dimanche 6 juin 2010
Déclaration de biens : Le candidat Mamadou Bah Baadikko montre la voie à suivre
Mamadou Bah Baadikko

Le mardi 1er juin, Mamadou Bah Baadikko, le candidat de l’Union des forces démocratiques (UFD) à la prochaine élection présidentielle, a cru devoir faire la déclaration de ses biens à la Cour suprême. Histoire pour lui de montrer que s’il devenait président, il prônerait la transparence dans la gestion des deniers publics.

De 1958 à ce jour, force est de reconnaître que la gestion politique et économique de la Guinée aura été plutôt scandaleuse. Sous la première république, nombreux sont les Guinéens qui se sont vus dans l’obligation de prendre le chemin de l’exil, au risque de se retrouver au camp Mamadou Boiro, de triste mémoire. Le 3 avril 1984, suite à la disparition du premier président de la Guinée indépendance (Ahmed Sékou Touré), les forces armées guinéennes, sous la conduite du colonel Lansana Conté, ont cru devoir prendre leur responsabilité en s’emparant du pouvoir pour mettre un terme aux inutiles querelles de succession qui avaient commencé littéralement à empoisonner le climat sociopolitique. Les nouvelles autorités ont par la suite jugé nécessaire de prendre un certain nombre de décisions importantes. Les prisonniers politiques ont été libérés, à la grande joie de leurs proches. Le pays s’est ouvert à l’extérieur. Les initiatives privées ont été encouragées pour engager la Guinée, économiquement exsangue, sur la voie du libéralisme. Mais au fil des années, des pratiques peu orthodoxes contribueront à annihiler tous ces efforts. Les cadres de l’administration publique, bénéficiant largement d’un régime d’impunité, ne se sont pas gênés à adopter, dans l’exercice de leurs fonctions, des comportements préjudiciables au développement harmonieux du pays. Les détournements de deniers publics, l’impunité, la corruption, le clientélisme, et l’affairisme ont été érigés en méthodes de gestion, au vu et au su de tout le monde. Avec l’avènement du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), beaucoup ont pensé que le pays de Lansana Conté allait enfin être définitivement guéri de tous ces « maux » dont il souffre énormément. Un comité d’audit a été mis en place dans ce sens pour recouvrer les créances de l’Etat et faire la lumière sur la gestion des départements ministériels et autres sociétés d’Etat. Une démarche qui, bien que favorablement accueillie par la population, finira par se révéler comme un coup d’épée dans l’eau ou un gigantesque feu de paille. Le triste et regrettable constat est que l’opacité, pour le moment, reste de mise dans la gestion quotidienne des affaires publiques. Vingt-quatre candidats sont actuellement en lice pour occuper prochainement le fauteuil présidentiel à l’issue des élections libres et transparentes. Mamadou Bah Baadikko fait partie de ce lot-là. Ce technocrate ayant travaillé pendant des années au Cameroun défendra les couleurs de l’Union des forces démocratiques (UFD) lors de la présidentielle du 27 juin. Un parti dont il assure la présidence depuis la disparition du Pr Alfa Sow. Le mardi 1er juin, à quelques jours du premier tour de ladite présidentielle, Mamadou Bah Baadikko, a cru devoir faire la déclaration de ses biens à la Cour suprême. Histoire pour lui de montrer que s’il devenait président, il prônerait la transparence dans la gestion des deniers publics. La question que l’on peut se poser maintenant est de savoir si les autres candidats accepteront volontiers de lui emboîter le pas. La campagne bat son plein mais peu de Guinéens s’interrogent sur l’origine de l’argent que les candidats sont en train de dépenser actuellement sur le terrain. En déclarant ses biens à la Cour Suprême, le candidat de l’UFD semble avoir montré la voie à suivre par tout candidat qui se voudrait sincèrement ouvert à la transparence.


Mamy Dioubaté
L'Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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