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Une brève visite suffirait aujourd’hui pour se rendre compte que la dégradation de l’environnement a atteint un niveau particulièrement inquiétant en Haute-Guinée. Cette situation devrait attirer l’attention des autorités en charge de la protection de l’environnement. L’homme agit parfois, à travers ses différentes activités, sur la nature de façon négative. Parmi ces activités, on peut citer la pratique de l’agriculture extensive. Pendant la période des cultures, les paysans n’hésitent pas à couper, de façon abusive, des arbres pour leur permettre de se livrer à leurs activités agricoles. Il y en a qui vont jusqu’à mettre du feu à la brousse pour des raisons inavouables. Même les abords immédiats des cours d’eau ne sont pas épargnés par des individus qui semblent s’être spécialisés dans la coupe des arbres. Dans un passé plus ou moins récent, on rencontrait des gardes forestiers dans les villages. Et de l’avis des observateurs, la présence desdits gardes avaient contribué, dans une certaine mesure, à dissuader les pyromanes et autres coupeurs de bois. Aujourd’hui, le constat est plus qu’alarmant dans la plupart des villages et hameaux de la Haute-Guinée. De Kouroussa à Dabola, en passant par Bissikrima, le visiteur est frappé immédiatement par l’ampleur de la dégradation de la nature. Çà et là, de gigantesques feux de brousse rappellent que l’on est bien au cœur d’une région où l’impunité a atteint son paroxysme. Tous les gros arbres ont été abattus pour faire le bonheur de quelques affairistes dépourvus de scrupules. Chaque semaine, ce sont des camions qui continuent de transporter du bois impunément coupé aux abords de nos villages. Et le malheur est que les autorités compétentes semblent avoir du mal à prendre des mesures contre tous ces individus indélicats qui s’illustrent négativement dans la protection de l’environnement. Ne dit-on pas que l’impunité est la mère de tous les excès ? L’on est au regret de constater que certains Guinéens ont choisi d’ériger l’incivisme en un mode de vie. La protection de l’environnement est devenue le cadet des soucis en Guinée. Une situation qui, de l’avis des observateurs avertis, risque de se révéler dangereux dans un avenir proche. Nul n’est sans savoir que le Sahel est déjà à nos portes. Si des dispositions pratiques ne sont pas prises à temps, il est à craindre que les Guinéens ne commencent à connaître les affres de la sécheresse. Les pyromanes et les coupeurs de bois devraient être ramenés, de gré ou de force, à la raison. Il est inacceptable que des individus sans scrupules prennent la mauvaise habitude de poser au quotidien des actes allant dans le sens de la destruction du milieu naturel de la communauté. Les arbres doivent être rationnellement utilisés pour ne pas donner un coup d’accélérateur à la désertification du pays. Les usagers de la route nationale Mamou-Kouroussa ont toujours l’occasion de faire le constat sur l’état de dégradation de l’environnement. Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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