dimanche 23 décembre 2007
Départements ministériels. Regard critique sur la restructuration

La restructuration en gestation depuis des mois est apparue sous forme de plat sans sauce, ni dessert, pour paraphraser un analyste bien averti, qui défend ses idées phares dans l'appréciation et le dosage des rôles.

Pour dit, l'on ne cessera pas d'insister sur les raisons de l'absence du poste de Premier ministre dans un cadre organique gouvernemental, qui, à tout point de vue, doit rester une émanation de la Primature. Ceci est fort de ce qu'il était dans la feuille de route du PM, qu'une reforme administrative s'impose en commençant par la restructuration. Peut-être, c'est parce que la Primature n'est pas constitutionnelle, qu'on préfère la voir sans structure officielle, ou alors, c'est pour laisser le champ libre à son titulaire de jouer et repartir les rôles en fonction de son humeur ?

Toutes les caractéristiques d'une République bananière se croisent dans un tel cas de figure, où le laxisme et la cacophonie se la disputent autour des deniers publics.

En effet, de la Primature, nous aurions voulu savoir, quel contenu avait le projet originel du décret de restructuration. Car, c'est comme si un certain Fodé Bangoura était encore en poste à la Présidence. Rien ne filtre, et pas d'ouverture. Ce statu quo politique et l'exclusion des meilleurs commis de l'Etat, ont fait le lit d'une guerre de clans au sommet de l'appareil gouvernemental. Excusons les uns et les autres, pour ne perdre en temps, rien qu'à se mettre à citer les barons de cette tendance sous le règne de Lansana Conté. Pour le moment, dans certains ministères, des explications sont à fournir sur les stratégies de regroupement qui, à notre avis, ne sont pour la promotion des initiatives conquérantes, mais bien pour l'anéantissement des espoirs.

Le ministère de la Communication et NTI a fait de la RTG un service rattaché, ce qui diminue le poids décisionnel au sein de cette maison de presse publique, où  à la place du Président de la République et son décret, c'est un Arrêté ministériel qui nommera les directeurs,  tant à la radio qu'à la télévision nationale. Ce qui va aboutir à la perdre des primes et autres allocations due au décret. Aussi, dans ce même ministère, les radios rurales et communautaires ne sont plus dans aucune direction, à moins que les concepteurs de cette restructuration sectorielle nous en fournissent des explications. C'est le cas du quotidien national qui mérite un meilleur traitement, pour faire face à l'offensive des presses privées et surtout du Net. L'on constate dans ce décret que l'édition dont on parle, n'est que virtuelle, car en matière d'imprimerie, le pays est pauvre. Pauvre des nouvelles technologies et en crise d'imagination malgré le slogan gonflant ''le temps d'un changement''. Quelle perte en recettes, si à la place d'une imprimerie performante, on laisse des amateurs du domaine s'accaparer des rênes financières de l'impression, pour dire après qu'on veut que le cinquantenaire soit un succès sans images connues et réalisées par les Guinéens !

La RTG et toutes les autres stations publiques méritent d'être dans une toute autre institution indépendante et qui fonctionnerait hors du contrôle d'un seul ministère, vu sa large couverture sur la vie nationale. On n'est pas donc au temps de la Révolution, mais bien à l'heure du ''changement''. Ce qui nous pousse à proposer des modifications dans plusieurs dénominateurs des départements. Mais ceci est une autre manche. Le cinéma est un art ; l'envoyer dans un ministère qui ne lui sied pas, nous conduit, à sa mort par hibernation.

Au ministère de l'Economie, des Finances et du Plan, tout est fait pour ressortir les directions anciennement au ministère du Plan. Nous faisons remarquer que la Direction nationale des statistiques mérite un meilleur traitement pour nous éviter de perdre nos repères. Pour réussir la politique de redressement, il faut connaître l'état des lieux, la vérité des chiffres sur la population guinéenne et tout ce qui intéresse notre économie. Le nombre de bœufs et de poulets guinéens doit être connu pour assurer dans le domaine de la fourniture de produits alimentaires, à base de ces animaux, une parfaite maîtrise sur les importations. Notre sécurité alimentaire en dépend pour une politique de santé publique efficace. C'est la logique des vases communicants qui fait que le département en charge de l'Economie et du Plan est le métronome du décollage économique. L'Institut national de statistique est l'école étatique pour augmenter les capacités dans ce domaine. Sa création au sein des Institutions d'enseignement supérieur est une exigence.

Par ailleurs, nul ne souhaite divulguer les secrets militaires de nos forces armées. Mais à ne pas annoncer sa structure au peuple est une pratique d'un temps dépassé. Rien que les grandes directions, les citoyens ont le droit d'en savoir. Aussi, ce travail est presque fini grâce aux Etats Généraux que l'actuelle hiérarchie militaire a organisés au BQG du Camp Almamy Samory Touré.Tout ce qu'on veut savoir, est de l'ordre de l'acceptable.

Quant aux services qui assurent l'ossature de la Défense Nationale, il y a lieu de renforcer le cabinet pour une modernisation de notre Institution la plus panafricaine. En cela, est-ce besoin de rappeler que l'heure est au soutien à l'armée, qui ne cesse de nous faire des signes pour un rapprochement conséquent, entre elle et sa population. A l'intérieur, les services des arts et des sports militaires doivent connaître une relance conséquente pour redorer les finances et les rapports sociaux. Education des masses oblige. L'adhésion en matière d'aménagement du territoire national est un fait, qui devrait provoquer un sursaut dans la restructuration du ministère des Travaux Publics, et de l'Urbanisme. Le terme ''Travaux publics'' est si dépassé que ses services concernés auraient bien du mal à changer de mentalité et de pratique. La gabegie y règne. Les routes, malgré les financements conséquents sont l'objet d'un marchandage qui fait la fortune des membres des cercles mafieux. L'exemple de l'autoroute en rénovation est si décevant, qu'on a envie de demander des comptes à ses concepteurs. Les souterrains et les échangeurs doivent aller de pair. Il faudrait désormais faire appel au génie guinéen. Les embouteillages et autres incommodités font perdre du temps aux Guinéens.

Or le temps, c'est de l'argent. A ce ministère, nous pouvons dire que la restructuration n'a même pas commencé, vu les conflits démoniaux et les jugements qui sont rendus. Partout, l'on a bradé les domaines de l'Etat. Le cabinet peut-il récupérer les biens de l'Etat ? L'hivernage ne doit plus être un calvaire pour les Guinéens en général et pour ceux de la capitale en particulier. Que la voirie urbaine connaisse une certaine innovation, afin de développer les réflexes d'hygiène chez nos citoyens. Une ville sans services appropriés de ramassage des ordures est vouée à perte des partenaires et bon nombre de ses fils par infection due à l'insalubrité chronique.

Aboubacar S. Sampil & Thierno D. Barry

Source: Journal L’Indépendant, Conakry

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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