jeudi 21 février 2008
Déclaration de Almamy ibrahima Barry, candidat d’union aux prochaines élections présidentielles en République de Guinée
Almamy Ibrahima Barry

Mon message d’espoir

Après 50 années d’une indépendance acquise grâce au rassemblement de tout un peuple face au colonisateur, la Guinée présente aujourd’hui le visage d’un pays sinistré, plongé dans l’obscurité et l’obscurantisme. Le paradoxe guinéen, c’est d’avoir l’un des plus forts potentiels d’Afrique et  d’être classé parmi les pays les plus pauvres du monde.  A ce jour, tous les indicateurs sont au rouge. L’économie, exsangue, a entraîné l’aggravation de la pauvreté, de la misère et la détérioration du climat social. Cette crise politique, économique et sociale engage la responsabilité collective de tous les Guinéens, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, de l’intérieur ou de l’extérieur.

La responsabilité première incombe à la classe politique et dirigeante qui aurait dû être les véritables porte-flambeaux des populations guinéennes. Plutôt que de se préoccuper de l’intérêt général de la nation, elle s’est servie du peuple pour assouvir ses intérêts personnels. Elle a entretenu le phénomène de l’exclusion des Guinéens dits de l’extérieur, puis de l’essentiel des forces vives de la nation. Elle n’a pas hésité à tirer sur la fibre ethnique pour diviser, tricher et constituer ainsi un clientélisme électoral dépendant, à son corps défendant. Ainsi érigé en méthode de gouvernement, l’ethnocentrisme s’est révélé une stratégie d’accession et de maintien au pouvoir. La Guinée qui devrait être le pays phare de la sous région,  est devenue un Etat de non droit. Elle est en passe de devenir un non-Etat, si l’on n’y prend garde.

Nous avons voulu occulter le passé douloureux de la Guinée indépendante. Nous avons commis là, une erreur historique. L’on ne peut construire un pays sur l’oubli, quelque soit son passé. Il faut plutôt  assumer nos erreurs  collectives, panser nos  plaies et poursuivre le dialogue pour favoriser la réconciliation nationale, la vraie. Rétablir la vérité historique permettra d’évacuer les rancoeurs et de favoriser le pardon. Seulement alors, les victimes de toutes formes de répressions subies par le passé pourront  pardonner à leurs bourreaux repentis.

Ensemble, nous nous tournerons vers la consolidation de la paix et de la reconstruction nationale. Ensemble, nous allumerons la flamme de l’espoir d’une nouvelle Guinée : Une Guinée prospère.

La Guinée a besoin d’un changement radical qui tient compte :

  • des idéaux d’unité et de paix

  • de la volonté de développement de la nation

  • des besoins sociaux de la population

La Guinée a besoin d’un homme :

  •  Qui porte le vent du changement, échappe aux calculs des hommes politiques traditionnels et qui se place en dehors des querelles intestines de politiciens basées sur des décennies d’intolérance,

  • Qui soit porteur d’une histoire, d’une tradition, et qui symbolise une ère marquée par la préservation de l’unité nationale, de l’équilibre interrégional.

  • Qui symbolise un nouvel ordre économique indispensable pour le développement de la Guinée.

  • Qui soit capable de renouveau moral pour ne s’être jamais compromis avec les clans qui ont dilapidé les ressources du pays.

  • Qui soit  l’homme d’un septennat de paix,  de concorde nationale, de relance de la machine économique et de correction de la fracture sociale.

De nombreux compatriotes qui m’ont sollicité, ont la conviction que l’expérience de vingt ans,  acquise dans la gestion économique d’une trentaine de pays africains et les hautes fonctions occupées sur la scène africaine doivent être mises au service de mon pays.

Il est des devoirs auxquels on n’a pas le droit de se dérober.  C’est pourquoi, en phase avec le peuple Guinéen et mes convictions patriotiques, j’ai pris la décision de me porter candidat aux prochaines élections présidentielles. Mon choix n’est dicté ni par des intérêts particuliers, ni par des ambitions personnelles. Si je brigue la présidence de la République, c’est parce que j’ai toujours rêvé de servir mon pays, de lutter avec détermination pour voir et connaître une Guinée prospère où il fera bon vivre. Oui, ma seule ambition est de servir mon pays par la mise en œuvre d’un projet de société dans lequel le peuple guinéen se reconnaît. Ce  projet offrira une alternative durable à l’improvisation affichée jusqu’ici par les pouvoirs publics.

C’est pourquoi, j’appelle solennellement à un rassemblement de tous les patriotes dans un véritable front du changement, du refus de la misère et de l’injustice. Une candidature indépendante aurait constitué le cadre idéal de mon engagement politique, mais les restrictions de la constitution actuelle m’imposent la création d’un parti pour soutenir mon action.  Le Front Patriotique Guinéen (FPG) servira de support à ce projet.

Ce nouveau parti sera ouvert  à toutes les forces vives de la nation,  guidées par un seul Idéal : la volonté du changement. Le FPG unira tous les patriotes autour d’un projet de société et d’un programme de gouvernement fondé sur la compétence, l’intégrité et le dévouement à l’intérêt national. La Guinée doit enfin rompre avec la médiocrité et accepter d’être dirigée par les meilleurs de ses fils. Ce rassemblement est la solution idéale pour éviter au pays de s’enfoncer de plus en plus dans le gouffre du désespoir.

