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Que Dadis se présente aux prochaines élections électorales pourrait être un fait compromettant. N’allons pas chercher loin des analyses des politologues, mais c’est bien le chemin de l’échec. Platon, le philosophe grec, de son vivant, aurait bien tenté de dissuader la junte guinéenne de revoir ses interprétations. Thomas Hobbes, le politologue anglais, en aurait fait autant.
C’est-à-dire que le fait est évident. Autrement dit, le contexte guinéen est sans aucun doute banal. Banal ! C’est bien ça.
Après le régime dictatorial de Sékou Touré, et celui du chaos de Conté, rares sont les Guinéens qui n’ont pas apprécié l’arrivée de la junte après le décès de Conté. Les Guinéens ont partagé l’engouement du dernier coup de force militaire. Le discours du nouveau président était pour beaucoup dans cette euphorie. C’est-à-dire, le Guinéen allait sur-le-champ dire adieux aux gestions politiques catastrophiques des régimes précédents. Et bien, le Guinéen est (ou était) tout simplement convaincu du renversement de la situation. Pour ainsi dire, le président de la junte rendrait le pouvoir à ceux qui ont la profession de l’exercer : les civils. Les civils dans le sens juste. Non dans le sens du déjà vu. Le militaire pouvant camoufler sa tenue pour des besoins bien déterminés. La Guinée avait cette conviction du grand changement.
Alors, ce nouveau revirement de la junte est un «délit flagrant », dit-on. C’est-à-dire que le chaos est très visible. C’est comme une bombe à retardement.
Dadis et son groupe doivent observer, analyser et raisonner. En travaillant ainsi, la junte actuelle au pouvoir en Guinée aurait évité que la Guinée sombre de nouveau dans le désespoir à l’image des régimes précédents. Il faut organiser les élections en remettant le pouvoir aux civils. C’est la meilleure option possible.
Naby Laye Camara, Bruxelles
www.guineeactu.com
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