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Le 18 mars dernier, près de trois mois après l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir, le Premier ministre Saïd Fofana a fait la déclaration de politique générale du gouvernement au CNT, devant de nombreux invités dont des diplomates accrédités en Guinée. Etats des lieux et programmes ont été évoqués dans la déclaration dans l’optique du changement tant souhaité par le président de la République. De l’avis du Premier ministre, « Pour que ce changement se réalise, il était important pour le gouvernement, et avant toute chose, d’établir un diagnostic sincère et franc de la situation actuelle de notre pays et de son économie dans le but d’identifier les réformes réalistes qui permettront la réalisation de notre rêve d’une Guinée unie et prospère où le Guinéen mangera à sa faim, aura plus d’électricité et d’eau potable ainsi qu’une bonne éducation et une meilleure santé. Cette transformation n’est possible qu’avec l’engagement de tous les Guinéens. »
Seulement, de nombreux citoyens n’ont pas compris pourquoi, après la déclaration, des débats n’ont pas suivis, alors que la Constitution en son article 57 dispose : « Après sa nomination, le Premier ministre fait une déclaration de politique générale suivie de débats sans vote à l’Assemblée nationale. » Nous invitons nos juristes à nous éclairer sur cette autre démarche – après nomination du médiateur de la République, de la Haute autorité à l’audiovisuel, du Haut conseil aux droits de l’homme – qui sabote les lois de la République.
En effet, en ce 18 mars, en lieu et place de la présidente du CNT, c’est un journaliste ou de ce qui y ressemble (Kaba Condé, récemment accusé d’avoir détourné quelque 10 millions GNF destinés à la couverture médiatique du retour d’Alpha Condé) qui joue le maître de cérémonie. Comme si les services protocolaires n’avaient pas leurs raisons d’être. L’indésirable de la télévision guinéenne donnait la parole à qui de droit, devant des yeux impuissants de la brochette d’invités. C’est ainsi, par méconnaissance de la Constitution en son article 57 ou par simple mascarade, l’animateur culturel improvisé en journaliste lève la séance sans donner la moindre occasion aux conseillers d’engager le moindre débat. A qui la faute ? Grands juristes guinéens de tous les horizons, éclairez-nous !
L’œil de Guineeactu.com
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