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Après une période particulièrement chaude, le nouveau gouvernement, celui qui doit accompagner le Dr Souaré dans sa mission, est vivement attendu. Les Guinéens veulent tourner toutes ces pages sombres qui n’auront laissé que des souvenirs cruels dans la mémoire collective. Il est temps de rompre avec ces vieilles pratiques que la mal gouvernance a générées, pour voir le devenir du pays d’un autre œil. La Guinée pourrait, malgré son retard dans le développement socio économique, sortir de l’ornière, si le futur gouvernement en faisait sa préoccupation de tous les instants. En Guinée, la pauvreté n’est pas une fatalité en soi, c’est la conséquence de la démission coupable de nos gouvernants. Il ne faut pas fermer les yeux sur tous ces dérapages financiers, enregistrés dans tous les services publics, à la faveur de l’impunité qui a toujours servi d’immunité à tous ces pilleurs des caisses publiques. Le tout premier discours d’Ahmed Tidiane Souaré, lors de son investiture, en l’absence de l’ancien locataire de la primature ayant refusé cet honneur de sortir grandi de ses charges, n’aura pas manqué d’exprimer sa disponibilité pour réussir le changement, tel que le lui impose la volonté populaire. C’est dire, déjà, que les hommes auxquels il sera bientôt fait appel pour remorquer le navire du changement en panne, seront triés sur le volet. Cela, pour éviter tous désagréments susceptibles de susciter d’autres réactions chez les citoyens qui n’entendent plus se laisser abuser par des incantations de charmeurs. Souaré est appelé, moins pour occuper une scène vidée, par manque d’acteurs talentueux, que pour y poser des actes concrets, justifiant le choix porté sur sa personne dont une certaine presse nationale a largement commenté les qualités et les mérites. Même si de son côté, le premier ministre exprime de la modestie dans ses tous premiers discours. L’homme, peu porté sur le concours des tambours et des trompettes, a tous les atouts pour atteindre ses objectifs. Il suffirait qu’il se fasse entourer de hauts cadres intègres et compétents, moins tentés par les cérémonies d’inaugurations de cénotaphes et autres sanctuaires érigés à la mémoire de toutes les victimes de l’Afrique en larmes. Il faut rompre avec ce passé encombrant figé dans la passion absurde de rétablir la vérité historique, quand les vrais témoins de cette histoire se prétendent, eux aussi, et c’est leur droit, être victimes de préjugés et autres erreurs de jugement sur leur compte. Puisque, malgré tout ce passé sombre, ils ne manqueront jamais d’arguments pour clamer leur innocence. Le cinquantenaire, en perspective, se passera sous la mandature de Souaré qui, certainement, n’en fera pas le tremplin des sorciers, où les coupables avoueront leurs crimes et les victimes, leur haine. Le riz, l’eau et le courant restent aussi d’actualité. Surtout qu’il ne soit plus fait recours au discours sur la conjoncture internationale, pour s’offrir une raison de souffler. L’électricité est l’âme du développement économique. L’eau, la vie. Mais, faudra-t-il que la paix sociale revienne, que l’insécurité disparaisse, que la joie de vivre en Guinée soit partagée dans la tolérance ? L’espoir est permis... Le Dr Souaré est en bonne posture, puisque fort de l’échec de ses prédécesseurs, et doté d’un viatique consistant : la confiance du chef de l’Etat. N’ayant d’autre ambition que de servir son peuple avec engagement, le premier ministre pourra répondre aux attentes. Mais ce n’est là qu’une opinion ! Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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