dimanche 1 août 2010
De la nécessité de la réforme du système électoral et du système de gouvernance en Guinée – 1ère partie : Le système électoral
Abraham Diallo

Dans toutes les grandes démocraties du monde – anciennes ou nouvelles –, des systèmes de vote sont utilisés pour choisir les leaders du moment. Que ce soit pour élire démocratiquement le maire de la ville, les gouverneurs de régions, les députés du parlement, le Président de la République ou le Premier Ministre (comme c’est le cas en Angleterre), le choix du système de vote résulte de la volonté des leaders politiques à vouloir asseoir les conditions d’une bonne gestion des affaires de l’État.

La bonne gouvernance, la paix et le développement sont des résultants de fortes structures gouvernementales et des systèmes de gouvernance adaptés, donc capable de régir efficacement les rapports entre le citoyen et l’État, et entre les différentes structures elles-mêmes. En Guinée, le choix des structures et des types de système ne sont pas souvent inspirés par l’utilité. Ceci est le cas typique du système de gouvernance et du système électoral. Dans cette première partie, nous parlerons de la nécessité et des avantages de la reforme du système électoral guinéen.

Quel est le problème avec le système de vote actuel en Guinée ?

Ce système est appelé le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. C’est le même système utilisé aussi bien en France que dans de nombreuses anciennes colonies.

En Guinée, souvent, on a tendance à copier loyalement tout ce que la France utilise comme système de gestion, de contrôle, etc. Il est évident que la cause de cela n’est pas aussi lointaine – nous avons été colonisés (heureusement ou malheureusement), par les Français, desquels nous avons hérité des systèmes et pratiques qui ne sont pas toujours adaptés à nos réalités sociales.

Bien qu’il n’y ait pas une démocratie parfaite, le système de vote actuel utilisé en Guinée pour l’élection du Président de la République est un autre risque qui affecte directement et indirectement la quiétude sociale dans le pays. Dans le système uninominal majoritaire à deux tours, les électeurs sont appelés à choisir un candidat parmi plusieurs. Le candidat qui obtient la majorité absolue des voix validement exprimées (plus de 50%), est déclaré gagnant. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, un second tour est organisé dans les deux semaines qui suivent, opposant les deux candidats qui ont obtenus le plus de voix.


 

Le problème est que, en Guinée, il est quasiment impossible de voir seulement deux candidats en compétition pour les présidentielles. Comme on l’a bien constaté cette année, il y avait 24 candidats retenus. On ne sait pas combien se présenteront pour les présidentielles de 2015. Aussi, il y a une forte possibilité que le vote du premier tour du scrutin ne produise pas (ou rarement) un gagnant.

Le système du scrutin uninominal à deux tours utilisé actuellement en Guinée pose de multiples problèmes :

·    Le système peut, financièrement, coûter très cher au pays. Il y a trois élections qui seront organisées en moins de deux ans : les élections présidentielles (considérant les deux tours), législatives (pour élire les députés) et communales (pour élire les maires et chefs de quartiers). La Guinée pourrait plutôt utiliser une part de cet argent dans les projets d’éducation, santé publique, infrastructures, etc.

·    Une forte possibilité, à chaque élection, de produire des gouvernements de coalition. Pour un pays comme la Guinée, nous n’avons pas besoin de gouvernements de coalition, car ce type de gouvernement est généralement caractérisé par sa faiblesse et sa fragilité ; incapable d’effectuer des changements radicaux et quasiment impossible d’exécuter le programme de société du parti majoritaire.

·    Endettement du pays : pour organiser les élections ultérieures, la Guinée, pays pauvre, aura nécessairement besoin d’un prêt d’argent, ce qui va, par voie de conséquence, augmenter sa dette extérieure, et cela pourrait avoir des retombées et sur le président élu, et pour la nation elle-même,

·    Sans pour autant oublier tout le stress dont souffrira l’électorat avec le scrutin à deux tours : le risque d’accidents de circulation causés par des militants zélés est multiplié par deux ; le risque d’avoir des clashes interethniques est doublé, et le risque d’instabilité politique résultant des problèmes susmentionnés,

·    Avec le système actuel, la jeune démocratie a moins de chance de grandir puisque son évolution est compromise dès sa naissance. Ceci nous amène à envisager un autre système de vote.

