samedi 14 février 2009
Dadis face à l’Histoire
Lamarana Petty Diallo

Le peuple de Guinée, son pays et sa nation, sont face à leur destin, tandis qu’un homme, Moussa Dadis Camara, est face à l’Histoire. L’histoire nationale, mais aussi l’histoire universelle.

 

En effet, on ne peut entrer dans la mémoire des hommes que si l’on peut se fondre positivement dans le devenir de son pays. C’est l’une des leçons que l’Histoire, au sens de l’étude du passé, du présent et du futur, nous donne. Seule la compréhension de cette dimension ternaire du temps, permet à l’homme politique de s’inscrire dans l’universel.

 

Dadis, pourra-t-il transcender ces paramètres et réussir ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’aura pu faire ? Sera-t-il celui qui rejoindra, de son vivant, nos grands résistants, en œuvrant à l’instauration de la démocratie ?

 

Nous sommes, toutes et tous, engagés dans le chemin de la réussite ou de l’échec de la nouvelle ère qui s’ouvre en Guinée. Je veux dire que la responsabilité nous incombe et, d’un côté comme de l’autre, aucun écart, aucun faux pas ni aucune erreur n’est permise. La réussite de Dadis ou son échec seront collectif !

 

Bien sûr, l’Histoire retiendra beaucoup plus la responsabilité du président du CNDD que celle du peuple qu’il dirige. Autant dire qu’il est plus que quiconque, exposé au jugement des générations futures parce que, si la mémoire de temps retient l’action des peuples, elle impute les échecs à leurs dirigeants.

 

Dadis, devrait tirer les leçons de ceux qui, avant lui,  ont manifesté de bonnes intentions pour se révéler, par la force des choses, en cauchemar du peuple qu’ils ont tourmenté et bafoué. Pour éviter de suivre les pas de ces prédécesseurs, y compris ceux qu’il semble affectionner le plus, il doit pouvoir provoquer la rupture. Il doit savoir que les peuples n’ont cure de promesses et de grandiloquence. Qu’ils n’ont aucun scrupule à reléguer le sauveur d’hier dans l’anti-chambre des dictateurs, et d’en faire des accidents de l’histoire.

 

Certains actes posés par le Président du CNDD font entrevoir sa volonté de rupture. Ce serait très malhonnête de ne pas le lui reconnaître ! Sûrement, très peu préparé à la magistrature suprême, il a droit à des circonstances atténuantes, à une certaine indulgence. Cependant, sa volonté pêche d’un côté ! Le plus sensible étant le manque de cohérence dans les propos, et le défaut d’engagement ferme. Ces erreurs devraient être rectifiées.

 

Ces conseillers devraient s’y atteler, en lui imposant des discours moins improvisés et plus affinés. Cela est d’autant plus nécessaire, qu’un chef n’a pas forcément besoin de crier pour faire prévaloir son point de vue. Sauf, et je n’ose le croire, si le Capitaine n’écoute pas ses conseillers, ou qu’il ne soit entouré que de béni oui-oui, comme dans bon nombre de cours africaines !

 

Mon souci : les initiatives du président Dadis sont souvent faites d’improvisation et de mesures à la va-vite, comme s’il ne consultait personne. Comme s’il n’avait pas une vingtaine de conseillers. (Sic) 

 

Ainsi, lors de sa rencontre du 9 février 2009 avec les forces vives de la nation, il n’a pas hésité à se lancer dans des jugements de valeurs, en établissant un distinguo entre les différents leaders de l’opposition guinéenne.

 

Par ses propos, le Président du CNDD a indexé les mauvais leaders au profit des bons : ceux qui n’ont pas été membres des gouvernements Conté. Cependant, il ne s’est pas soucié  de savoir si on leur avait fait une proposition dans ce sens ? Il a omis de dire que lui-même a servi l’homme  pour lequel il condamne les autres.  N’est-ce pas paradoxal ?

 

L’armée guinéenne, à laquelle il appartient, était aux ordres de Général-Président, tout comme les anciens membres des gouvernements successifs. Il n’y a donc pas lieu de glorifier les uns sous prétexte qu’ils ont refusé ce qu’on ne leur a pas offert, et blâmer les autres d’avoir servi celui dont il exécutait  lui-même les ordres.

