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Elles brisent la glace du respect qui sied entre jeune garçon et grande dame. Elles harcèlent dès qu’une occasion se présente. Elles évoquent des sujets intimes. Leurs accoutrements suggestifs invitent plutôt à tenter une certaine aventure sentimentale, au mépris de la différence d’âge. Certaines tantines refusent toujours de se mettre à leur place. Attention alors aux âmes sensibles.
Des dames dont l’âge varie entre 40 et 50 ans cherchent inexorablement à vivre des sensations fortes avec des moins vieux pour « échanger ». Elles se muent alors très vite en petites copines. En lieu et place de mamans, de grands sœurs ou tout simplement, dans le langage familier, tantines. Dès qu’elles tombent sur leurs proies, elles mettent tout en œuvre pour acheter un cœur aimant. Pour y arriver, des frais de location, des tickets de carburant, des fringues de classe, des parfums à vous couper la respiration, etc. Rien n’est négligé pour ces habituées d’aventures extorquées.
En public, ces tatas utilisent les rengaines du genre ‘’Mon fils’’, « Mon garçon », « Mon frère », etc. Juste pour dissimuler leurs sentiments à peine voilés. Une fois que le lieu est débarrassé d’yeux indiscrets, l’attirance physique prend le dessus. Ainsi que les mots les plus éculés. L’objectif étant d’user de tous les artifices pour faire sauter le verrou des bonnes mœurs. Pour l’opinion, certaines tantines se rajeunissent parce qu’elles n’ont pas eu le temps de jouer durant toute leur tendre jeunesse. Mariage forcé oblige ! Elles estiment donc, après avoir trimé des décennies durant, que l’heure est à jamais venue pour refaire une jeunesse perdue. Et bonjour les dérives dans un pays somme toute religieux. Pour d’autres, elles se vengent de leur époux. Soit parce qu’il s’est remarié, soit parce qu’il est toujours dehors en train de se disputer les mêmes jeunes filles avec ses petits fils.
Mais il y a aussi un autre troisième groupe. Celui-là qui n’aime que les sensations fortes avec les moins vieux. Ce groupe est souvent vil. Puisqu’il n’a point de caractère, de goût. C’est un groupe de « Femmes wrangler », comme dirait, il était une fois, un certain Moussa Dadis Camara, actuellement reclus à Ouaga 2000. Des analystes, juristes, sociologues et autres vont crier à l’atteinte à la pudeur et aux bonnes mœurs ou diront peut être que tout est dû à la précarité des conditions de vie, ou que ce phénomène est propre à toutes les grandes capitales. Cependant, dès l’instant que ces tantines entretiennent bien leurs bouts de choux, il n’est plus question de précarité. En effet, on rencontre souvent des cas où les victimes de ces tantines se suffisent financièrement. Donc point de politique d’oisiveté. Certes, des petits plats sont fréquemment acheminés chez l’heureux élu, souvent aux dépens de l’époux légitime. Mais ceci ne justifie toujours pas cela.
Ce qu’il ne faut surtout pas occulter, c’est la jalousie noire avec laquelle ces tantines gèrent leur « petit cœur ». Cet état de fait est plus remarquable si le jeune et la tantine travaillent dans la même boîte. Des menaces de femmes peuvent même être lues dans les regards. Mais au fait, qui sort gagnant de tout cela ? Les avis sont partagés. Pour les uns, c’est le jeune garçon qui est sujet à toutes les attentions particulières. Pour les autres, c’est évidemment la tantine qui cherche juste à assouvir une ambition jusque là considérée comme perdue.
Quoi qu’il en soit, cette autre délinquance sénile fait légion à Conakry et à l’intérieur du pays. Elle interpelle pour autant la sagesse et la pudeur de tous ceux qui en ont fait une autre mode du 21e siècle.
Thierno Fodé SOW
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