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Le 28 Septembre 1958, le Peuple de Guinée par un vote unanime, rejetait la communauté que lui proposait la France coloniale et optait pour la souveraineté nationale.
Cet acte historique portait notre pays à l’avant-garde du front de lutte des Peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine.
Le 28 Septembre 2009, surviennent des évènements douloureux à la suite desquels on enregistrait de nombreuses pertes en vies humaines, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
Ces événements sont universellement condamnés.
Dès le lendemain de ces tragiques événements, le Bureau Exécutif National du Parti faisait connaître sa position face à ce drame, condamnant énergiquement toutes les violences enregistrées et les cas de viols perpétrés sur des femmes.
L’UPR renouvelle ses condoléances attristées aux familles éplorées, réitère sa compassion aux blessés et leur souhaite un prompt rétablissement.
L’UPR réaffirme solennellement sa condamnation sans appel de l’intervention disproportionnée des forces armées et regrette profondément que les actes commis le 28 Septembre 2009, viennent grossir ceux de triste mémoire, enregistrés en Mars 1998 à Kaporo – Rails, en Juin 2006 et en Janvier–février 2007.
L’UPR exige que des enquêtes diligentes soient engagées sur ces événements passés et récents pour que toute la lumière soit faite dans le but de situer les responsabilités et que les mesures requises soient prises comme il est d’usage en pareilles circonstances.
Aussi douloureux et traumatisants qu’ils soient, les événements du 28 Septembre 2009 ne doivent pas entraîner les Guinéens vers l’abîme et l’autodestruction.
Ces événements s’inscrivent déjà dans un contexte politique national de méfiance et de rupture du dialogue entamé depuis janvier 2009 pour sortir le pays de la période d’exception ouverte le 23 décembre 2008.
Un regard rétrospectif sur la situation de notre pays et son évolution récente, fait rappeler que les forces armées se sont soulevées en février 1996 et ont récidivé en mai 2007 et juillet 2008 contre leur hiérarchie, avant que l’armée et la police (fait unique dans un Etat) ne s’affrontent, faisant des dizaines de morts dans les deux camps.
Le désordre, et l’indiscipline, ont eu raison de notre armée, qui a pris l’habitude de retourner les armes contre elle – même et contre son peuple.
L’état de déliquescence de l’armée et son dysfonctionnement imposent que la priorité des priorités soit consacrée à la restructuration et à la rénovation des forces de défense et de sécurité au niveau des reformes institutionnelles à entreprendre.
Au plan politique, la multiplication sans retenue des initiatives a suscité de nos jours, l’avènement d’un paysage politique très éclaté et atomisé, donnant naissance à de nombreux partis politiques qui, pour la plupart, ne disposent guère de moyens d’existence et de fonctionnement convenables.
C’est tout naturellement que cette situation représente un facteur de risque important dans la mesure où ces entités se placent dans une logique d’affrontement pour la conquête du pouvoir.
La qualité du processus démocratique se trouve suffisamment entamée en l’absence de débats d’idées qui devraient caractériser l’action dévolue aux partis politiques en matière de formation et d’éducation des populations.
La classe politique guinéenne, qui s’honore d’aligner une multitude de partis (91 à l’heure actuelle) est caractérisée par cette atomisation et une fragmentation qui expliquent très largement son impuissance face à un pouvoir militaire autoritaire que subit le Peuple de Guinée, depuis plus de vingt ans. Cette classe politique navigue déjà, depuis trop longtemps, entre un réalisme inefficace et une radicalité stérile.
La société civile n’échappe pas elle aussi à cette configuration et décline une propension marquée pour les activités politiques.
Ainsi, cette société civile naissante et des organisations syndicales volontaristes ne parviennent pas, à compenser le déficit d’une vision large et stratégique dont la classe politique est comptable.
Ces entités combien importantes pour le processus démocratique, n’assument pas malheureusement toute l’efficacité de leur position et abdiquent leur vocation citoyenne première en se faisant recruter par les formations politiques.
C’est pourquoi, la communauté internationale, les autorités religieuses et les coordinations régionales sont souvent sollicitées pour éviter le désastre.
La question qui est posée à tous les acteurs, forces armées, partis politiques, société civile, syndicats, autorités religieuses, communauté internationale, est de savoir s’il faut encore creuser l’abîme.
Compte tenu de ce qui précède, et considérant la situation difficile que notre pays traverse, l’UPR fidèle à ses principes de tolérance, de non violence et à sa tradition de dialogue :
- Salue l’initiative de la CEDEAO et le choix du Président Blaise COMPAORE comme médiateur pour apaiser la tension et renouer le dialogue.
