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Les premières heures du CNDD, au-delà de l’euphorie du début, semble donner un signal fort de non maîtrise de la situation ou de l’amateurisme des nouveaux patrons du pays.
La violation de domicile de Mr Cellou Dalein DIALLO, chef de Parti, marque le signal d’un dérapage matinal, j’allais dire précoce, d’une junte en quête de légitimité. Force est de reconnaître qu’au delà de l’espoir affiché, les premiers pas du CNDD sont inquiétants et indiquent un début de bégaiement des nouveaux rois de la ville pour ne pas dire du pays dans sa globalité.
Après avoir soutenu cette junte par défaut et du bout des lèvres en attendant de voir les signaux forts permettant d’espérer d’une Guinée meilleure, nous avons l’obligation et le devoir de condamner avec force cette violation flagrante et inquiétante des libertés des citoyens.
La liberté et le respect du citoyen doivent constituer les socles de la relance du processus démocratique. Face à cet acte de violation des libertés fondamentales du citoyen, les forces vives de la nation (syndicats, société civile, partis politiques et les citoyens lambda) doivent condamner en cœur cette manœuvre rétrograde qui consiste à intimider les guinéens pour mieux les endormir. Observez très bien, nombreux sont les partis politiques qui ne broncheront pas. Je préfère me tromper mais …
Dans un article précédent, je parlais de la restauration de la démocratie comme tâche prioritaire de cette junte qui se croit déjà investie avec un chèque en blanc. C’est le moment où jamais de rester debout et faire obstacle à toute velléité de domination par la force. La force et la loi doivent rester au peuple. Guinéens et Guinéennes, debout pour exercer le maximum de pression sur cette junte et exiger d’elle le respect de ses engagements, et d’écourter la durée de la transition.
La trêve entre politiciens est plus que nécessaire. Alors que les attaques entre politiciens cessent pour une pression maximale sur la junte. L’heure de la campagne et de la division doit être repoussée à plus tard. Les exigences de l’heure commandent d’avoir un dénominateur commun et de travailler à l’avènement d’un cadre légal qui garantira une consultation dénouée de toute irrégularité.
Le CNDD doit marquer une rupture définitive avec les habitudes de mépris à l’égard du citoyen, quelle que soit par ailleurs sa catégorie.
Par rapport aux audits annoncés, je reste sceptique face à leur pertinence - eu égard à la fragilité des fondements de l’administration guinéenne qui ne permettent pas d’espérer une conduite rigoureuse de ces derniers (très peu d’archives etc.). Ma position sur cette question est que nous devons nous focaliser à poser de solides jalons pour un démarrage de la Guinée et non donner un coup d’œil sur le rétroviseur juste pour tenter de clouer un présumé adversaire. Un gouvernement de transition ne peut d’ailleurs ni garantir les audits dans un délai court, ni conduire à bout une révision des conventions minières dans les normes avec de longues procédures judiciaires en perspective.
En matière de choix, le dernier mot doit revenir au peuple de Guinée. A lui de faire son choix et non aux leaders politiques qui se positionnent en cherchant à éliminer les adversaires sérieux et/ou gênants.
Ne dispersons pas nos efforts et donnons la priorité à la restauration de l’État de droit, le retour des services sociaux de base et à la préparation des élections présidentielles et législatives. Nous léguerons ainsi à la nouvelle équipe qui se mettra en place au terme de la transition, un champ fertile pour conduire toutes les batailles qui vaillent.
La Guinée est devant un choix très difficile : réussir sa transition ou creuser l’écart entre les communautés nationales. Quel gâchis si la deuxième alternative devrait l’emporter sur la première après tant de ratés dans l’histoire récente de la Guinée ! Pourquoi refuserions-nous d’ouvrir nos yeux pour faire face à la réalité ? Le combat pour une Guinée prospère est le nôtre et bon vent à la Guinée et aux Guinéens.
Dr M. Alimou BARRY, Gatineau, Canada pour www.guineeactu.com
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