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Si les représentants des forces vives de la nation sont tombés d'accord, ce mercredi 11 mars 2009 au Palais du Peuple, sur le chronogramme des élections en République de Guinée, d'ici la fin de cette année, pour permettre à notre pays d'être cité dans le concert des pays démocratiques, certaines vieilles habitudes, de nature à truquer les futures élections, viennent d'être dépistées
Outre le consensus des Partis politiques, des syndicats, de la société civile et des Organisations, sur la mise en place d'un "Conseil National de Transition" (CNT), un organe, selon leur entendement, législatif, et qui devrait s'occuper du toilettage des textes fondamentaux de la République, le chronogramme suivant a été retenu par les forces vives :
Mars 2009: Mise en place du Conseil national de la transition.
Mars-Avril 2009 : Poursuite de l'enrôlement des électeurs.
Mai-Juin 2009 : Correction et publication du fichier électoral.
Juillet-Août 2009 : Confection et distribution des Cartes d'"électeurs.
Septembre 2009 : Référendum (adoption des Lois fondamentales révisées).
Novembre 2009 : Elections législatives
Décembre 2009 : Elections présidentielles.
Dépistage des stratégies pour truquer les futures élections en Guinée
Tout un chacun sait comment le ministère de l’intérieur et de l’administration du territoire, du régime Conté, a mis en œuvre une politique de fraude organisée en gonflant (surévaluant) les chiffres de certaines préfectures et minimisant (sous-évaluant) ceux d’autres, en fonction de leur position géographique et du contrôle que le PUP, parti du pouvoir, avait sur les zones concernées. A cet effet, certains faits méritent d’être signalés :
Dubréka, petite préfecture de la Basse Guinée, est créditée de 100.103 habitants (votants), parce qu’elle était considérée comme la chasse gardée du Général Lansana Conté (originaire de cette préfecture). Comment expliquer que Dubréka soit plus peuplée que Coyah voisine, Kouroussa, Dabola, Dinguiraye, Gaoual, Koundara, Tougué, Koubia, Lélouma ? Il en est de même de Boké, Kindia, Forécariah, sans compter la commune de Dixinn à Conakry, qui comptabilise 143 251 (votants) habitants, donc plus peuplée que la ville carrefour de Mamou (Région administrative, gouvernorat, en Moyenne Guinée) : 142.309 habitants votants.
Kindia, région administrative de Basse Guinée, est créditée de 210.932 habitants votants, semble aussi peuplée que N’Zérékoré, la grande ville capitale de la région forestière, qui compterait 220.421 votants, et Kankan, la ville sainte et, capitale de la Haute Guinée.
Toute chose qui ne résiste pas à l’analyse critique, quand on connaît la situation en Guinée. Dabola et Gaoual : ces 2 préfectures accusent un très faible taux d’enrôlement, soit 25,80% et 27,37%, respectivement.
Réfugiés : dans certaines zones frontalières avec les pays voisins en conflit (Libéria et Sierra Léone), le ministère de l’Intérieur a indûment enrôlé les réfugiés libériens et sierra léonais. Face à leur situation de précarité, ces derniers n’avaient pas de choix, pour accepter cette mascarade, au risque d’être expulsés en zone de guerre. Cela est bien connu du HCR Guinée. L’intimidation et la répression étaient le lot quotidien de ces pauvres réfugiés.
A propos de l’enrôlement : on constate aisément qu’au niveau des préfectures, le déficit d’enrôlement est très élevé, notamment à Gaoual, Forécariah, Dalaba, Dabola, N’Zérékoré, et la Commune de Matoto. Il en est de même des préfectures suivantes, qui comptent moins ou au plus 50% d’enrôlement : Boké, Fria, Kankan, Kouroussa, Koubia, Beyla, Guéckédou, Yomou, Matam, Lola.
Face à cette situation, il s’avère impérieux que des dispositions adéquates soient prises par les autorités compétentes concernées, notamment le PNUD, qui semble piloter l’essentiel des opérations. A ce titre, les partis politiques, qui sont les plus concernés, en tant qu’acteurs majeurs des élections, doivent s’impliquer de façon dynamique et énergique.
On constate aussi que sur les 934 CARLES (Commission Administrative de Révision de Liste Electorale) installées à travers le territoire national, il y a certains agents qui n’ont pas encore été déployés au niveau de certaines localités (districts et autres villages).
Ce qui veut dire qu’aucun citoyen de ces localités n’est encore enrôlé. Chose inadmissible pour qui souhaite l’organisation d’élections libres et transparentes, qui ne sera possible, sans un fichier électoral fiable et assaini.
Il est encore temps, avant la fin de l’enrôlement fixée, provisoirement au 16 avril 2009, que tous les acteurs concernés, notamment la CENI, le MATAP, le PNUD et la SAGEM (opérateur technique), mettent tout en œuvre pour remédier aux dysfonctionnements constatés çà et là.
Un autre point important demeure : celui de la remontée et du traitement des informations provenant des différents CARLES du pays, par l’opérateur technique SAGEM, qui risque d’être confronté à de sérieuses difficultés, en cas de mauvaises saisies des informations au niveau du serveur central.
A suivre dans notre prochaine édition : La mise en place depuis longtemps par le gouvernement Souaré, d'une stratégie machiavélique de fraude électorale, avant même la tenue du scrutin. De quoi s’agit-il ? Nous y reviendrons, c’est promis !
Aboubacar SAKHO, Pays Bas
Avec la collaboration de la Commission technique électorale
pour www.guineeactu.com
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