samedi 26 mars 2011
Déclaration de politique générale du gouvernement : Une mascarade ?
Saïd Fofana

Le 18 mars dernier, près de trois mois après l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir, le Premier ministre Saïd Fofana a fait la déclaration de politique générale du gouvernement au CNT, devant de nombreux invités dont des diplomates accrédités en Guinée. Etats des lieux et programmes ont été évoqués dans la déclaration dans l’optique du changement tant souhaité par le président de la République. De l’avis du Premier ministre, « Pour que ce changement se réalise, il était important pour le gouvernement, et avant toute chose, d’établir un diagnostic sincère et franc de la situation actuelle de notre pays et de son économie dans le but d’identifier les réformes réalistes qui permettront la réalisation de notre rêve d’une Guinée unie et prospère où le Guinéen mangera à sa faim, aura plus d’électricité et d’eau potable ainsi qu’une bonne éducation et une meilleure santé. Cette transformation n’est possible qu’avec l’engagement de tous les Guinéens. »

Seulement, de nombreux citoyens n’ont pas compris pourquoi, après la déclaration, des débats n’ont pas suivis, alors que la Constitution en son article 57 dispose : « Après sa nomination, le Premier ministre fait une déclaration de politique générale suivie de débats sans vote à l’Assemblée nationale. » Nous invitons nos juristes à nous éclairer sur cette autre démarche – après nomination du médiateur de la République, de la Haute autorité à l’audiovisuel, du Haut conseil aux droits de l’homme – qui sabote les lois de la République.

En effet, en ce 18 mars, en lieu et place de la présidente du CNT, c’est un journaliste ou de ce qui y ressemble (Kaba Condé, récemment accusé d’avoir détourné quelque 10 millions GNF destinés à la couverture médiatique du retour d’Alpha Condé) qui joue le maître de cérémonie. Comme si les services protocolaires n’avaient pas leurs raisons d’être. L’indésirable de la télévision guinéenne donnait la parole à qui de droit, devant des yeux impuissants de la brochette d’invités. C’est ainsi, par méconnaissance de la Constitution en son article 57 ou par simple mascarade, l’animateur culturel improvisé en journaliste lève la séance sans donner la moindre occasion aux conseillers d’engager le moindre débat. A qui la faute ? Grands juristes guinéens de tous les horizons, éclairez-nous !


L’œil de Guineeactu.com

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Vos commentaires
Traoré, dimanche 27 mars 2011
La situation actuelle et avant de la guinée sont déjà indentifer.Etats des lieux de notre pays est trés claire,l`Etat n`existe pas,la justice et les institutions n`ont aucune valeur,voila la réalité,une classe politique corrompu,regionaliste,une administration sans resultat et une armée sans aucune formation.NB:Bonne Chance a notre premier ministre,car la situation est critique.
Salif Camara, dimanche 27 mars 2011
Comptoir de "traite" a conakry La guinee est retournée au 18eme siècle, quand les "roitelets" de la cote signait des traités de commerce pour les sociétés de traite anglaises, portugaises ou françaises. Le port de conakry a remplace "l`or ,le caoutchouc et l`ivoire... Des Milliards d`euros que supporteront les importations du pays,dont a peine 15% seront réinvestis en infrastructure portuaire. Avec un revenu de 180euros(ht) pour le 20` et 230 euros( ht) pour le 40` le terminal container va assurer une rente de plus de 3 Milliards d`euros en 25 ans au concessionnaire. Un pays béni, des dirigeants maudits! Bien a vous
Anatole, dimanche 27 mars 2011
Mais où donc Rabiatou pouvait-elle se trouver ? Encore en voyage d’agrément sous des cieux plus tranquilles ? Et pourtant, la déclaration de politique générale est un des événements les plus solennels de la République. Que le PM ait eu quelque chose à dire ou non n’y change rien, elle avait là une chance unique de sortir du néant où elle se complait et de réaffirmer la présence du CNT.
Gandhi, samedi 26 mars 2011
C`est à l`opposition de rappeler que les institutions doivent être supérieures aux hommes. Il n`y a pas besoin d`être juriste pour comprendre que ce gouvernement n`aime pas la contradiction, surtout lorsque la presse est là. C`est à rapprocher de la personnalité du PRG, qui n`a pas accepté de débat télévisé entre les deux tours. Il n`y a désormais qu`une seule vérité, circulez il n`y a rien à voir. C`est la raison pour laquelle, au-delà des critiques faciles - et elles le sont -, l`opposition, voire la société civile, devra présenter des alternatives, pour montrer que le chemin choisi par cette équipe - si tant est qu`il y ait un chemin -, n`est pas celui qui permettra de résoudre les problèmes concrets de la population.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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