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Chers compatriotes,
Je viens, bien malgré moi, de faire les colonnes de Guineeactu, avec photo à l’appui, dans un article intitulé « DADIS doit-il partir ? ».
CET ARTICLE EST UN FAUX.
Ceux qui me connaissent savent qu’après les actes perpétrés le 28 Septembre, je n’en suis pas à me formuler cette question, ayant toujours affirmé haut et fort qu’il faut désormais sacraliser la vie de tout guinéen, et que toute goutte de sang versé est, et sera désormais de trop.
L’auteur, ou les auteurs s’engagent, sous mon nom, dans une diatribe « patriotiste » pour proclamer les condamnations accessoires à une plaidoirie centrale : la « réconciliation de l’armée guinéenne avec le Peuple ».
Voici un des passages dudit article, où l’on me fait dire ceci:
« Aussi, pensons-nous, le plus urgent demeure aujourd'hui comme un devoir impérieux pour tout guinéen responsable, de retrouver les raisons d'un accord, d'une concertation entre le peuple et son armée. C'est à cette tâche que se consacrent dès aujourd'hui les patriotes guinéens où qu'ils se trouvent. En effet, la perspective d'occupation de notre patrie par une armée étrangère d'où qu'elle vienne est difficilement acceptable par notre peuple. »
Où est aujourd’hui cette Armée de la République ? Sous les bottes de la soldatesque sanguinaire du 28 Septembre 2009 ?
Il est des moments où le courage ultime est de reconnaître que l’on manque de courage !
Et celui dont nous manquons cruellement peut-être aujourd’hui en Guinée est de reconnaître que nous avons échoué à créer les fondations solides d’une nation absolument inclusive et dégagée des relents communautaristes constitutifs des divisions qui plombent notre devenir commun.
L’une de ces fondations serait une Armée Nationale Républicaine, véritablement soumise à la volonté du Peuple, réellement mais exclusivement engagée à défendre notre souveraineté.
Une telle armée ne pourrait receler aucun élément capable, en toute impunité, d’attenter à l’intégrité physique et morale de nos compatriotes, à l’instar des crimes incommensurables du 28 Septembre 2009.
Notre courage aujourd’hui serait de reconnaître que nous n’avons pas aujourd’hui cette armée en Guinée.
Notre pays est sous la férule d’une poignée d’hommes armés pour la guerre, et cette guerre est livrée, non pas contre une attaque à nos frontières, mais contre notre droit légitime à l’espérance d’une société guinéenne respectueuse de la volonté de changement exprimée par un peuple désormais debout.
C’est contre cette poignée d’apatrides, qui agissent et divisent pour nous plier à leur seule volonté, que nous devons nous battre, en patriotes.
Mon message à nos compatriotes est une invitation à la mobilisation générale, à la prise en charge et en main de notre volonté de changement, ainsi qu’au contrôle, par tous les moyens, de la circulation et de l’usage des armes afin de neutraliser toute force militaire agissant pour opprimer nos concitoyens.
Dans cette bataille, toutes les alliances sont les bienvenues, fussent-elles constituées de forces étrangères.
Sidikiba Keita pour www.guineeactu.com
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