Quelle est l’alternative au système du scrutin uninominal à deux tours ?

Il convient de rappeler que l’objectif du vote est d’élire un président légitime, accepté par au moins la grande majorité des Guinéens si ce n’est pas par tous. Bien que ces élections soient les premières démocratiquement organisées en Guinée, nous devons planifier l’avenir de la jeune démocratie guinéenne afin qu’elle évolue vers le stade ultime de sa maturation.

L’alternative à considérer pourrait être: le vote alternatif (VA).

Fonctionnement du Vote Alternatif

Le vote alternatif est un peu similaire au scrutin uninominal à deux tours ; les deux différences les plus apparentes sont :

·    Avec le vote alternatif, un seul tour suffit pour produire un gagnant,

·    Contrairement au système actuel, au lieu de marquer une seule croix devant un seul candidat, avec le VA, l’électeur marque les candidats par ordre de préférence. Il va ainsi marquer le chiffre 1 devant sa première préférence, le chiffre 2 devant sa deuxième préférence, 3 devant sa troisième préférence et ainsi de suite.


 

Le candidat qui obtiendra la majorité absolue (plus de 50%) des votes de première préférence sera déclaré gagnant. Si aucun candidat n’obtient la majorité avec les votes de première préférence, le candidat qui a obtenu le moins de votes de première préférence est éliminé. Ce qui a pour effet de majorer les suffrages des candidats restants. Ainsi, les secondes préférences des électeurs qui avaient voté pour le candidat éliminé sont redistribuées respectivement aux autres candidats. Si, à ce stade, aucun candidat n’obtient la majorité requise, le processus est répété jusqu'à ce qu’un candidat obtienne la majorité absolue (plus de 50%).

Exemple : prenons une population donnée de 100 électeurs. Nous avons quatre candidats et le scenario suivant se présente, après avoir comptabilisé toutes les premières préférences des électeurs :

·    Candidat A obtient 16%

·    Candidat B obtient 42%

·    Candidat C obtient 32% et

·    Candidat D obtient 10%.

Constatant qu’aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue (plus de 50%) avec les premières préférences, Candidat D est éliminé puisqu’il a obtenu peu de voix. La seconde étape est de comptabiliser toutes les deuxièmes préférences des électeurs qui ont choisi le candidat éliminé, et on les attribue aux trois autres candidats restants. Disons que 3% des électeurs qui ont voté pour le candidat éliminé avaient choisi, comme deuxième préférence, Candidat A. 5% avaient choisi Candidat B comme deuxième préférence. Et 2% avaient choisi Candidat C comme deuxième préférence. Ce qui nous donne ceci :

·    Candidat A obtient 19%

·    Candidat B obtient 47%

·    Candidat C obtient 34%.

Aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue. Donc, Candidat A qui a obtenu moins de voix, est éliminé. Les deuxièmes préférences des électeurs qui avaient voté pour lui (16%) sont ainsi comptabilisées et réparties entre les deux candidats restants. Disons que 6% avaient choisi Candidat B comme deuxième préférence ; et 10% avaient choisi Candidat C comme seconde préférence. Ainsi, nous avons :

·    Candidat B obtient 53% (déclaré élu)

·    Candidat C obtient 44% (perdant).

En ajoutant les secondes préférences du ou des candidats éliminés, il se peut parfois qu’il y ait égalité de voix. Dans ce cas, le candidat ayant obtenu le moins de voix, avant la majoration, est éliminé. Aussi, si les voix d’un candidat sont égales ou supérieures à la somme des voix de tous les autres candidats, celui-ci est déclaré élu.

