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Pour occuper le terrain politique guinéen, le PDG usa des méthodes staliniennes et de la gestapo. Les Guinéens assistèrent à cette évolution sans réagir. En 1958, Sékou Touré organisa le pogrom peulh avec pour chef d’orchestre Fodé Momo à la tête de bandes de voyous recrutées, pour la plupart, en Sierra Leone. En 1959, à Kindia (Abattoir) et à Conakry (Sandervalia), de simples voleurs furent fusillés pendant qu’à Siguiri, le notable Dièlikèba Dioubaté était humilié avant de subir une cruelle mort. La machine broyeuse de vies humaines happa également l’Imam de Corinthie et d’autres Guinéens. Les Guinéens se réfugièrent dans le silence et le silence continua de tuer pour vingt longues années. Peut-être pouvons-nous parler, en tenant compte du contexte historique, de manque d’informations ou d’immaturité collective ? L’horreur se fit l’arme d’implantation du PDG et de promotion de la plupart de ses dirigeants dont le potentat premier était Sékou Touré. Autour de ces criminels s’érigea une meute de zélés embrigadés dans la milice, digne exécutante de crimes qui n’auront plus d’égal dans l’histoire de notre pays. Toute cette tragédie s’est produite dans la Guinée post coloniale parce que, comme nous l’écrivons à chaque occasion, nos parents n’avaient pas été vigilants et s’étaient laissés endormir par un discours verbeux de promesses sans lendemains, exactement ce que le fait Lansinè Kouyaté, le nouveau parolier d’un concert de cruautés en gestation. Mais si nous continuons à être des observateurs silencieux et inactifs, elles se produiront. Depuis janvier-février 2007, une machine semblable à l’époque pédégiste est en train de prendre vitesse et marque insidieusement la conscience collective de torpeur et d’inhibition devant l’agir, ici et maintenant. A cette allure, nous risquons de replonger dans une autre dictature plus fine, mais plus meurtrière. Alors, nous disons : attention, Guinéens, car nous sommes plus que jamais au courant de l’abomination qui a rendu orphelins et veuves ou veufs précoces beaucoup d’entre nous ! Prenons simplement quelques récents événements. Kouyaté Lansiné se présente devant le Comité de veille et déclare désinvolte qu’il arrête le programme d’électrification de la ville de Conakry parce que l’Assemblée Nationale a diligenté une enquête sur son mode de financement et l’attribution du marché. Aucun Guinéen n’a relevé cette insulte qui court encore. Avant cette intervention, il y eut la tentative de musèlement de la presse. Des journaux furent suspendus, des journalistes inquiétés. Tout fraîchement, nous avons encore en mémoire l’expulsion de Chantal Colle et de la filature de journalistes guinéens par des policiers, fonctionnaires de la République, devenus des détectives occasionnels au service du ministre de l’insécurité, lui-même, assujetti au PM . Maintenant, à coup de millions de dollars, des journaux et autres sites, sous contrôle Lansinè Kouyaté, sont financés pour intimider, désinformer et donc intoxiquer les Guinéens dans le but de déplacer le foyer focal de leurs préoccupations dont au premier plan, la question alimentaire. C’est dans ce registre qu’une presse électronique à vitupération a, mensongèrement, écrit que Kassory Fofana et Tibou Camara ont été « expulsés de la résidence du Président » par Henriette Conté, que Kouyaté veut coter à la bourse politique guinéenne alors qu’elle ne détient aucun mandat. Ces informations à la commande ne sont pas nouvelles dans notre pays. Ce n’est là que vestige de l’école de crimes que nous avions cru enterrer en avril 1984. Ce qui pousse Lansinè Kouyaté maintenant à s’opposer frontalement au fonctionnement de la Commission d’enquête sur les tueries de janvier-février 2007. Tout comme il torpille subrepticement la CENI, il résiste aux décisions de Lansana Conté tout en s’abaissant devant lui. Toutes ses postures cavalières et outrancières ne sont que la réminiscence dénotant le relent de crimes PDG. Faisons attention à l’homme, car les médiocres sont de vrais criminels quand ils accèdent à la plus haute marche de leur société. Dans l’histoire, tous les tyrans furent de minables créatures, mais ambitieux personnages sans dignité face au pouvoir. Que penser de Lansinè Kouyaté ? Sékou Touré n’avait-il pas fait de la désinformation et de l’intoxication les outils de gouvernance et les armes accusatrices de ses adversaires ? Combien de Guinéens ont péri sous l’effet de telles pratiques ? Toujours dans le même schéma, Böö Keita est en train de s’essayer aux pratiques d’un autre sinistre personnage du PDG, Siaka Touré. Il n’hésite plus d’envoyer des commandos investir des stations de radio sous prétexte qu’elles font appel à la haine. Que se reproche monsieur le ministre de l’insécurité des Guinéens ? En somme, l’on ne peut rester sans relever cette dérive préoccupante du gouvernement Kouyaté qui appelle à une vigilance accrue et à une mobilisation dont l’objectif principal doit viser le renvoi de ces dangereux personnages aux aspirations machiavéliques. Demandons-le aux Guinéens et à Lansana Conté! Aujourd’hui, on nous berne de l’arrivée de 100 bus. Nous disons simplement aux Guinéens qu’il n’y a pas à pavoiser d’enthousiasme. Les trois prochains mois sauront nous dire qu’il s’agit d’épaves peintes qui serviront plus à polluer davantage notre environnement que d’aider à transporter les travailleurs ou tout simplement les citoyens guinéens. Avec Lansinè Kouyaté, le crime s’organise et les méthodes se structurent sous nos yeux ! L’hécatombe s’annonce ! Qu’attendons-nous pour arrêter le déluge qui couvre le ciel de notre pays avant qu’il ne pleuve sur nos têtes ? Jacques Kourouma Paris 8 mai 2008
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