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Neuf mois de gestation pour accoucher de cela : un nouveau monstre assoiffé de sang. La Guinée n’a pas de chance. Après Silly-Sèkhou-l’éléphant friand de chair humaine dans ses geôles, Bouki-la-hyène-Conté aux poches trouées qui a vidé les caisses de l’Etat, voici Leuk-Le-lièvre Dadis qui se croit plus malin que tout le monde trahi par ses grosses godasses. En massacrant des centaines d’innocents et en brutalisant de courageux opposants ce 28 septembre au stade du même nom, il a montré son vrai visage. Tous les espoirs mis sur lui sont désormais déçus. Pourtant, on y croyait tellement…
Mais l’ère du troisième homme est une combinaison des deux premières. La nouvelle génération d’hommes au pouvoir n’a pas eu la force de se réinventer. Ils ont appris à tuer avec Sékou, ils ont appris à voler avec Lansana, voici qu’ils volent et tuent sans vergogne avec Moussa. 9 mois d’attentisme et de discours creux, 9 mois de décrets et d’humiliation, 9 mois de show et de cirque ont abouti au carnage du 28 septembre. Ils n’ont pas hésité à violer et à tuer. Aucune candidature ne vaut tout ce sang versé ; aucun homme ne mérite ce sacrifice sanglant et aveugle. Il se dit « désolé » notre Dadis national. Qu’il assume ! Le père Noël du 23 décembre se révèle n’être qu’un sinistre ogre qui veut se repaître de la chair de nos enfants.
Les Guinéens qui sont passés maîtres dans l’art de se faire égorger en applaudissant doivent tirer désormais les leçons du passé et du proche présent. Que les intellectuels serviles et faiseurs de roi, au service du mensonge et du crime, sachent qu’ils sont tout aussi criminels que le bourreau. Que les promoteurs de mamayas et autres soutiens intéressés sachent aussi qu’ils ont les mains rouges de sang. Qu’ils le sachent.
Notre Dadis prétentieux et creux est à l’évidence dépassé par la lourdeur de la charge. Notre cher Président feint de ne pas maîtriser ses hommes, commandos de la mort. Il se dit le seul rempart contre les dérives d’une armée qui serait incontrôlable et qu’aucun civil ne saurait gérer. Le jeu du chat et de la souris autour de sa candidature ne serait qu’une manœuvre pour protéger la Guinée de la guerre civile. A l’entendre, il serait l’homme providentiel dont le pays a besoin pour traverser cette période transitoire. Tout n’est que ruse grossière et inéluctable trahison. La chute n’en sera que plus douloureuse. Quel gâchis ! Les masques sont tombés. Ne voulant ou ne pouvant être ni ATT ni SANKARA, le voilà atterré et sans grade. Quelle chance historique aura été ainsi gâchée. Les choses sont claires pour tout le monde à présent. Il n’a pas les épaules ni la tête pour le pouvoir ; il ne le gardera pas par les armes.
La Guinée profonde, lucide et vigilante, irriguée par le vrai patriotisme, n’en veut plus. Et quand on ne veut pas, comme l’a dit Samory, on dit NON. Et la journée du 28 septembre s’y prêtait si bien… La lutte continue.
Alimou CAMARA
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