Adaptabilité en Guinée

Sachant que la majorité des Guinéens est illettrée, ce système peut bien être adapté dans notre pays. Bien que cette majorité ne sache pas lire, elle peut compter dans la langue maternelle. Donc, cette majorité peut marquer avec un (1) seul tiret vertical « I » pour exprimer la première préférence ; deux (2) tirets verticaux « I I » pour exprimer la deuxième préférence ; et finalement trois (3) tirets verticaux « I I I » pour exprimer la troisième et dernière préférence.


 

Usage du Vote Alternatif (VA) dans le monde

Ce système est utilisé par les Australiens depuis le début des années 1900 pour élire leurs députés. Le VA est utilisé dans beaucoup d’autres pays. Il est le système utilisé dans les pays suivants :

·    Australie pour élire les députés,

·    République d’Irlande pour élire le Président et aussi au Parlement,

·    Irlande du Nord pour élire leurs députés,

·    Papouasie pour élire leurs députés (1964-1975) et depuis 2007,

·    Iles Fidji pour élire les députés et

·    Etats-Unis pour élire les maires dans plusieurs villes.

L’usage du vote alternatif, ou sa variante (le vote supplémentaire), a été adopté pour les élections présidentielles en Bosnie et les élections des maires de Londres et de San Francisco.

Les désavantages du VA sont souvent très négligeables, comparés à ceux du système uninominal à deux tours. En Guinée, le système proposé aura moins de problèmes. Ceux qui argumentent contre le VA disent que ce système nécessite que l’électeur soit lettré. Ce qui pourrait être résolu dans les années à venir, surtout avec la volonté du futur gouvernement à investir dans l’éducation. Certains soutiennent aussi que le VA fait de telle sorte que le candidat le moins connu par l’électeur ne bénéficie pas du vote de 2e ou 3e préférence. En Guinée, cela fera de telle sorte que les politiciens soient très actifs sur le terrain. Ils seront aussi très proches de l’électeur et écoutent les Guinéens de toutes les quatre régions naturelles.

Avantages du Vote Alternatif (VA)

La Papouasie Nouvelle Guinée, ethniquement plus diverse que notre Guinée Conakry, a réussi avec succès la conciliation interethnique en utilisant le vote alternatif depuis les années 1960-70.

Avec le système du VA, un seul scrutin électoral suffit pour départager tous les protagonistes. D’autres avantages sont :

·    Le VA reflète largement la volonté populaire. Avec le VA, les partis extrémistes n’obtiendront pas beaucoup de votes de seconde préférence,

·    Le VA, contrairement au système actuel, produit rarement des gouvernements de coalition. Sachant que les gouvernements de coalition ne sont pas généralement de forts gouvernements,

·    Le Vote Alternatif évite les scenarios « tout sauf Candidat X ». Dans un pays comme la Guinée, le système uninominal à deux tours qui encourage le « vote ethnique », occasionne de graves conséquences sur la quiétude sociale,

·    Le VA incite les différents candidats à aller vers tout l’électorat, à la quête des votes de deuxième et troisième préférences. Ce qui nous éloigne de « l’ethnisation » des élections et nous rapproche de l’idée de valoriser davantage tout l’électorat, quelle que soit l’ethnie ou la région,

·    Les programmes de société seront conçus de telle sorte à bénéficier à tous les Guinéens puisque les candidats convoiteront l’électorat qui votera pour eux comme deuxième et troisième préférences,

·    Le VA n’encourage pas la croissance des partis extrémistes. Il tend plutôt à encourager les partis politiques à devenir plus centristes. Les politiciens ne se limiteront plus à leurs fiefs habituels. Et cela limite les campagnes négatives truffées de messages ethnocentristes et discriminatoires ; puisque si un candidat doit convaincre les militants des autres partis de le choisir comme préférence no 2, ce candidat serait plutôt beaucoup plus courtois avec les militants des autres partis,

·    Les politiciens sont obligés d’écouter tout le peuple. Il nous serait très facile de constater « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Avec le VA, un seul tour est suffisant pour obtenir une majorité ABSOLUE. Ce qui nous économise aussi en argent et évitera forcement de mettre tout le pays en « stand-by » pour un temps, parfois indéfini, à l’attente d’un second tour. Avec le VA, le gaspillage de votes est aussi très limité. Enfin, un autre avantage est que les « grands partis » sont toujours obligés de respecter les « petits partis ».

