samedi 13 mars 2010
Déclaration du CIC sur la transition GK / JMD / RSD
Amadou Sadio Bah

La Transition version Moussa Dadis Camara MDC vient de céder effectivement la place à celle du trio Général Konaté GK / Jean Marie Doré JMD / Rabiatou Sérah Diallo RSD : merci au Créateur de les guider vers le succès au profit de l'intérêt général de tous les Guinéens.

En effet des actes concrets ont été posés.

D'abord un gouvernement de 34 ministres pour JMD, sans compter ceux du GK; dont trois pour l'éducation/formation au lieu de un; trois pour l'économie rurale (agriculture, élevage, pêche) au lieu d’un, etc.

Visiblement le souci prioritaire de ceux qui ont bâti ce gouvernement est non pas l'intérêt général strict du pays, mais plutôt celui de ne pas rater l'occasion de bouffer et faire bouffer le maximum de copains et coquins: un gouvernement aussi resserré que possible était en effet la solution de bon sens en ces temps de vaches maigres et délais courts

Ensuite la nomination des membres du CNT, 155 personnes au lieu de 101, sur la base de 25 catégories souvent bizarrement imbriquées les unes dans les autres, appelle quelques observations:

1) société civile, Ong, organisations de droits de l'homme, forment quatre catégories distinctes comme si les deux dernières ne font pas partie de la société civile; ordres professionnels, magistrats, médecins, paysans, artisans, forment cinq catégories distinctes comme si les quatre dernières ne relèvent pas des ordres professionnels; les femmes forment une catégorie et les femmes/ministres une autre, etc.

2) la plupart des groupes ont choisi eux-mêmes leurs représentants sauf les guinéens de l'extérieur: sont-ils irresponsables ou enfantins au point de se voir mis sous la tutelle de résidents? De plus, 13 représentants sur 155 donc 8% du total, est-ce compatible avec leur poids démographique (30% au moins de la population guinéenne) et leur poids socio-économique?

Rien ne peut justifier une telle réduction, pas même leur faiblesse organisationnelle qui n'est pas pire que celle des résidents; cela montre simplement que les maîtres de cette opération viennent des mêmes milieux qui ont construit leurs carrières sur l'entretien des divisions entre résidents et migrants, et empêchent de s'inspirer des maliens et sénégalais pour organiser la complémentarité entre les uns et les autres pour la relance du pays au profit de tous; c'est un vieux problème qui a démarré dès les années soixante, quant Sékou Touré s'était mis à traiter ceux qui avaient fui les affres de son régime d'anti-guinéens et autres.

Ensuite la date du scrutin présidentiel a été fixée au 27/6/10 et le budget ad hoc arrêté à 137 milliards de FG financé à 90% par les étrangers, dont le Nigéria pour un million de dollars : si la honte pouvait tuer, les Guinéens seraient morts n fois suite à cette option.

Car enfin, un dessin n'est pas nécessaire pour savoir qu'un peuple qui a besoin d'autrui pour choisir ses dirigeants n'est pas un peuple autonome.

Les Foutankés en savent quelque chose: pour créer la Guinée Française à la fin du 19e siècle, les envahisseurs français avaient dû détruire les Etats trouvés dans la zone, parmi lesquels la Fédération Islamique du Foutah Djallon (FIFD); ils y étaient parvenu en saisissant l'occasion offerte par l'appel à eux d'un des deux partis en lutte pour le poste d'Almamy Chef de la Fédération; ils avaient aidé l'un pour vaincre l'autre puis avaient proclamé dans la foulée la mise sous protectorat français de la FIFD.

Aujourd'hui la Communauté Internationale va financer nos élections, mais bien sûr pas pour nos beaux yeux, la facture suivra inévitablement, il y aura à payer rôt ou tard, sous une forme ou une autre

Malgré tout cela, le CIC pour sa part considère la mise en route effective du Gouvernement JMD et du CNT de RSD comme un pas en avant dans la bonne direction vers la démocratie et l'Etat de droit; et appelle avec insistance chaque compatriote à apporter ce qu'il peut pour le succès du programme en cours; dans ce sens nous faisons en plus les propositions suivantes:

1) mener la politique de nos moyens aussi maigres soient-ils: l'Etat étant réputé insolvable car le pays est fortement abonné aux PMA (pays les moins avancés), aux PPTE (pays pauvres très endettés), et aux lanternes rouges de l'IDH (indice du développement humain ) malgré ses immenses potentialités; on aurait pu s'inspirer du système électoral sud-africain pour élire les députés au suffrage universel direct puis le Président par les députés, mais cela n'est plus possible cette fois, dommage pour les économies financières et autres qui en auraient résulté.

Par contre on peut regrouper au 27/6/10 les deux élections présidentielles et législatives et ainsi économiser des milliards qui seraient bien utiles pour la relance de l'éducation, la santé ...

2) entamer l'élargissement et le renouvellement devenus urgents de notre classe active (militants politiques, syndicalistes, associatifs) en instaurant pour toute les fonctions électives (président, députés, maires, conseillers communaux, ...) des mandats de quatre ans renouvelables une seule fois; avec des verrous infranchissables par les FDS pour les changer par les baillonettes.

3) réforme administrative: rétablir les quatre régions naturelles à la place des huit actuelles; avec pour chacune une assemblée élue qui élit en son sein le gouverneur de la région.

4) dialogue National: imposer au Pouvoir qui va sortir des urnes de 2010 (Président, Gouvernement, Parlement) d'organiser durant sa première année d'exercice un Dialogue National entre l'ensemble des composantes de la Nation; pour étudier les causes profondes de l'échec retentissant du premier demi-siècle de notre indépendance, réaliser la réconciliation nationale, et déterminer l'organisation adéquate à mettre en place pour garantir aux populations un niveau de vie conforme aux potentialités du pays et aux capacités des habitants


12/3/2010

A. S. Bah
Porte-parole du CIC


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Sékou Oumar Camara, samedi 13 mars 2010
Relativement à la composition du CNT, il faut dire que la logique aurait voulu que l`on détermine des critères de nomination objectifs, c`est-à-dire fondés non pas sur l`appartenance des gens à telle ou telle entité mais des critères fondés sur la nature des missions confiées au CNT. Mais puisque ces missions ne sont même pas claires, vous comprenez qu`il était difficile de déterminer des critères objectifs pour la composition du CNT. Encore, une fois, cela soulève la question de la qualité du leadership et de la classe politique de notre pays. Le bon sens aurait voulu que dès qu`il s`agit de débattre de questions liées au POUVOIR que les participants soient, d`une part, les détenteurs actuels mais illégitimes du pouvoir (CNDD et alliés) et, d`autre part, ceux qui ont normalement vocation à conquérir et à exercer légalement le pouvoir (les partis politiques non alliés au CNDD). Comme arbitres et facilitateurs du face à face, la société civile (CNOSCG) et des personnes ressources (les religieux et d`autres personnalités consensuelles et respectées par tout le monde). Mais bon, de bon sens et de logique n`en veulent que nous autres doux rêveurs!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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