 

Ces incohérences résultent, à mon sens, du défaut de préparation. A l’improvisation. Faut-il savoir qu’on ne devrait improviser, que dans un texte ou un discours préparé d’avance ?

 

En tous les cas, en prenant position en faveur des uns au détriment des autres, le  Capitaine Moussa Dadis  prend le risque de ne plus être considéré en responsable de tous les guinéens, mais, plutôt, en sympathisant des leaders en question. En se mêlant, volontairement ou non, aux débats des partis politiques, il instaure un climat de suspicion, d’autant plus qu’on l’accusait d’être très proche de certaines personnes auxquelles il a rendu hommage. Ces maladresses qui auraient pu être évitées, mettent dans l’embarras admirateurs, conseillers et autres citoyens qui croient en la bonne foi du Capitaine et à sa neutralité.

 

Le Président de la république ayant, de manière délibérée, choisi le dialogue ouvert avec les forces vives, devrait se garder de tout quiproquo, de tout jugement et de toute intention sujette à controverse. Ses conseillers ne pourront jamais justifier, aux yeux de l’opinion nationale et internationale, les futurs faux pas ou les maladresses à répétition de celui auquel le peuple place son espoir.

 

Les prises de position intervenant au moment où certains partis politiques engrangent de très nombreuses adhésions, sèment d’autant plus le doute. Dans l’avenir, la neutralité devrait être de règle, pour laisser le peuple de Guinée choisir librement ses futurs responsables. Ainsi, la victoire des uns ne sera pas l’échec des autres. Ce ne sera pas la revanche des mauvais sur les bons ou les méchants.

 

Indexer un leader politique, quel qu’il soit, risque d’être comme de la provocation, de la volonté de dénigrement et d’intimidation. Pire, une campagne à peine voilée de mettre hors jeu certains leaders ou éventuels  candidats non déclarés aux futures échéances électorales.

 

Enfin,  faut-il rappeler que toute Guinéenne et tout Guinéen a le droit de se présenter au mandat électif  de son choix. Qu’il appartient au peuple, et à lui seul, de choisir, dans le secret des urnes, la manière de le sanctionner.

 

Le Président devrait mettre en avant le sens de l’histoire, et tirer une fois de plus, les leçons de ses prédécesseurs. Il a été, comme beaucoup de Guinéens de sa génération, le témoin de la fin des deux anciens présidents. Qui ne saurait y entrevoir un conseil ou une morale  qui enseigne qu’un bon départ ne préserve pas d’une mauvaise fin ?

 

Je disais, dans l’un de mes récents articles : « le Capitaine Dadis devrait avoir peur de sa propre ombre. » Je voulais attirer son attention sur le fait que le pouvoir grise, et qu’on n’est jamais à l’abri « des bons amis » : ces vieux caïmans de la politique qui enlacent avant de dévorer !

 

Espérons que les prochaines rencontres avec les forces vives seront sous l’auspice de la neutralité, et apaiseront les inquiétudes qui commencent à naître. On peut y croire en ce sens que le président du CNDD a souvent montré sa promptitude à reconnaître ses  erreurs, et semble témoigner de franchise dans le recadrage des choses.

 

Les cas de la descente arbitraire chez le Président de l’UFDG, des erreurs d’audits concernant certains entrepreneurs économiques, des explications publiques avec quelques membres du CNDD, semblent empreintes de bonne foi.

 

Toutes ces preuves pourraient augurer une future neutralité du Président de la République dans le combat entre partis politiques guinéens, et conduire à des élections libres et transparentes !