Il est évident qu’il y a de fortes tensions sociales entre les différentes ethnies. Epouser un système qui, dans le futur, ne fera qu’irriter nos différends, ne serait pas intelligent. Le système de vote actuellement utilisé en Guinée (scrutin uninominal à deux tours) vient avec un bagage de problèmes pour les pays africains où l’ethnie ou l’origine joue encore un grand rôle dans la société.

Nous devons rappeler que la situation géographique de la Guinée fait de telle sorte que, tout système que nous copions chez les autres, nous devons impérativement chercher à l’adapter à nos réalités sociales. Selon les dernières estimations (cia.gov), les Peuls, les Malinkés et les Soussous représentent respectivement 40%, 30% et 20%. Les autres 10% de la population guinéenne sont composés de plusieurs ethnies dont les Kissis, Guerzé, Kpelé, Toma. Avec un système de vote aussi inapproprié ou inadéquat que le système uninominal à deux tours, il est très facile qu’une de ces trois grandes ethnies se sente biaisée. Sans trop comprendre la cause de la défaite, on s’attaquera rapidement aux structures de l’État ou aux commis de celui-ci. Le débat sur la nécessité de cette réforme ne doit pas être une vision pour résoudre le problème des élections de 2010 ; mais plutôt pour celles ultérieures.

Il ne sert a rien de vouloir s’accrocher à un système pour élire démocratiquement nos dirigeants si ce même système pourrait être à la base ou contribuer à notre propre misère démocratique ; surtout s’il y a des alternatives qui pourront faire le même travail avec moins de problèmes. Le VA est un ajustement de l’inadéquat système que nous avons actuellement. Le VA est aussi simple que 1, 2, 3.

Enfin, c’est l’opportunité d’attirer l’attention du futur gouvernement sur la nécessité d’engager le débat sur la réforme électorale en Guinée. Les débats constructifs nourrissent la démocratie.

Le prochain article s’articulera sur la nécessité de la réforme du système de gouvernance en Guinée. Faut-il continuer avec le système présidentiel ou faut-il adopter un régime parlementaire ? Nous parlerons aussi de la formation et composition des partis politiques, syndicats, etc.

A suivre.


