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Non, je ne suis pas un partisan du pouvoir militaire et je ne connais ni Dadis, ni aucun autre membre du CNDD. Oui, je suis un démocrate convaincu car je pense que la meilleure chose pour un pays est d’être gouverné par un pouvoir issu des urnes et conforme à la volonté des populations. Mais, je le dis, je persiste et j’assume : dans l’intérêt de la Guinée, il faudrait que Dadis garde le pouvoir aussi longtemps que c’est nécessaire pour assainir l’économie nationale et jeter les bases d’un développement véritable de la Guinée.
Je pense que pour un pays au potentiel économique aussi important que la Guinée, la priorité doit être le développement économique et la lutte contre la pauvreté. Et tous les Guinéens qui aiment leur pays, doivent encourager le CNDD dans cette voie : la lutte contre la corruption, les audits pour renflouer les caisses de l’Etat, la renégociation des contrats miniers, la nomination des cadres intègres aux postes stratégiques, la confiscation des biens mal acquis des anciens dignitaires, l’orientation des aides bilatérales et multilatérales vers les actions de développement économique et social sont les moyens pour replacer la Guinée sur la route du développement et, je crois, que Dadis a compris cela.
Seulement, et pour le malheur de la Guinée, la Communauté internationale, ses complices locaux maquillés en hommes politiques et une soi-disant société civile, ont enfourché les clairons d’une hypothétique démocratie en Guinée, pour mettre en échec les bonnes résolutions des jeunes militaires conduits par Dadis.
La Communauté internationale, en réalité, ce n’est ni l’ONU, ni ce syndicat de chefs d’Etat africains discrédité qu’est la prétendue Union Africaine, ni la CEDEAO qui est tout sauf l’expression des aspirations des peuples de l’Afrique de l’Ouest. C’est un club sélect de quelques pays occidentaux qui impose leurs modèles et leurs normes politiques et économiques au monde.
L’expression « Communauté internationale », c’est de la mystification : un concept creux qui ne trompe plus que ceux qui y croient.
Cette « Communauté internationale » exerce la pression sur les militaires guinéens pour organiser des élections dans les plus brefs délais.
La bande d’aventuriers qui, au nom de la démocratie et du multipartisme, a pris en otage, depuis le début des années 1990, la vie politique du pays, s’agite et lui emboîte le pas. Et dans la foulée des syndicalistes peu éclairés, se mettent dans la danse, et chacun rêve déjà de sa part de gâteau dans un partage dont le seul perdant reste le peuple de Guinée.
Guinéennes, Guinéens !
On pousse notre pays vers la guerre civile et on le sait bien. On sait qu’avant au moins deux ans, les conditions ne seront pas réunies pour des élections transparentes en Guinée. On sait parfaitement qu’aucun parti politique guinéen n’est réellement un vrai parti, car étant tous l’émanation des ambitions personnelles de quelques personnes qui sont prêtes à mettre le feu au pays, pour s’installer dans le fauteuil présidentiel.
Il n’y a pas de leader politique à la tête de ces partis, mais des chefs qui ne roulent que pour leur ethnie ou leur région et qui, dans leur majorité, ne pensent qu’à se servir de la Guinée, au lieu de la servir.
Qui, en Guinée et à l’extérieur de la Guinée, connaît le programme politique de Alpha Condé, Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, Jean Marie Doré, pour ne citer que ceux-là ? S’ils ont un programme politique, ils ne font pas de sa diffusion une priorité. Par contre, ils savent bien se faire remarquer comme porte flambeau d’une région ou d’une ethnie.
S’ils étaient des vrais leaders politiques et des patriotes, Lansana Conté ne serait pas resté au pouvoir 24 ans durant.
Ces soi-disant leaders politiques savent le contexte social de la Guinée, marqué par des tensions ethniques qu’ils ont créées et entretenues pour se faire un nom. Ils savent que des élections mal organisées feront sauter la poudrière, et ils savent que des élections tenues dans le courant de cette année, seront forcement des élections mal organisées. La conclusion : ils veulent plonger le pays dans le chaos, et ils disent aimer la Guinée !
Et lorsque le pays sera plongé dans ce chaos, la « Communauté internationale » qui a à son service tous les grands organes de presse, intoxiquera l’opinion internationale, en la nourrissant des images d’un conflit ethnique de plus en Afrique, et organisera l’évacuation de ses ressortissants et autres libanais. Et si elle le veut, elle organisera des opérations à caractère « humanitaire », pour distribuer quelques sacs de farine à notre peuple martyrisé par une guerre civile qui était pourtant, bien prévisible.
Ce schéma, on le vit au quotidien au Congo et au Tchad. On l’a vécu, tout près de nous, en Côte d’Ivoire, au Libéria, en Sierra Léone, et partout en Afrique où des prétendus hommes politiques ont trompé les populations en les impliquant dans des drames qui ne servent, ou n’ont servi, qu’à assouvir leur soif de richesse matérielle, et à satisfaire les intérêts de leurs maîtres occidentaux. On a vu le cas du Rwanda où Paul Kagamé a accédé au pouvoir sur le corps de plus de 800. 000 de ses compatriotes, dans le but final d’avoir la main mise sur les richesses minières de l’Est du Congo.
La Guinée n’échappera pas à ce schéma, avec les ethnostratèges actuels, dont certains ont participé aux gouvernements de Lansana Conté en y amassant des fortunes dont ils se servent aujourd’hui pour payer des « journalistes alimentaires », chargés de faire leur éloge, et pour corrompre des « militants » hypocrites.
Quant à la Société civile, on ne peut qu’avoir du respect pour des personnes comme Rabiatou Sérah ou Ibrahima Fofana, mais on doit à la vérité de souligner leur inconstance et leur naïveté. Leur gestion des évènements dramatiques de janvier 2007 est la preuve qu’ils ne savent pas exactement où ils veulent aller, et qu’on ne peut pas leur faire confiance en leur donnant le volant d’un véhicule qui s’appellerait la Guinée.
Guinéennes, Guinéens !
Ensemble, demandons à Dadis de rester encore au pouvoir et de s’investir dans le développement économique et social !
Si chaque Guinéen a un travail qui lui garantit des revenus décents, si les enfants vont à l’école, si les malades sont soignés dans des hôpitaux convenables, si les routes sont bien faites, en somme, si le développement économique et social est amorcé, on pourra alors parler de démocratie et voter pour quelqu’un qui nous parlera d’autre chose que de notre appartenance commune à la même région ou à la même ethnie.
Que Dieu sauve la Guinée !
Sinkefara Bomba, Bénin pour www.guineeactu.com
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