 

 

Lamarana Petty Diallo

pour www.guineeactu.com                                                      

 

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Vos commentaires
Issiaga DANSOKO, dimanche 15 février 2009
Le devoir fondamental de Dadis est d`organiser des élections libres et transparentes. Pour cela, le CNDD qui déclare ne pas être candidat doit assurer une neutralité absolue entre les partis en course. Mais qu`entend-on par neutralité? Laisser tout le monde faire ce qu`il veut? Laisser ceux qui ont volé, pillé sans état d`âme, les ressources de l`Etat pour se construire une fortune colossale, venir corrompre encore les pauvres ignorants pour accaparer le pouvoir en Guinée? Si c`est cela la définition que vous donnez à la neutralité, je ne suis pas d`accord. Neutralité ne veut dire ni impunité, ni irresponsabilité. Il doit y avoir une égalité de chance au départ et à l`arrivée entre les concourants. Mais après une synthèse, une véritable décantation. Imaginez, M. Diallo, comment va se comporter cet ancien PM. qui n`a pas hésité de s`attribuer la résidence dédiée par l`Etat aux hauts fonctionnaires depuis l`indépendance, s`il était désigné Président de la République. La logique voudrait qu`il commence par s`attribuer le palais présidentiel qui est la résidence des présidents, comme il l`a fait concernant la résidence des PM. C`est pourquoi tous les candidats doivent être propres dès le départ. L`exemple de l`armée que vous donnez ne tient pas. Car aucun soldat n`est pour l`instant candidat à la présidence. Si tel devrait être le cas, on examinerait le passé de l`intéressé avant de lui permettre de postuler. Dadis est en diapason avec le peuple quant à l`empêchement des prédateurs de se beurrer une nouvelle fois. Pour finir, je soutiens que Cellou n`est égal à aucun candidat supposé en Guinée. Il est différent de J.M. Doré, Alpha Condé, Bah Ousmane, Bah Baadiko et autre Mansour Kaba. Il doit justifier d`abord de qui il a hérité ses camions, citernes, remorques, immeubles etc. avant de postuler à la présidence de la Guinée. Cela n`est pas difficile, non? Dire tout simplement, voici comment ou de qui j`ai hérité mes biens.
Bangly Traore, dimanche 15 février 2009
Merci Mr Hamidou,il s`agit de mon frere Sadio Barry de guineepresse info.NB:les remarques de Sadio,soit Dadis,soit un hommes de leur choix sorti du neant et qui pourrait leur retourner l`ascensseur comme Dadis le fait actuellement a la famille de conte.il faut la justice.
Th.Hamidou Barry USA, samedi 14 février 2009
Mr Traore Bangaly,dit:...le president daddis,le cndd,les conseillers politiques et economiques ne sont pas en mesures en 1 ans d`organiser les elections libre et transparente,voila la raison de mon frere sadio barry... Mr traore auriez vous la gentillesse de nous eclaisir dans quel contexte Saidou Barry a tenu ces propos et de nous precise de quel sadiou Barry,s`agit-il. Nb:Je vous admire enorment a cause de votre slogan: "il faut la Justice".one love!
Bangaly Traore, samedi 14 février 2009
Pour moi,la vie d`un homme passe avant tout,le bilan humain des deux regime est dramatique plus de 1 millions de morts sous la violence politique dans notre pays.le president Dadis,a les moyens et la capacite de faire la paix,l`unite et la justice en guinee.la communaute internationale sait que,le CNDD ne peut point organiser les elections,les audits,la justice et etablir les intitutions dans un ans,voila la reaction de la communaute qui est aussi soutenu par la societe civile et le centrale syd,pour etre realiste a l`instant,le president dadis,le cndd et les conseillers politique et economique ne sont pas en mesure en 1ans d`organiser les elections libres et transparente,voila la raison de mon frere saido barry,anticipees les elections et remettre le pouvoir a un civile de l`age N afin d`etre president apres 5ans voila la politique de Dadis et le peuple dit non.Il est temps et necessaire d`accepter la periode de transition de 2ans,et non 1ans,car nous voulons des elections libres et juste dans la transparence la plus totale.les partisans de la tenue des elections legislatives et presidentielle anticipees,c`est a dire en dec 09,je suis ce qui refus categoriquement cette option.la guinee n`appartient pas un categorie de groupe, et notre pays n`est sous aucune periode de colonisation,la junte a reagi en annoncant d`organsier les scrutins,mais pas anticipees.aujourd`hui un groupe est entrain de creuser un sillon qui nous conduit tout droit a la guerre civile,il faur accepte les 2ans prevu.nb le president dadis il faut eviter la guerre civile,la guinee n`a pas de deux presidents.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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