Abraham Diallo

www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Abraham Diallo, vendredi 6 août 2010
J`ose croire que, qui qu`il soit le victorieux du 2nd Tour, le debat puisse avoir une importance capitale. Je vous remercie encore pour vos differentes contributions. Je suis convaincu que si on fait une etude pilote dans une de nos prefecture lors des futures elections, 2015, 2020, les resultats seront encourageants. Bien á vous.
alpha A. Bhouria, jeudi 5 août 2010
Bravo.. Mr Abraham...c`est une grande solution pour la nation guineenne..ducourage
Alhassane Toure, USA, mercredi 4 août 2010
Tres belle analyse et je souhaite que ces genres de debats continuent sur les sites Guineens. Guineactu doit mettre une rubrique destinée á des articles de ce genre. Je rejoind Mr Abraham dans son analyse. Meme si, comme le dit Oumou et d`autres, les hommes peuvent etre des problemes, la force des structures resident dans leur performance et les mechanisme mis en place pour forcer ou inciter les hommes qui dirigent ces structures de bien se comporter et d`agir dans les regles. Ce systeme peut bien s`adapter á la guinee. la guinee est pauvre et tout moyen qui puisse nous sviter des depenses unitiles et des tensions ethniques, utilisons cela. Nous devons mesurer et respecter la valeur humaine pour penser aux futures generations. C`est ce qu`á fait notre compatriote dans cet article. Je pense que c`est un bel article. Well done!
Abraham Kota Loua, mercredi 4 août 2010
Malgré que j`ai reussi a apprecié votre papier plus bas, j`aimerais savoir sur quel base de calculs demographiques se servent les ethnostratèges pour arriver aux differentes pourcentage attribué à chaque communauté. Il vous faut encore plus d`études dans ce domaine car ce-ci que de vous servir des chiffres de ces paresseux "intellectuels". Merci pour ton analyse!
Diallo A, mercredi 4 août 2010
je suis telment contante de lire ce t`article je voudrais avoir l`adresse email de M.Abraham merci
Bah Boubacar, mercredi 4 août 2010
Au fond je trouve que ce pqpier de Mr Diallo es tres interessant. Je pense que le probleme de la guinee n`est pas un probleme de type d`election ou de gouvernement. Pour que ce pays sorte de son etat actuelle, il faut que tous les guineens s`engagent a travailler et que chaque guineen se demande qu`est ce qu`il peut faire pour la guinee? Pendant ces elections, on a vu des candidats qui etaint capables de debloquer $100 000.00 U.S. juste pour se presenter sachant qu`ils ne pourront jamais faire un score de 5%. Ces candidats aurraient du investir ce montant dans leur villages respectifs pour construire des salles des classes ou des centres de santes. Quelque soit le mode d`election ou le type de gouvernement que la guinee va instaurer, si les guineens ne changent pas de mentalite, on irra nulle part. Je vous donne un example. Il n`ya pas la democracie en Chine, mais sachez la chine vient just de surpasser le japon au rang de l`economie mondiale. La guinee a 50 ans d`independance. Pas d`eau potable, pas d`electricite, pas de feux de signalisation meme dans la capitale. C`est vraiment dommage.
Gandhi, mardi 3 août 2010
Chaque système a ses avantages et inconvénients, mais au lieu d`importer des kits faits ailleurs pour d`autres, regardons ce que nous voulons pour la Guinée, et ne confondons pas technique électorale et démocratie. Un système simple serait de demander aux partis politiques (dans l`immédiat), quels pouvoirs ils souhaitent s`accorder lorsqu`ils sont au pouvoir et quelles garanties ils désireraient obtenir en tant qu`opposants (par exemple des passages réguliers à la TV et à la radio, une minorité de blocage à l`assemblée, des présidences de commission ou d`organes de contrôle, etc...). En fonction du consensus obtenu, il s`agira d`adapter les techniques électorales et constitutionnelles aux principes retenus. La démocratie est le pire des systèmes, mais il n`y a pas mieux disait Churchill. En démocratie véritable, la loi du nombre s`exprimera toujours, quelles que soient les techniques utilisées, et c`est bien ce qui fait peur à certains aujourd`hui. A part quelques extrémistes, il n`y a pas de racisme ethnocentriste en Guinée, mais il y a une tension liée au fait que si la loi du nombre s`exprime, arithmétiquement ce seront toujours les mêmes qui l`emporteront. Dans des dictatures, par définition la loi du nombre n`a aucune importance. Pourquoi croyez-vous par ailleurs, que la diaspora ait été reléguée à 1% du