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Abdoulaye Wade, Barak Obama, Nicolas Sarkozy, Mouammar Khadafi, etc., le remplaçant de Dadis Camara à la tête de la junte guinéenne est bien sollicité pour lui assurer une sortie des plus honorables après avoir rendu le pouvoir aux civils. Il a été suivi, appuyé, orienté durant toute sa présidence intérimaire. Mais, pour des raisons patriotiques, pécuniaires ou lucifériennes, c’est selon, Sékouba Konaté est davantage sollicité par Alpha Condé pour toujours servir la Guinée mais en qualité de ministre de la Défense nationale. Lui qui a toujours assuré de sa désapprobation pour le pouvoir a pour autant accepté l’offre faite par le professeur Alpha Condé, contre le visa long séjour offert par Obama « en reconnaissance de ses efforts pour instauration de la démocratie ».
Que veut de plus Sékouba Konaté ? De l’argent ? Il en a eu. De l’honneur ? Il en a eu. Même en taxant Dadis Camara de faux-type. Être à la tête d’une armée malade et indisciplinée, habituée aux délices et aux dérives, n’est pas une chose aisée, fût-on tigre qui renforce tous les jours sa sécurité ou qui menace de démissionner ou d’imposer un civil (?). Que cache Alpha Condé en voulant garder Konaté à la tête de l’armée ? Une offre qui intervient au moment où presque tous les soldats sont devenus des sous-officiers et les officiers des officiers supérieurs. Vous avez dit restructuration de l’armée, non ? Ça commence. Pour sa part, Alpha Condé trouve que cette corporation constitue une véritable saignée pour l’Etat. « L'armée est un véritable problème. Elle capte près de 30% du budget. C'est trop. La France, les États-Unis se sont déjà engagés à nous aider à réformer le secteur de la défense. Bien sûr, il faudra envoyer beaucoup de militaires à la retraite. » Sauf que ce n’est pas le seul problème. Cette armée-là s’est rendue coupable de massacres, de viols, etc., sous le règne de Sékouba Konaté, soit en qualité de ministre de la Défense, soit en qualité de président intérimaire.
Il sera donc question de livrer les présumés coupables à la CPI. Certes, Alpha Condé avait dit, à la veille du premier tour, que s’il gagnait, il donnerait à Dadis Camara ses droits d’ancien président « maintenant, il y a la CPI, mais jusqu’à présent, elle n’a rien dit. Donc on verra bien. » A chacun d’en juger. Déjà, de l’avis de nombreux commentateurs, mettre Konaté à la tête de la Défense nationale, relève d’un cadeau empoisonné. Quand on applaudit le danseur, il doit savoir s’arrêter avant que la standing ovation ne s’interrompe. Le prix à payer peut se révéler trop cher, surtout au moment où le nom du général de brigade, Aboubacar Sidiki Camara “Idi Amin”, Chef d’Etat-major adjoint des forces armées guinéennes, limogé samedi pour des raisons non encore élucidées, est souvent cité dans les discussions de profanes pour supplanter Konaté, une fois qu’Alpha aura été président. Pour rappel, Aboubacar Sidiki Camara a été ridiculisé par Dadis Camara, puis jeté en prison après avoir occupé le poste de secrétaire permanent du CNDD pour des heures. Il sera sorti de prison par Sékouba Konaté qui le nomme membre du Conseil national de la transition (CNT), puis Chef d’Etat-major adjoint des forces armées.
L’œil de Guineeactu.com
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