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Hé ! Pour dire vrai : votre râleur ne sait pas par où commencer son persiflage. Voilà près d'une heure que des trucs se bousculent dans sa caboche de désaxé par la forte anomie qui paralyse son bled.
Depuis une heure, il est infoutu d'accoucher ses idées. Tellement l'entropie de la Guinée et tous ces flonflons que d'aucuns jouent maintenant pour anthropomorphiser le ramassage du pouvoir par Moussa Dadis Camara et sa bande de gouapes, après la mort du dictateur Lansana Conté, le tiennent pantois.
Ne quittez pas ! Restez connecté ! Votre persifleur s'absente pour trois heures.
Coucou ! Tiens ! Tiens ! Tiens ! Vous êtes toujours scotché à votre place depuis trois heures dans ce cybercafé, vous oubliant dans votre plaisir. Depuis trois heures, d'autres attendent impatiemment qu'un ordinateur se libère dans ce pandémonium, pour surfer à leur tour.
Ah ! d'accord, vous casquez de votre propre poche. Et tant pis pour ces impatients aigris. L'argent est roi. Ah ! oui, le pouvoir l'est aussi. Mieux d'ailleurs, le pouvoir est majesté.
Le bidasse président Moussa Dadis Camara et son ministre criminel, le malotru Claude Goliath Pivi sont dits majestueux. Toujours les mêmes imams et autres tartuffes politiques de la contrée leur vouent, à leur tour, un culte bien mérité. Le capitaine Moussa Dadis Camara, le Lt colonel Sékouba Konaté, le commandant Alpha Ousmane Diallo, l'adjudant et assassin Claude Goliath Pivi, le galonné Mamadouba Toto Camara ont vraiment sauvé la Guinée.
Réfléchissez une fraction de seconde au pire qui guettait la Guinée, s'ils n'avaient pas eu assez de courage pour ramasser le pouvoir à temps, et stopper net les velléités amorphes des autres clans militaires de s'emparer du trône.
Arrêtons de se poiler ! Le sujet est presque sérieux. La patrie est toujours et encore en danger !
L'on croyait, qu'avec la mort de Lansana Conté, chacun et tous se battront pour l'avènement d'une Guinée démocratique, respectueuse des droits de l'homme, prospère pour chacun et pour tous. Et sans trop de rancune. Ah ! non. L'on pousse plutôt Moussa Dadis Camara à garder le pouvoir. La "mamaya" avec ses comités de soutien, source de fainéantise et de veulerie, revient au galop.
Moussa Dadis Camara est sans crainte, d'autant plus, qu'il compte dorénavant dans sa Cour, les mages, les fétichistes, les charlatans, les thaumaturges, les thuriféraires de tout acabit, qui le conseillent de centraliser tous les pouvoirs dans ses mains.
Moïse Dadis Camara est devenu par la force de tout çà, le Pharaon de la Guinée. Et l'actuel locataire de la Primature ne fait que de la figuration dans le gouvernement.
Auprès de ce nouveau Pharaon, le plus craint de la Cour est Hâman Goliath Pivi, qui traîne à son seul compte, à ce jour, près de 350 flics mutins massacrés, comme il se l'était permis.
Hâman Goliath Pivi veille sur la sécurité de son Pharaon, comme sur la prunelle de ses yeux. Paraît que Dadis est mieux protégé, mystiquement des balles, des bazooka, des chars, des couteaux ou canifs, de tout et tout et même de la mort. C'est le Pharaon du siècle, l'on vous dit.
Il est au pouvoir depuis seulement quelques mois. Qu'il s'y cramponne de ses quatre fers. Pourquoi s'empresser à rendre le pouvoir aux politicards. Ce dont ils se disent être capables, lui aussi en est capable. Il n'a pas poussé loin ses études parce que çà ne sert à rien. Pour preuve, le voilà "persident" de la Guinée. Il ne faut pas être faiblard. Tout indique, selon ses mages, qu'il doit garder le trône. Et les mages ne se trompent jamais. Sinon très rarement.
Il vous souvient des présidentielles sénégalaises de 2000, quand le vénérable Elhadj Mansour Sy, Khalif Général des Tidianes, réputé pour ses immanquables prophéties, fit une sortie politique et annonça la victoire du président sortant d'alors, Abdou Diouf, à 75% face à son éternel opposant, Me Abdoulaye Wade. Et beaucoup de chefs religieux de l'époque avaient effectivement commandité à leurs disciples, à voter Abdou Diouf. Mais Dieu en avait décidé autrement, et les Sénégalais de mettre fin au règne de 40 ans du Parti socialiste.
