lundi 13 septembre 2010
Déclaration du Vice-président de l’Union des Forces Démocratiques (U.F.D.) chargé de la réflexion politique : Le harakiri politique de l’U.F.D.

En choisissant de signer un accord de dernière minute sans concertation ni débat contradictoire au sein du parti, ni réelle négociation, une partie de l’U.F.D vient prendre une responsabilité historique. Mais nous refusons que notre patrimoine commun et l’idéal politique du Pr Alpha Ibrahima Sow soit bradé à moindre frais…


HISTOIRE D’UN ENGAGEMENT

Chers compatriotes, loin de moi l’idée ou l’envie de faire ici étalage de titre ou de quoi que ce soit ; ceux qui me connaissent savent bien que je n’ai jamais été un chercheur de titre ou de gloire. Cependant je me sens obligé dans les circonstances actuelles de vous dire que je fais cette déclaration en tant que personne publique, militant associatif et responsable politique de très longue date. En effet je suis membre fondateur de l’U.F.D. en 1991, date laquelle j’ai été élu président de la section U.F.D.- France. Aujourd’hui j’occupe le poste de premier vice- président chargé des affaires politiques et de la formation.

J’ai été élu le 17 Mai 2009 Coordinateur du Forum des Forces Vives – Section France avec le bilan que tout le monde connaît. Sur le plan associatif, je suis le président –fondateur de la MIMG (Mission Itinérante Médicale de Guinée) devenue MIMA (Mission Itinérante Médicale d’Afrique), dont beaucoup de nos compatriotes ont bénéficié des précieux soins notamment à Lélouma dans le Fouta profond (dix missions « 10 » de 1997 à 2006 !). Je suis le président – fondateur de AURGUINEE (Alliance pour l’Unité et le Renouveau de la Guinée) qui a été le cadre légal de toute la lutte du Forum des Forces Vives – Section France.

C’est à ces différents titres que je fais cette déclaration, à propos de l’accord que le président de l’U.F.D. vient de signer avec l’ l’U.F.D.G. pour le deuxième tour du 19 septembre 2010. Les frères et sœurs, les compatriotes en Guinée et en dehors de notre pays qui m’ont fait confiance pour adhérer à l’U.F.D., se joignent à moi dans cette déclaration.

Nous disons d’entrée de jeu que non seulement nous sommes contre cet accord mais nous le dénonçons car il n’a aucun fondement légitime. Cet accord intitulé « Front Uni pour la Démocratie et le Progrès » ne nous engage en rien. Il été signé de façon autocratique pour des raisons inavouées et inavouables mais complètement inacceptables pour nous. C’est seulement une partie de l’U.F.D. qui a exercé une pression insoutenable sur la direction nationale pour obtenir ce ralliement de dernière minute. L’autre partie de l’U.F.D. qui n’a pas été consultée ne peut ni cautionner, ni se réjouir de ce choix qui constitue pour nous un simple reniement de nos convictions profondes. « Nous ne pouvons pas vomir et le ravaler ! »


RAPPEL HISTORIQUE

Chers compatriotes, pour étayer notre position nous sommes obligés de vous faire un petit rappel historique.

Créée les 14 et 15 Septembre 1991 par différents courants politiques par et autour du Pr Alfa Ibrahima Sow (A.I.S.), l’U.F.D. a été dotée dès sa naissance d’un idéal et d’une ligne politique à savoir :

1- Instaurer, promouvoir et défendre une nouvelle vie publique moralisée.

2- Lutter contre le racisme, l’ethnocentrisme, le régionalisme le népotisme et la corruption.

3- Barrer la route aux dérives dangereuses du tribalisme.

Lutter contre toute forme de despotisme et d’autoritarisme.

« L’U.F.D., devant la situation explosive de notre pays, propose la convocation immédiate d’une conférence nationale souveraine regroupant les forces vives du pays car c’est la seule planche de salut.

C’est cette ligne de l’U.F.D. originelle dont nous sommes héritiers que nous défendons car elle constitue notre âme politique qui nous confère notre légitimité. C’est le Pr A.I.S. le premier qui a interpellé la conscience des Forces Vives guinéennes en affirmant : « Sous peine de se disqualifier à jamais, les cadres et les forces vives guinéennes, à travers leurs différentes composantes, devront se mobiliser, s’unir d’intention et d’action, parler juste et fort pour se faire entendre et empêcher toute dictature… » C’est certainement la raison pour laquelle nous n’avons jamais ménagé aucun effort dans la lutte que le Forum des Forces vives a menée contre la dictature militaire du CNDD.

Pour la défense de notre ligne le Pr A.I.S. a inscrit quelques hauts faits à son actif :

1- Sa lettre ouverte aux Sages du Mandé lorsque ceux-ci ont essayé de justifier les crimes de la Première République.