corps électoral ? Au lieu de se cacher les yeux, abordons le problème et pour rassurer les minorités, garantissons, - y compris constitutionnellement - le droit de tous à être représentés ou à avoir son mot à dire, tout en n`empêchant pas un gouvernement d`agir. Lorsque nous aurons trouvé cet équilibre, avec un gouvernement qui respecte les règles qu`il a édictées, alors il fera bon vivre au pays. Si on continue à disserter sur les insuffisances de tel ou tel aspect, on va continuer à le faire pendant longtemps, parce que rien n`est parfait. Ne discutons plus de ce qui ne va pas (on sait tous le faire), mais faisons des propositions qu`on peut discuter. Pour en terminer avec la proposition d`Abraham Diallo, inversons la démarche et commençons par examiner ce que nous souhaitons (ou voulons éviter), et adaptons (créons) une technique électorale et/ou constitutionnelle qui réponde à ces besoins.
Ansoumane Doré, mardi 3 août 2010
Comme un grand nombre de ceux qui viennent de s`exprimer je dis un grand merci à Abraham Diallo pour cette contribution pédagogique.
dimo, mardi 3 août 2010
merci mr diallo je demende a tous les intello guineen de faire comme lui pour ns chercher la solution a nos problem ns somme pauvre pas par manque de moins mais pour les depense unitil merci a tous ce qui ont reagi a cet article. dimo brighton angletere
Namory, mardi 3 août 2010
Abraham- Give me a call if you can. Je partage l`analyse de Oumou et de Sekou oumar sur l`impracabilite de ce systeme dans une election presidentielle. Je continue de croire que les textes de lois en Afrique sont parfois excellents mais pas appliques.Demandez aux hommes d`affaires s`ilS font confiance a notre systeme judiciare et pourtant outille d`un bon texte de loi qui est l`OHADA...Felicitations oumou pour cette belle analyse et mes encouragements a Abraham pour avoir suscite le debat.
Diallo Habib, mardi 3 août 2010
Il faut, au demeurant, encourager Abraham pour avoir entamé une piste de reflexion dans ce sens. Je partage absolument l`analyse de Mme Oumou concernant les avantages et inconvenients du mode de scrutin majoritaire à deux tours qui obligent des coalitions, alliances entre partis politiques afin de conquerir le pouvoir. Le systeme électoral actuel dans notre pays est, a mon avis bon et j`estime comme Oumou que les problemes auxquels nous faisons face n`ont leurs racines ni dans la mode de scrutin ni dans le type de regime (parlementaire ou presidentiel).Nous avons une crise de veritable leadership dans notre pays. Notre classe politique est intellectuellement de plus en plus pauvre ( l`intellectuel ne se mesure pas par le niveau d`etudes donc evitons les amalgames). Je ne souhaite pas reprenddre cette brillante analyse de Mme oumou que je partage et ne pourrais que l’appuyer ( les constitutionalistes vous diront l`instabilite politique que la France a traverse du faut du regime parlementaire et pire je ne crois pas qu`en afrique ce regime soit meilleur que celui presidentiel;regarder la qualite des leaders politique, le pouvoir de l`argent? toutefois, je pense Abraham a beaucoup de credit pour avoir susciter le debat sur cette question. Je suis de ceux qui crois fermement que la solution aux disfonctionnement de notre democratie ne reside pas dans les textes de lois ( l`Afirque dispose des meilleurs textes de loi qui sont rarement appliquees; la Guinee est signataire de l`OHADA mais poser la question aux hommes d`affaires s`ils feront confiance a notre systeme judiciaire) mais dans le maque criard de la poursuit du sacro-saint interet general. Lorsqu`on decide d`etre un homme politique ou un fonctionnaire, l`on doit absolument se mettre au service de l`interet general. C`est malheureusement cette notion de la pourusite de l`interet general qui est totalement absente aujourd`hui dansn nos pays
OUmou, lundi 2 août 2010