- Fait confiance au Président Blaise COMPAORE riche d’une solide expérience en matière de résolution des conflits et ne doute pas qu’il trouvera les mots adéquats et prendra les initiatives appropriées pour faire en sorte que la voie de la raison et de la justice finisse par prévaloir dans ce contexte traumatisant.
- Lance un appel pressant à tous les partis politiques afin qu’ils saisissent sans arrière – pensées ni apriori, la main tendue par le Président Blaise COMPAORE.
- Privilégie en ces circonstances le dialogue constructif dans la résolution des différends politiques, la recherche et la mise en œuvre de solutions de sortie de crise, fidèle en cela à la ligne politique prônée par son Président-Fondateur, feu Siradiou DIALLO.
L’UPR comme chacun le sait, a toujours privilégié le dialogue franc et inclusif, ainsi que la concertation ouverte et sincère dans le règlement des questions sensibles et d’intérêt national. Toujours attentif aux vœux des populations guinéennes visant la préservation et la consolidation de l’Unité Nationale.
L’UPR invite toutes les parties concernées à renouer le dialogue en vue de sauvegarder les valeurs qui fondent la nation en particulier l’unité des Guinéens, la cohésion sociale, la solidarité et la démocratie.
L’UPR invite également toutes les parties à la retenue et à l’ouverture d’espace de dialogue et de concertation en vue d’élaborer et de mettre en œuvre des solutions de sorite de crise favorables au rétablissement de la quiétude sociale et à la consolidation de la paix.
L’UPR sait que la paix, à n’importe quel prix, n’est pas la paix, mais rappelle la leçon de Nelson Mandela : « Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé ». L’UPR est convaincu que l’armée guinéenne dans son essence, malgré les dérives, ne saurait être identifiée comme l’ennemie des partis politiques et du peuple de Guinée.
Après 50 années d’indépendance, le Peuple de guinée est majeur. En effet, l’histoire de la Guinée est riche d’enseignements et est pétrie de valeurs de dignité, d’honneur et de patriotisme.
Malgré les terribles épreuves que traverse notre pays, la preuve doit être encore faite, qu’à chaque fois que les fondements de la Nation vacillent, les Guinéennes et les Guinéens savent faire front commun pour relever les défis.
Dans les circonstances actuelles, ils doivent taire leurs contradictions, les différences de sensibilité et faire prévaloir leur appartenance au même Peuple dans un esprit de solidarité, de fraternité et de tolérance.
L’UPR demeure donc convaincu que les solutions réelles aux problèmes du Peuple de Guinée ne peuvent en dernière instance être formulées que par les Guinéens eux–mêmes.
Et c’est pourquoi, l’UPR marque son opposition à ce stade, à l’envoi en Guinée de toute force étrangère et sous quelle que forme que ce soit.
La répétition des échecs des missions d’interposition ou d’intervention placées dans diverses régions du monde, atteste éloquemment que loin d’apporter les solutions attendues, ces missions contribuent plutôt à attiser les crises tout en en créant d’autres.
Les exemples en la matière font légion.
Les conflits en Somalie et en République Démocratique du Congo en disent long à ce sujet.
Par contre, d’autres régions qui ont enregistré des turbulences très sérieuses privilégient encore la recherche de solutions internes. C’est le cas notamment au Togo, au Kenya, au Zimbabwe, à Madagascar et en Mauritanie avec une médiation africaine.
L’UPR réaffirme son option démocratique et sa grande vision pour le changement, la lutte contre l’injustice et l’impunité, défend les intérêts et l’indépendance du Peuple de Guinée.
Dans sa tradition de lutte pour la paix et la recherche constante d’une mise en œuvre de solutions apaisées et consensuelles de sortie de crise, l’UPR :
- Réitère sa proposition de mettre en place les organes appropriés pour conduire la transition dont le Conseil National de Transition (CNT) et de mise en place d’un gouvernement d’Union Nationale avec un mandat précis, une feuille de route conséquente et une durée convenable.
- Réprouve tous les extrémismes, sources de discorde sociale et ethnique.
- Exhorte tous les Guinéens à puiser dans les fondements de leur culture africaine les ressources spirituelles et morales, les valeurs de tolérance, pour restaurer le tissu social et politique gravement altéré par les événements dramatiques du 28 septembre 2009.
Au temps de la violence doit succéder celui de la pondération, de la négociation et du dialogue pour la justice, la restauration de l’Etat de droit, la démocratie et l’ordre constitutionnel.
Conakry le 17 Octobre 2009
Le Bureau Exécutif National
Siège : Quartier Minière – Commune de Dixinn – BP. : 690 – Tél. : 30-42.25.82 Conakry, République de Guinée Arrêté d’agrément: N° A/98/8912 du 09/12/1998
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