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Des signataires de l’Appel pour la tenue d’Assises de la société civile des Guinéens de l’Extérieur, pris par l’urgence des derniers évènements survenus en Guinée, et conformément au contenu de cet Appel, présentent leurs condoléances les plus sincères à la famille du Président Lansana Conté décédé le 22 décembre 2008
Ils prennent acte de la prise de pouvoir d’éléments de l’armée nationale progressivement rejoints par d’autres soldats, notamment la haute hiérarchie, évitant ainsi pour le moment, des affrontements dangereux pour la paix sociale, devenue très précaire à cause de l’aggravation de la misère sociale et surtout à la suite des évènements de juin 2006 et janvier-février 2007, marqués par des épisodes sanglants.
Ils tiennent à rappeler que la prise de pouvoir par l’armée, serait-elle de nature patriotique, ne saurait être qu’une exception à la règle de l’alternance politique dans le cadre de la loi. A savoir des élections libres et transparentes, par la confrontation pacifique de Partis légalement constitués, tel que cela est inscrit dans la Loi fondamentale.
Cependant, à la suite des déclarations des nouveaux dirigeants qui s’engagent à associer les forces vives, à commencer par les Partis politiques à qui ils ont déjà demandé de leur fournir des projets de société, et un chronogramme des élections, les signataires rappellent que l’objectif ultime des élections et de la nouvelle organisation des institutions républicaines après la promesse d’une relecture de la Loi fondamentale, reste le changement radical tel que réclamé par le peuple debout de janvier-février 2007. A savoir :
- la fin de la mal-gouvernance
- l’identification des auteurs des crimes économiques et des crimes de sang, y compris ceux de la première république, suivie des sanctions prévues par la loi, mais qui n’exclut pas le pardon des victimes ou de leurs héritiers et/ou ayants-droit, le cas échéant,
- la lutte contre la corruption et son impunité, commençant par un audit d’évaluation des méfaits de la mal-gouvernance en matière économique afin notamment, de disqualifier dans la gestion des affaires publiques, ceux qui en auront été coupables,
- la mise en place d’un gouvernement d’union nationale reflétant toutes les sensibilités politiques et socio-régionales de la nation, afin d’organiser dans un délai raisonnable n’excédant pas un an, des élections libres et transparentes.
- la mise en chantier d’un programme urgent de salut public.
C’est à ces conditions seulement qu’il sera possible de réconcilier la nation avec elle-même, soumise depuis cinquante ans aux épreuves qui menacent de ruiner son unité, après la ruine de son économie.
Mais cette réconciliation ne serait pas complète si une fraction importante de la nation, représentée par la communauté des Guinéens de l’Extérieur, continuait à être tenue à l’écart des décisions et engagements des pouvoirs publics. A cet égard, la nouvelle politique pour le changement devrait impliquer en amont, et cela de façon garantie par la Loi fondamentale, la participation de cette communauté de quelque façon que ce soit, en fonction des besoins en ressources humaines dans tous les secteurs de la vie nationale.
En attendant, nous signataires de l’Appel, invitons tous les Guinéens à se tenir en état d’éveil et de vigilance, en suivant l’application effective de ces déclarations et engagements, ce qui impliquera au fur et à mesure notre soutien conséquent.
Enfin, nous renouvelons notre Appel pour la tenue au plus tôt, d’Assises de la société civile des Guinéens de l’Extérieur.
Signataires :
Tierno Monenembo, écrivain (Prix Renaudot 2008), biologiste Ansoumane Doré, Professeur d’Université, à la retraite Julien Condé, Administrateur à l’O.C.D.E., à la retraite Dr Abdourahmane Bah, médecin à la retraite Adjidjatou Barry Baud Mballou Kébé Jacques Kourouma, Cheick Oumar Kanté, écrivain Sidoux Barry, économiste, journaliste Oumar Cissé de Bma Sidikiba Keïta Dr Cheik Ousmane Sylla, médecin Dr Seydouba Cissé, médecin El Hadj Baïla Ly, économiste manager Amadou Sadio Diallo, journakliste, défenseur des droits de l’Homme
Pour quelques signataires de l’Appel (plus d’une centaine aujourd’hui) : El Hajj Saïdou Nour Bokoum, écrivain, enseignant à l’Université Paris 8 Saint-Denis
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