Je crois qu`il convient de ne pas confondre ce systeme de choix preferentiel qui sied parfaitement a un systeme parlemantaire ou le President voire le premier ministre est elu par les deputes. Le problemes que vous avez soulever dans votre article n`ont rien avoir avec le mode de scrutin.D`ailleurs, les specialites du droit constitutionnel vous diront que le mode de scrutin majoritaire a deux tours presentent plus d`avantages que celui a un tour d`ou sa popularite dans les pays africains. Pourquoi le syteme actuel est meilleur? Contraire a votre these, c`est un vrai rempart contre l`ethnocentrimse car le mode de scrutin force a des alliances entre les differents partis politiques qui ont, comme on le constate en guineee, une forte base ethnique. La preuve UFDG est force a faire alliance avec l`ufr; rpg avec differents partis politiques. Ce systeme a deux tours evitent la domination d`un seul parti politique qui serait issue d`une seule ethnie. Si le systeme etait a un tour l`ufdg aurait ou le rpg aurait remporte seul les elections sans la participation des autres couches sociles qui auraient votes pour d`autres faiblement implantes au fouta et en haute guinee. C`est la raison pour laquelle la majorite des pays africains, au sortir des differentes conferences nationales ont choisi le scrutin majoritaire a deux tours. Je ne suis non plus certain le que le regime parlementaire soit le mieux indique pour la guinee. La preuve, avec le systeme presidential nous avons plus de 100 partis et 24 candidats. Le regime parlementaire aurait aboutu a l`election de deputes a la moralite douteuse, incompetents comme pullulent les assemblees nationales africains qui aurait trahi le peuple, abuse de leur mandat pour sceller des alliances sur leur dos pour elir eux-memes un president de la republique. Ce n`est pas uen democratie directe qui mettra dans les mains du peuple le choix de celui qui est charge de les diriges. Abrahm, le proble actul ne reside pas dans les differents types du scrutins ni en la qualite des textes qui prevaut en guinee, qui sont parmi les meilleurs, mais le probleme reside au niveau de la qualite des hommes et de classe politique qui est de plus en plus mediocre en guinee. Si vous poussez votre recherche vous verrez que partout en Afrique, l`on adopte un mode de scrutin a deux tours sauf dans les pays ou le president sachant qu`il n`est pas populaire recours a scrutin majoritaire a un tour.De plus une democratie parlementaire n`aura de sens que dans des pays ou les partis politiques sont marques par une division ideologique comme en angleterre ou aux usa. Labour/Conservative etc. En Guinee la question ne reside pas a ce nouveau. Je pense que le syteme presidential est le meilleur pour l`afrique ou en tant que citoyens je vote pour un candidat et non une democraite indirectes ou des deputes verreux iront voter a ma place. Le systeme anglais qui est parlemenatire et ou on vote plus pour un parti politique que pour un candidat est ideal pour AV mais pas dans nos democraties naissantes ou le parti se confond a son leader. Le Sekou Oumar, le probleme est moins lies au systeme politique qu`aux hommes charges de l`appliquer....optez pour un systeme parlementaire et vous verrez ques les faux deputes iront elir un faux president en votre nom. Savez-vous que les assemblees nationales africianes sont les plus corrompus au monde. Au congo les deputes vendent aux encheres les votes a l`assemblees nationnales et font de la surrencheres...Un tel systeme sera pire que le systeme presidentiel
tiekourani, lundi 2 août 2010
M.Diallo vous ne connaissez pas votre pays.Je trouve votre analyse pertinente mais connaissant le niveau de la majorité de mes comopatriotes ils ne comprendront rien.
Abraham Kota Loua, lundi 2 août 2010
Franchement rien à dire, merci pour ton enorme travail de recherche sans passion ni haine. Bien à toi sincerement!!!
M.L.SIDIBE, lundi 2 août 2010
Toutes mes felicitations Mr DIALLO pour l`effort d`analyse et de reflexion, pendant que beaucoup passent leur temps à deverser la haine. Cette proposition est interessante et merite d`être étudiée serieusement. Seulement, elle ne risque pas d`être applicable avant 15 à 20 ans, vu le tau d`analphabetisme en guinée. C`est presque du chinois, même pour certains qui ont le niveau primaire. Bon courage!
Sékou Oumar Camara, lundi 2 août 2010
Merci Sékou pour le professionnalisme dans le commentaire. Thierno suggère que nous pourrions instaurer en Guinée un régime parlementaire, ce qui effectivement permettrait de réduire considérablement le budget électoral. Dans tous les cas, j`estime que la "VRAIE TRANSITION" va commencer avec le président de la République élu. Il lui reviendra de mettre toutes ces questions institutionnelles sur la table de discussion. Après avoir pratiqué (sinon subi) 52 ans de présidentialisme, il serait peut-être souhaitable d`expérimenter un autre système. Gageons surtout que le futur PRG n`a pas une mentalité d`autocrate!
Thierno, lundi 2 août 2010
