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Rien de positif et de durable ne pourra être obtenu dans un débat en Guinée dans l’état actuel de la situation que si les deux camps qui négocient bénéficient des mêmes moyens. Et dans la situation actuelle de la Guinée il y a d’un côté des militaires qui ont hérité d’une culture de la loi du plus fort physiquement ou avec des armes. Et de l’autre côté il y a des politiciens et ceux qui les supportent; eux, comme les militaires ont vécu et grandi dans la même culture.
Comment trouver une solution crédible pour instaurer la stabilité, l’ordre, et éventuellement la démocratie semblable à celle que vivent les pays occidentaux?
À mon avis, il faut se questionner sur la possibilité d’un débat d’égal à égal, mais comment? Quand une partie a quelque chose de plus que son interlocuteur; c’est-à-dire une force militaire. Et puisqu’il s’agit de la Guinée il faut se référer à la culture guinéenne qui donne toujours raison au plus fort ou à la personne plus forte matériellement parlant, qu’il ou elle se trompe ou pas. Le mari dans le cas d’un couple, l’homme ou le père dans une famille ou très rarement une femme forte avec des moyens financiers ce qui est plutôt exceptionnel mais cela arrive. Et comme il est question d’un pays, dans ce cas le président! Voilà tout le problème.
Les militaires et les politiciens veulent vivre dans un pays moderne cela ne fait aucun doute, mais aucun d’entre eux ne veut renoncer à ce qu’ils et elles appellent valeurs culturelles importantes ou coutumes cependant, aucun d’eux ne peut en son âme et conscience expliquer les raisons d’être de ces valeurs qu’ils et elles considèrent importantes aujourd’hui en comparaison avec les idéaux d’une nation moderne et tout ce que cela implique.
Pour savoir à quoi renoncer. Pourquoi renoncer? Et quand renoncer à ces valeurs qui de toute évidence ne donnent pas les résultats escomptés.
Je me souviens que quand une femme se faisait battre par son mari, ceux qui venaient pour la consoler lui recommandaient de ne plus recommencer! Et vous avez une partie non négligeable de la réponse à la situation guinéenne.
Par exemple, quand on veut mettre en place une commission, un groupe de réflexion ou de sage on pense tout de suite subjectivement à l’âge des membres, à leurs sexes, leur religion et ceux qu’ils appellent probité morale.
Un cercle vicieux, et on recommence encore et encore…
Je me questionne.
Est-il concevable dans la culture guinéenne que des jeunes soient plus sages que leurs parents ? Est-il possible pour les parents guinéens d’accepter de s’effacer et faire confiance à leurs enfants, attendre que ces derniers sollicitent leurs conseils ? Serait-il possible pour eux de s’abstenir de s’immiscer à tout et à n’importe quoi et attendre SAGEMENT que l’on vienne les solliciter? Quand je dis parents je veux dire tout ceux et celles qui sont nés avant l’indépendance de la Guinée!
Maintenant pour revenir à l’objet de cet écrit, qui est la nécessité d’une force d’interposition, je crois qu’elle est nécessaire et devrait être sollicitée par toutes les personnes de bonne volonté afin d’instaurer un climat de sérénité pour ceux qui veulent une transition vraie sur une base solide.
Nous sommes en face de la même culture avec les mêmes actions qui donneront les mêmes réactions. Des moyens forts pour dissuader les militaires qui voudront imposer leurs volontés d’abord à leurs interlocuteurs civils et politiciens, et ensuite au peuple tout entier. C’est ainsi que ça a toujours fonctionné en Guinée, donc il faut cette force sinon ce sera à recommencer.
On ne débat pas avec son maître, on ne débat pas avec son supérieur, on doit juste subir et se taire! Ce qui a toujours entraîné les violences en Guinée se résume à cela. Maintenant, si nous voulons qu’il en soit autrement, il faudra faire ce qui sera utile.
Quand on argumente avec quelqu’un qui ne se compare qu’aux pires, pas aux meilleurs, qui n’accepte pas d’être contredit, qui croit avoir toujours raison et qui insulte quand il n’a plus de réponses valables face à son interlocuteur, et qui en désespoir de cause utilise la force pour cacher ses lacunes et sa peur, il ne peut y avoir de solutions positives et durables.
Le nationalisme et le patriotisme commencent par le respect des lois de son pays et l’amour pour ses compatriotes.
Bilguissa BARRY, Montréal, Canada
www.guineeactu.com
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