Que le Pharaon de la Guinée et sa bande de gouapes se le tiennent pour vrai : c'est le même vent de changement renversant, qui va souffler instamment dans tout le pays. Tel le dit Victor Considérant : "Qu'importent les objections, et les partis et les personnes. Les fleuves coulent, la mer monte, la terre tourne. Qui les arrêtera? (...) les idées vraies, claires, simples sont des oiseaux qu'on ne peut plus remettre en cage quand ils s'en sont envolés."
Malheureusement le Pharaon guinéen, dans son fétichisme politique, ne peut pas comprendre cela. Il ne paraît pas d'accord à lâcher prise. Actuellement des conciliabules ici et là, des intrigues de couloir et des manœuvres souterraines sont en marchent, pour préparer la candidature de Moussa Dadis Camara à d'éventuelles élections présidentielles.
"La force n'est jamais intelligente, elle ne respecte qu'une force plus grande", enseigne Ibrahima Ly du Mali, dans "Toiles D'araignées". Et c'est vrai. Si les Guinéens laissent faire, l'actuel Pharaon va "s'autocratiser" au pouvoir. Il faut impérativement lui imposer, par une force plus grande, à organiser les présidentielles avant les législatives. Encore une fois, pourquoi ? Parce que c'est la voie du bon sens. C'est par des élections présidentielles crédibles, démocratiques, transparentes que l'on va redonner espoir aux Guinéennes et Guinéens de croire à un nouvel avenir. Il faut vraiment battre en brèche cette idée démagogique d'organiser avant les présidentielles, les législatives.
Quel est l'intérêt d'asseoir une peste parlementaire avant les présidentielles ? Posez la question à des constituants guinéens ou étrangers, ils ne vous en citeront pas un seul intérêt dans la situation actuelle du bled. Sauf permettre à des charognards de bayer aux corneilles et de s'empiffrer d'émoluments pharaoniques.
Comme à l'époque de Blanqui en France, présentement en Guinée, un député sera bien "maladroit si son mandat ne devient pas le fondement de son avenir et de l'avenir de tous les siens. Ainsi se passent les choses en temps ordinaires."
C'est tellement vrai, que durant la tyrannie de Lansana Conté, aucun député, l'on dit bien aucun député, et sa famille, n'ont souffert de faim. Combien de Guinéens lambda ont broyé le noir et la disette durant ces 24 dernières années ?
Franchement, l'on ne perçoit pas la pertinence de fabriquer précipitamment un Parlement, avant la tenue des présidentielles. Les tenants de cette tactique veulent certainement pérenniser "un système d'oligarchie bâtarde, plutôt qu'un véritable système démocratique".
D'ailleurs, la "candidataille" au Parlement a toujours considéré les Guinéens comme des machines à élections. Les rusés candidats couillonnent leurs électeurs, juste pour décrocher un siège à l'Assemblée. Ensuite, ils "s'aristocratisent" et se transforment en applaudimètre dans le Parlement, et voyagent le plus clair de leur temps, dans des pérégrinations pour prospérer leurs affaires ou leurs commerces.
Il faut vraiment rompre avec cette démocratie oligarchique qui sape l'émancipation et le développement de la Guinée. On veut que la démocratie soit la démocratie tout court, et non pas l'intronisation de la médiocrité, de l'incompétence et du copinage.
Qui a-t-on balancé à la tête du ministère de l'Education nationale ? C'est quel je-m'en-foutisme çà de la part du Pharaon guinéen ? Aucun développement n'est possible, sans une politique éducative de qualité. N'a-t-on trouvé aucune personne ressource à qui confier l'Education nationale, même si c'est pour une transition d'un laps de temps ? A-t-on seulement posé la question à Sékou Ben Sylla ou à Djibril Tamsir Niane ou à Thierno Diallo. Merde !
Moïse Dadis Camara et le premier de ses ministres, Komara, ont pris sur eux la lourde responsabilité de saboter comme çà, l'éducation des élèves pour l'année scolaire 2008-2009. Et pourtant, ils n'ignorent pas les scandaleuses prévisions de la méteo-éducative dans le bled.
