mardi 27 avril 2010
Déclaration de la NGR

Depuis l’accident du 16 avril, 2010 qui a enlevé la vie à quatre de nos compatriotes, dont le syndicaliste et militant pour la démocratie Dr Ibrahima Fofana, le peuple de Guinée apprend, non sans indignation, les circonstances qui ont entouré ce jour tragique. En effet, il nous a été relaté que le chauffeur au volant de la voiture dans laquelle se trouvaient Dr Fofana et ses collègues, était au chômage en attendant d’être embauché à la Primature. On apprend aussi qu’il n’était pas habitué aux longs voyages et ne connaissait même la route Conakry - Fria. Certains témoins auraient également affirmé qu’un manque de maitrise a été détecté à son niveau dès qu’il s’est mis au volant de la voiture. D’autres nous apprennent même que Dr. Fofana hésitant être conduit par un chauffeur qu’il ne connaissait pas et dont il n’était pas sûr des compétences, avait souhaité se rendre à Fria à bord de sa propre voiture, avec son propre chauffeur au volant.

Dans la vigoureuse réaction de M. Fodé Tass Sylla, Rédacteur en chef du journal télévisé de la Radio Télévision Guinéenne, le peuple de Guinée découvre avec amertume les conditions inhumaines et honteuses dans lesquelles travaillent nos journalistes des medias d’Etat. Les deux jeunes compatriotes journalistes, auxquels nous rendons un hommage mérité, avaient pour seule source de motivation leur amour de la patrie. Fraichement sortis de l’Université, ces confrères n’étaient ni fonctionnaires ni contractuels. Autrement dit, ils travaillaient sans salaires. A travers eux, la NGR voit des milliers d’autres guinéens qui travaillent quotidiennement dans les mêmes conditions dégradantes et inacceptables.

Au regard de ces informations, les militants et sympathisants de la NGR se posent, comme tout le peuple de Guinée d’ailleurs, les questions suivantes : Le chauffeur avait-il un permis de conduire ? Quel est son record de conduite? Etait-il sous l’influence de l’alcool ou de la drogue ? Une procédure sécuritaire a-t-elle été suivie dans la sélection du chauffeur? Si non, pour quelles raisons? Le nombre de passagers dans la voiture était-il conforme à la réglementation en vigueur ? Les dispositifs de sécurité étaient-ils fonctionnels? Dans la négative, pour quelles raisons ? Le contrôle technique de la voiture avait-il été fait ? Si oui, quel en est le résultat ? Si non, pourquoi ?

Pour répondre à ces questions et bien d’autres, la NGR exige du gouvernement de diligenter une enquête dans les plus brefs délais pour déterminer les circonstances de l'accident. Celle-ci permettra de déterminer les causes de l'accident, de prévenir que des événements similaires ne se produisent à nouveau, de satisfaire à toutes les exigences légales, d’établir le coût de l'accident, de vérifier le respect de la réglementation applicable en matière de sécurité; etc.

La NGR déplore le fait que, trop longtemps dans notre pays, le mot « accident » a été attribué à une question de malchance ou au destin. Or au-delà du « destin », une fois la cause fondamentale déterminée à la suite d’une enquête sérieuse, on constaterait que de nombreux événements qui ont endeuillé des familles entières et notre peuple tout entier, étaient prévisibles et auraient pu être évités si les mesures appropriées avaient été prises, éliminant de ce fait l'intervention du destin.

Pour rappeler un principe qui lui est cher, la NGR considère que la politique qui doit viser le bien être de tous doit aussi être, en toute équité, une politique de service; par opposition à la politique de self-service en vigueur en République de Guinée depuis l’accession du pays à l’indépendance. Ce service loin d’être gratuit, devra être très bien rémunéré. La NGR trouve inacceptable le fait d’employer un travailleur sans lui payer un salaire et, de surcroit, le faire travailler dans les conditions inhumaines et indignes. La NGR invite donc le gouvernement à se pencher très rapidement sur le sort des milliers de jeunes gens actuellement exploités dans les établissements de notre pays, pour que prévale une bonne fois pour toute la justice en Guinée.


Le Bureau de la NGR


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mamady Berete, mercredi 28 avril 2010
En voici un parti politique responsable qui veillera sur la sécurité de tous les guinéens. Oui, on peut discuter sur l’existence ou pas du destin, mais certains drames qui ont endeuillé le peuple de Guinée dans les cinquante dernières années auraient pu être évités. De plus en plus, les guinéens ont l’occasion de se rendre compte qu’il y a une alternative autre que les prédateurs de l’économie, les assassins de la République et les communistes.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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