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L'organisation du premier tour de l'élection présidentielle le 27 Juin 2010 a marqué une étape décisive de la mise en œuvre des accords de Ouagadougou et de la fin de la transition. La forte mobilisation des populations à cette élection a démontré la volonté de celles-ci de choisir librement leur Président afin d'en finir avec la situation d'exception qui accentue chaque jour la dégradation de leurs conditions de vie et l'isolement de la Guinée sur la scène internationale.
L’Arrêt rendu par la Cour Suprême le 20 Juillet donnant les résultats définitifs, a consacré deux candidats pour le second tour qui devrait se tenir dans les délais prescrits par la constitution.
Aujourd'hui des incertitudes graves planent sur la date de l'organisation de ce second tour. Certes, le premier tour a enregistré des défaillances à corriger afin que le second aboutisse à des résultats crédibles. A cet effet, la commission ad’ hoc mise en place à l'initiative du CNT a identifié et proposé des solutions permettant la tenue du scrutin dans les délais légaux.
Le Mouvement Social Guinéen constate un silence inquiétant sur la date du second tour, ce qui constitue une menace pour la transition. Les agissements de certains responsables au plus haut niveau de l’État démontrent une volonté manifeste de compromettre la poursuite du processus.
Les propos tenus récemment par le chef du gouvernement, tendant à remettre en cause l'autorité de la CENI de fixer la date du second tour de l'élection présidentielle, rappellent ses agissements de l'époque pour empêcher la promulgation par décret de la Constitution et des lois organiques. Pourtant, la mission fondamentale dévolue au gouvernement de transition par les accords de Ouagadougou, est d'appuyer la CENI pour l'organisation des élections présidentielles dans un délai de six (06) mois.
Le Mouvement Social Guinéen s'inquiète:
- du mutisme du Président de la transition qui a jusqu'à présent impulsé positivement le déroulement de la transition, au moment où celle ci est dangereusement menacée;
- des tergiversations de la CENI à prendre résolument les responsabilités qui lui sont dévolues par la constitution quant à la gestion complète de tout le processus électoral, dont la détermination de la date du scrutin du second tour.
Devant cette situation qui risque:
- de compromettre le retour rapide à l'ordre constitutionnel;
- de fragiliser davantage la paix et la cohésion sociales;
- d'aggraver la paupérisation d'une population qui n'a que trop souffert et qui a consenti de lourds sacrifices, y compris des pertes en vies humaines.
Le Mouvement Social Guinéen interpelle avec force:
- la CENI pour la publication dans les délais les plus brefs de la date du second tour afin qu'il se tienne au plus tard le 22 Aout 2010;
- le Président de la Transition pour qu'il prenne un engagement ferme et rapide levant toute ambiguïté sur l'organisation de ce scrutin, qu'il donne de fermes instructions au gouvernement de la transition pour la mise à disposition des ressources nécessaires et son implication totale et loyale dans le processus.
Le Mouvement Social Guinéen remercie, félicite et encourage la communauté internationale pour son appui constant à la Guinée et l'exhorte à poursuivre son soutien pour le parachèvement de la transition.
Le Mouvement Social Guinéen lance un appel à l'ensemble de ses composantes à se mobiliser pour défendre les acquis de la transition et permettre l'avènement rapide d'un État de droit en Guinée avec le retour à l'ordre constitutionnel.
Mobilisons nous pour la démocratie dans la paix.
Le 3 Août 2010
Le Mouvement Social Guinéen (CNOSCG-INTER CENTRALE-INTER SYNDICALE-CEPEG)
www.guineeactu.com
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