Dans ses bavardages du 5 novembre 2008 dans "Le Démocrate", un hebdomadaire au bled, Jean-Marie Doré, le chef d'orchestre de l'UPG, révèle ceci : "En Forêt, dans les écoles des districts et sous préfectures, les filles constituent le barème des maîtres. Vous trouverez un maître d'école qui, après deux ans de séjour, à trois enfants dans le village. Cela est antinomique pour la morale scolaire." C'est la même ignominie qui frappe les écoles des autres régions du pays.
Qui n'a pas suivi ce reportage télévisée sur France O, consacré sur les massacres des manifestants de janvier et février 2007 ! Dans ce reportage, une élève dans Cona-cris, avoue qu'elle fait l'amour avec son professeur, au su de ses parents, pour décrocher la moyenne et passer en classe supérieure. Merde, à la fin !
Les prévisions de la méteo-sociale aussi, dans tout le patelin, sont poignantes. Il faut absolument que la situation change. Pas seulement pour une minorité de députés mais pour tout le monde et pour chacun et pour chacune.
C'est amusant de graduer à l'exponentielle, la souffrance endurée des Guinéens de l'intérieur dans leur grande majorité par rapport à celle supportée par une minorité de diaspos, durant les régimes dictatoriaux de Sékou Touré et de Lansana Conté.
Mais tension : les diaspourris aussi ont beaucoup soufferts. Certains merdent à l'étranger et se clochardisent. Eux, n'envisagent pas le retour au bercail. D'autres résistent tant bien que mal, en s'accrochant sur le net. Mais ne vous fiez pas trop à leurs bobines sur les sites. L'embonpoint que l'on croit voir sur leurs mines est trompeur. Ils battent leur semelle dans le froid glacial. Leur rêve, aujourd'hui, est de rentrer au bled. Ils blanchissent et çà les affole.
Alors il y a un malin aigrefin qui se joue de leur défaillance psychologique et de leur hantise des lendemains incertains. Il leur promet de les aider à réussir leur retour au bercail. Pour ce faire, il a ramassé à la pelle leur curriculum vitae qu'il aurait juré, sa main sur son crâne, de faire parvenir par des intermédiaires proches, au Pharaon de Cona-cris. D'ailleurs, depuis, les illusionnés ne quittent plus leur téléphone.
Wallahi ! grande sera la bousculade dans les aéroports de l'Héxagone. Des diaspourris sanglés dans des manteaux et autres parkas éculés, le cou solidement noué par des cravates de tout genre, pataugeant dans leurs souliers brillants de cirage et traînant leurs malles. Ne ratez pas ce risible spectacle aux aéroports occidentaux !
Néanmoins, désamorcez vos désamours à l'égard des diaspourris. Et persuadez-vous que l'édification démocratique du bled ne saurait être synonyme de partage d'un gâteau ou d'un "Koutoukoutou" accrochant dans une mêlée tragique, diaspourris et Guinéens façons de l'intérieur. Paraphrasons Dominique de Villepin, qu'il faut s'abstenir de tomber dans la jalousie. "On n'occupe pas une place en mordant l'oreille et les pieds" de son concitoyen.
Soudons plutôt les rangs et pressons le Pharaon de la Guinée, à lâcher du lest, en organisation les présidentielles avant fin décembre 2009.
Didon ! On se leurre politiquement, si l'on croit le Pharaon de Cona-cris, disposé à faciliter la transmission démocratique du pouvoir aux civils. Proches troufions, garde rapprochée, parents, amis et escrocs politiques, l'encouragent fermement à régner à son tour. Quoi ! Ce n'est pas ahurissant.
En Afrique, l'on sait que peu se résolvent à rendre les reines du pouvoir. Généralement, il faut les secouer fortement, pour qu'ils lâchent et dégringolent de leur trône. Or, la tenue des présidentielles avant les législatives, est capitale pour relancer la machine de l'espoir et impulser l'émancipation des populations guinéennes.
Il faut vite un civil à la magistrature suprême. Un individu capable de diriger la barque de la Guinée à bon port, dans la concorde et la réconciliation nationale. Cet individu n'est pas du tout le Pharaon guinéen. Ô mage, dites-nous alors, quel est cet individu, et l'on vous dira ce que vous valez.
A vos plumes ! Prêts ! Sabrez !
Benn Pepito
pour www.guineeactu.com
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