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L’on crie au changement, l’on revendique, l’on déclenche des marches. Tout revient à la case départ. Ce sont là des signes manifestes de cette volonté de voir tout changer, comme par enchantement, dans notre pays. L’on oublie que l’économie nationale est en déconfiture avancée et cela, depuis des lustres. Curieusement, il aura suffi que se déclenchent les mouvements de grève de janvier et février 2007, pour se convaincre de la nécessité de voir la Guinée sortir, enfin de l’ornière, de cette situation dégradante qui lui ternit l’image à travers le monde. Aujourd’hui, les revendications sont mues, moins par le besoin de voir l’Etat retrouver son équilibre macro économique que devoir les guinéens changer de conditions d’existence, comme par miracle. Nous oublions que la déconfiture de l’économie nationale est entière et que tous les secteurs de développement se trouvent dans un état de précarité préoccupante. Pourtant, l’on s’attend à des résultats, avant d’avoir exigé une politique de développement conséquente. Tous les programmes déjà élaborés - moins pour réussir une reconversion des mentalités par rapport au besoin du changement demandé, que pour contenter les institutions financières dans leur volonté de mieux nous tenir par la bride - ayant échoué. Un pays qui croupit dans la précarité, jamais ne s’affranchira des contraintes de ceux qui décident de son sort. La déconfiture s’explique par l’échec de notre pays dans la gestion de ses nombreuses ressources, tant naturelles qu’humaines. Le fondamental pour amorcer le démarrage économique étant inexistant : L’Energie. La production nationale, conséquemment, est absente. Le pays est cruellement envahi par les produits étrangers de toutes sortes. L’agriculture et l’élevage sont abandonnés sur la scène folklorique d’un monde rural oublié. Les Guinéens vivent, honteusement, de denrées alimentaires importées. Les mines sont en passe d’être un domaine réservé à l’occultisme des initiés. L’économie s’emballe dans une déconfiture totale. Tout est à faire dans ce capharnaüm où seuls les vampires règnent en maîtres de cérémonie. L’on ne saurait demander du courant électrique, quand l’eau est rare, encore moins une industrialisation quand l’énergie n’est pas disponible. Les données premières sont faussées. Le résultat final est nul. A qui s’en prendre ? Peut-être aux cinquante années d’indépendance dont le bilan économique offre suffisamment d’indices pour apprécier à leur juste valeur les deux régimes politiques qui se sont succédé. Somme toute, les cinquante années auront permis de mesurer l’étendue de l’échec. C’est le moment ou jamais de tirer la sonnette d’alarme. Une situation qui interpelle tous les Guinéens soucieux d’en finir avec la précarité qui caractérise notre pays sur l’échiquier international. Le vrai changement commence par cette conscience citoyenne qui nous interpelle. Thierno Dayèdio Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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