lundi 14 avril 2008
De la Déstructuration à la destructuration du département de l’Economie, des Finances et du Plan

L’histoire de l’évolution économique et politique de notre pays, la Guinée, a été marquée par plusieurs formes de réformes, dictées par un souci présenté comme le souhait de parvenir à une meilleure situation. A ce jour, obligation est de revenir sur nos pas pour éviter la catastrophe économique après le scandale géologique. Réflexion…

Le mot et les maux sont connus. Pour le mot, il s’agit de l’Economie guinéenne, tandis que pour les maux, l’essentiel est dit dès qu’on parle de pauvreté et de retard économique. Pour tout dire en peu de mots, il suffit de rendre compréhensible le concept de développement économique, une suite de théories et de théorèmes pas à la portée de n’importe qui, surtout quand il s’agit de définir les taux et les balances de ceci et de cela. Le plus coriace de toute la terminologie financière et économique consiste en la connaissance et la maîtrise de la monnaie, marchandise pas comme les autres - symbole de toutes les réussites et de tous les échecs de l’ère de la globalisation à outrance. Pour nous donner une signification des activités de ce département, maître d’œuvre des résultats économiques du pays, représentant par excellence de la nation près des bailleurs de fonds et de  nos partenaires au développement, nous estimons qu’il est plus que temps de retravailler à la transformation d’une doctrine du commandement qui persiste à nous barrer toute réforme visant le retour à la réalité économique comme base de toute vision ou de politique de développement tout court. En Guinée donc, il est donné une conception toute spéciale au département de l’Economie et des Finances, au point que tout peut subir des modifications structurelles, des destructurations et des amendements sauf ce ministère. Au moment où les populations crient au secours face à la montée de la misère, il n’y a pas mieux indiqué que le ministère en charge de l’Economie pour répondre aux sollicitations des masses. Mais ici en Guinée, tout est fait pour débattre de la question hors de la zone la mieux indiquée, à savoir le service du gouvernement en charge de l’Economie.

C’est dire que pour trancher avec le passé des combines, qu’il faut faire violence sur soi pour effectivement déstructurer le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, pour créer un  super ministère en charge de l’Economie et seulement de l’Economie avec tous ses secteurs d’activités : transports, agriculture, pêche, mines, commerce, tourisme, finances, banques et assurances, télécommunications, les services et prestations…

A vue d’œil, cette stratégie permettra de séparer l’argent brut des réalités économiques, quoique la finalité soit le renflouement des caisses de l’Etat, à travers une meilleure pratique de l’orthodoxie économique, comme par définition l’économie s’occupe de tous les secteurs porteurs de revenus et profitables à l’épanouissement collectif et individuel. Assurément, le rôle pervers de l’argent est à soigner avant de parler de lutte contre les pratiques qui font de sa conquête une divine option, au détriment des ayants droit, sous les charges des réformes non porteuses de progrès économique et social. Juste une suite répétitive des consignes des institutions de Bretton Woods, sans jamais arriver à nous sortir des rivières d’échecs, comme tout Guinéen peut le constater depuis que nous filtrons avec ces donneurs de leçons qui n’ont jusqu’à présent tiré personne des affres de la pauvreté du sud au nord, de l’est à l’ouest de par le monde. Faites un arrêt sur les propositions de Hugo Chavez, le président du Venezuela, qui propose une autre structure pour parler des réformes économiques dans les pays pauvres.

Pour tenter de nous dissuader d’être accrochés à une nomenclature post-indépendance, qui donne la part trop belle au ministère de l’Economie et des Finances. En substance, il s’agit de départir les Finances de l’Economie pour une meilleure lisibilité des actes à poser. Un ministre de l’Economie est un élément central dans un exécutif, de par sa surface d’actions élargie à plusieurs autres départements.

L’exécution du budget national est tributaire de la volonté de ce cadre qui a ainsi la possibilité de torpiller ceux de ses collègues qui ne partagent pas forcément ses caprices d’argentier de l’Etat et directeur de la marche de l’Economie nationale. Vous vous souviendrez de l’impact d’un Kassory FOFANA au sein du gouvernement Sidya TOURE après surtout le départ de Dr. Ousmane KABA de l’équipe. Omnipotent et omniprésent dans toutes les sphères de prise de décisions financières et économiques, Kassory a su monopoliser l’attention et l’intérêt des milieux d’affaires au point qu’il ne s’imaginait pas un congé aussi prolongé des centres de décision à Conakry. Nous assistons au retour du diktat des finances sur le reste du gouvernement, pour empêcher une stimulation correcte des réformes visant à nous passer de l’emprise des argentiers du moment à Washington. La solution est de donner au ministère de l’Economie une forte personnalité soustraite de l’emprise actuelle, pour en être notre seul interlocuteur près des bailleurs de fonds qui souhaitent nous donner les moyens qu’il nous faut, pour un développement radieux de toute la nation guinéenne.

C’est dire qu’au prochain remaniement, il serait utile de créer un département en charge de l’ÉCONOMIE NATIONALE, pour une nouvelle tracée de développement loin des préjugés et des théories d’une certaine époque aux limites reconnues depuis.

Aboubacar Sidick SAMPIL, L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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