2- A la réunion constitutive de l’U. P. R. pour la fusion de l’U.N.R. de M. Bah Mamadou et du P.R.P. de M. Siradiou Diallo ; au cours de cette réunion M. A.I.S. a exigé de ses collègues qui lui parlaient en peuhl, de parler français. Il avait été invité pour lui demander de fusionner l’U.F.D. avec les deux autres partis afin de faire un grand parti peuhl. Il leur a répondu qu’il ferait une alliance politique sur un programme mais non une alliance ethnique.

C’est après toutes ces péripéties que la direction nationale du R.P.G. a contacté le Pr A.I.S. pour signer un accord politique de gouvernement entre le R.P.G. et l’U.F.D. en 1998. C’est ainsi qu’il est devenu le directeur de campagne du Pr Alpha Condé.

Cet acte hautement politique (salué à l’époque par plusieurs politologues guinéens) a permis à l’U.F.D. d’être audible et visible en Haute Guinée.

C’est cette ligne politique que le Pr A.I.S. nous a tracée que nous respectons : c’est la voie du milieu, la Guinée d’abord, la Guinée avant et après tout.


LES CONDITIONS DE L’ACCORD

1- L’accord a été signé au pire moment et dans les pires conditions ; en effet, c’est la première fois que l’U.F.D. prenait part à une consultation nationale où sa direction s’est fait entendre et connaitre par tout le pays. Malgré notre très faible poids électoral notre discours a été apprécié par des milliers de Guinéens, qui souhaitaient un vrai changement. Malheureusement, beaucoup de ceux-ci sont bien déçus aujourd’hui.

2- Signé trop tard dans la précipitation (à 9 jours de l’échéance), sans véritable consultation ni débat démocratique au sein du Parti, l’U.F.D. n’apporte rien à l’alliance, sauf sa caution morale, mais elle perd son âme politique et elle brade son patrimoine idéologique. C’est ce que nous condamnons.

3- Cet accord jette un discrédit sur l’U.F.D. et la disqualifie aux yeux de beaucoup de nos militants et sympathisants, car les gens n’ont pas la mémoire aussi courte qu’on le pense. Notre discours, nos faits et gestes jusqu’à la signature du 10 septembre 2010 sont en totale contradiction avec cette adhésion.

4- Enfin, nous pensons que la meilleure position de l’U.F.D. aurait été une position de neutralité à défaut de se rallier à l’Alliance Arc-en-ciel du Pr. Alpha CONDE, car l’U.F.D. a un accord politique avec le R.P.G. depuis 1998 qu’aucune partie n’a dénoncé.

5- Notre position politique officielle a été définie par 2 déclarations du Président du Parti qui a dit juste après les résultats du premier tour :

a- « nous ne soutiendrons jamais ceux qui ont contribué à mettre le Pays à genoux »

b- il a apporté dernièrement un démenti cinglant aux rumeurs de notre éventuel soutien au R.P.G.

6- Cet accord n’a pu être obtenu que par le biais d’une pression insoutenable d’une partie de notre base ; c’est cela la faute, car l’U.F.D. ne peut pas y survivre, d’autant plus que tous les électeurs ont déjà choisi leur camp.


LES CONSEQUENCES DE L’ACCORD.

1- Ce que nous regrettons amèrement, c’est le discrédit jeté sur l’ensemble du Parti, mais surtout sur les principaux responsables qui n’ont pas pu ou qui n’ont pas su résister aux sirènes ethno-stratégiques que nous avons toujours combattues ; hélas, c’est le seul argument qui a prévalu dans ce choix.

2- La 2e et la plus grave, c’est la mort probable de l’U.F.D. qui se plaçait au-dessus des clivages ethniques et qui a fait aujourd’hui un choix qui ne peut être qualifié que de choix ethnique.

3- Lorsque j’ai été consulté quelques jours avant la signature, non seulement je n’étais pas d’accord, mais j’ai averti de ma réaction éventuelle. Seulement, comme je suis ultra minoritaire, la direction a décidé de signer avec le Front. Mais avec mes amis nous restons dans la voie du milieu qui est celle que le Pr. A.I.S. nous a tracée.

4- Cette signature qui nous affecte laissera derrière elle des questions de crédibilité et de confiance. Quant à nous, nous restons résolument fidèles à notre ligne politique qui est aujourd’hui une Utopie mais sera demain une Réalité, à savoir une Guinée unie dans la paix. Notre engagement patriotique ne sera jamais pris à défaut, nous n’avons plus rien à prouver, aussi bien sur le plan de l’action humanitaire que politique.

C’est l’occasion de réaffirmer notre disponibilité pour l’ensemble des Guinéens sans distinction d’ethnie ou de région pour servir notre Cause Nationale. Cependant, observons pour le moment cette sagesse africaine qui dit : « Quand on ne sait pas où l’on va, on retourne d’où l’on vient »


Docteur B. DIAKITE
Vice-président de l’U.F.D
Chargé de la Réflexion politique et de la Formation


www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011