Tout en maintenant impérativement la date du 19 septembre.
Sur ce, à 18H30, la liste des orateurs était encore loin d’être épuisée. Pour l’heure, on note bel et bien l’éveil des consciences. Mais pour que le potentiel de 65% de voix que représente l’Alliance des bâtisseurs de la Guinée nouvelle se concrétise, le 19 septembre, il faut que militants et sympathisants se mobilisent massivement et se rendent aux urnes le jour du scrutin, comme l’a souligné Hadiatou Diallo.
Alpha Sidoux Barry Président de Conseil & Communication International (C&CI) Pour www.guineeactu.com
Vous êtes invité à voir l'album photo de nabbie.soumah intitulé : Meeting de L'Alliance avec Cellou Dalein Diallo à Paris le 12 septembre 2010
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