Il y`a un systeme simple, economique, transparent et tres efficace. Faire elire le president par le parlement comme ca se fait en Afrique du Sud. Seul le parlement sera elu au sufrage universel direct
Sékou Falil Doumbouya, lundi 2 août 2010
Merci M. Diallo pour votre proposition qui pourrait bien contribuer à alimenter un débat public sur l’approfondissement de la mise en œuvre du principe démocratique dans la sphère politique en Guinée (même ailleurs !). Effectivement, il vaut la peine de s’interroger sur les recommandations du principe démocratique dans le domaine des règles électorales. Mais, je ne suis pas très convaincu de l’argumentaire basée sur les coûts dans la mesure où il existerait des règles électorales moins couteuses que celle du scrutin uninominal à deux tours (utilisée pour l’élection de notre président) ou celle du vote par assentiment (ou vote alternatif dans votre texte). Par exemple, le vote uninominal à un tour (utilisé dans les élections présidentielles au Gabon, au Togo) est moins couteux même s’il n’est pas recommandable pour la Guinée. Je pense qu’il faut plutôt souligner l’argumentaire que l’application du principe démocratique (=répartition du pouvoir en proportion des intérêts en présence) n’est pas aisée s’il n’y a pas un consensus sur l’identification et la mesure des intérêts en cause et que cette incomplétude du principe a le mérite de révéler les choix éthiques qui doivent être faits dans ce domaine. A cet égard, on peut regretter que les responsables politiques, et le débat public en général, restent sourds aux travaux des chercheurs qui étudient les avantages et les inconvénients des différentes méthodes de vote. Il est bien connu que la méthode du scrutin uninominal à deux tours a perturbé grandement le résultat de l’élection présidentielle 2002 en France (avec la montée de Jean Marie Le Pen au deuxième tour). L’un des avantages de votre proposition de vote par assentiment est qu’elle ne donne aucune chance, ni de gagner ni même de perturber le jeu politique, à un candidat qui est inacceptable aux yeux d’une grande partie de la population. Cette méthode n’est sans doute pas parfaite, car les recherches dans ce domaine ont montré qu’aucune méthode ne l’est, mais il serait bon qu’un véritable débat, appuyé sur les travaux des spécialistes, s’engage sur ces questions. Plus concrètement, des chercheurs guinéens pourraient être encouragés/autorisés de profiter du scrutin officiel 2015 (premier tour du vote uninominal) pour dérouler un test d’expérience du vote par assentiment auprès d’un échantillon de bureaux de votes. Les résultats de ce test seront comparés à ceux du vote uninominal (scrutin officiel) et le débat sur la réforme des règles électorales peut viser l’horizon 2020.
Sékou Oumar Camara, lundi 2 août 2010
C`est un papier qui peut effectivement servir de matière à débat, même si j`ai beaucoup de doutes quant à l`applicabilité du vote alternatif...
Mamady BERETE, lundi 2 août 2010
Votre démarche un bon, mais pas en Guinée, une population de plus de 75% d`analphabète, le bulletin unique de premier tour a fait pas mal de problème, non seulement pour les partis plique mais aussi les membres de bureaux de vote. Qui s’est couronné à tricherie flagrante. Ce la ne sera que le vote des s’intellectuels, ou on assoir les gens dans isoloirs pour faire apprendre noter les candidats comme vous le dite, vous êtes trôs économiste, s’il y a bonne gouvernance les dépenses des votes ne vaut rien monsieur, un ministre guinéen empoche par un plus que vous pensé essayons avec des nouveaux personnes ça ira.
Conté, dimanche 1 août 2010
Abraham ta démarche elle est noble dans un pays ou l`on tient compte du programme du parti ce qui n`est pas le cas chez nous . En adoptant le système que tu propose mon frère c`est suicidaire pour le moment pour la guinée vu ce que` on a vu au 1er tour de cette élection en adoptant ton système le président viendra toujours de fouta vu qu`on vote pour une seule personne labas moi je préfère le système actuel il faut seulement l`amélioré en matière de transparence
Abdoulaye Diallo, dimanche 1 août 2010
le seul jugement sur ton nom de famille: "A yettaaka Bah". Tu n`as pas écris du n`importe quoi...Bravo Abraham! Ce systheme de vote alternatif dont tu defends ici doit être le model guinéen en 2015 si nous voulons vraiment éviter le vote ethnique. J`attends impatiament ton second article. Merci! Abdoulaye Diallo, Rotterdam

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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