J’estime aujourd’hui, que ce dont le pays a besoin, ce n’est pas d’un politicien rôdé au jeu politique, mais d’un homme neuf dont la politique et les choix économiques recueillent l’adhésion du peuple. Je suis déterminé à participer activement à la défense de l’intégrité de mon pays, à  la consolidation de la démocratie et à  la promotion d’un développement durable. Notre peuple est ingénieux, entreprenant, habitué à affronter l’adversité. Il nous faut maintenant un fédérateur d’énergies. La Guinée a besoin d’un Président capable de mobiliser des financements et de les gérer pour un développement harmonieux.

Le nouveau Président doit répondre aux aspirations des Guinéens et satisfaire leurs espérances par la mise en œuvre de mesures concrètes immédiatement perceptibles. Si Dieu décide que je sois l’élu du peuple, je mettrai en place un gouvernement d’union et  de large ouverture avec des hommes nouveaux : une nouvelle génération d’hommes propres, intègres, aptes à créer de la richesse pour éradiquer la pauvreté et la misère dans notre pays.

Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur les maux dont souffre la société guinéenne. Il ne s’agit pas cependant, d’occulter les causes et les conséquences de la crise politique, économique et sociale que traverse notre pays. Les causes sont multiples et connues de tous. Elles se résument en un seul mot : la mal gouvernance, dont les conséquences incalculables expliquent la souffrance des Guinéens au quotidien.

Cette mal gouvernance est favorisée par une crise de légitimité et une crise institutionnelle qui empêchent tout contrôle de l’exercice du pouvoir par le peuple souverain. Les principales institutions de la République (Assemblée Nationale, Cour Suprême, CENA, Primature) ne sont pas crédibles et ne peuvent jouer pleinement leur rôle d’équilibre du pouvoir. A cela, il faut ajouter un système judiciaire gangrené par la corruption.

Il faut donc s’attaquer à tous ces maux dans leurs racines profondes et préparer les conditions pour la reconstruction et le développement de notre pays dans la sécurité, la justice et la stabilité. Il s’agira essentiellement de :

1.    rompre avec l’instrumentalisation démagogique et rassembler les Guinéens autour d’une ambition commune : la prospérité de la Guinée.

2.    mettre en place des institutions crédibles chargées de gérer les affaires publiques et appliquer la même justice à tous en traitant tous les citoyens avec équité.

3.    développer de manière soutenue, la culture de l’intégrité dans la gestion des affaires de l’Etat.

4.    concevoir un projet de société conforme aux exigences de notre temps.

5.    réorganiser et moderniser l’Etat sur la base d’une plus large décentralisation du pouvoir.

6.    mettre le développement au cœur du projet de société et proposer un programme économique cohérent tourné vers la croissance.

7.    réorganiser l’économie de manière à redonner aux secteurs primaire et secondaire, toute leur importance et créer les conditions favorables à l’initiative privée des jeunes.

8.    créer un environnement propice à l’investissement privé en redonnant confiance aux investisseurs nationaux et étrangers grâce à une réforme complète du système judiciaire.

9.    restaurer les infrastructures économiques de base : eau, électricité, télécommunications et routes.

10.  réformer le système monétaire et bancaire par une adhésion à la zone CFA, seule capable de nous garantir une monnaie stable et une orthodoxie financière face aux dérives actuelles de la Banque Centrale.

11.  négocier avec les bailleurs de fonds l’aménagement de la dette et aboutir  a terme à une annulation partielle ou totale de celle-ci.

12.   promouvoir un meilleur accès des femmes à l’éducation,  à l’emploi et aux postes politiques.

13.  réformer l’enseignement à tous les niveaux et l’arrimer à une véritable culture de l’entreprise

14.  préparer l’avenir de la jeunesse par une formation adéquate tournée vers l’insertion dans la vie active.

Pour relever tous ces défis qui nous interpellent, la volonté d’un homme ou d’un seul parti ne saurait suffire. C’est pourquoi, j’invite à me rejoindre dans ce combat pour la Reconstruction de la Guinée, toutes les bonnes volontés qui croient encore que notre peuple est capable d’exiger et d’obtenir un changement radical dans la manière de gouverner notre beau pays.

J’ai la conviction que l’heure du sursaut national que les Guinéens appellent de tous leurs voeux a sonné. Notre pays retrouvera avec l’aide de Dieu, son dynamisme économique et sa dimension politique dans le concert des nations.

Chers compatriotes, changeons la Guinée, aujourd’hui et maintenant …

Almamy Ibrahima BARRY

  • Ancien représentant de la B.A.D auprès de la C.E.A, de l’O.U.A et du gouvernement éthiopien

  • Ancien directeur régional de la B.A.D pour l’Afrique Centrale et pour l’Afrique du Nord

  • Ancien administrateur de la Banque de Développement des Etats des Grands Lacs (B.D.G.E.L)

  • Ancien administrateur de la Banque de Développement des Etats d’Afrique Centrale (B.D.E.A.C)

  • Ancien membre du comité d’aide au développement de l’O.C.D.E

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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