dimanche 14 juin 2009
Dadis : encore une sortie manquée
Abdoul Latif Haidara

C’est devenu une coutume. A chacune de ses sorties médiatiques, le président Dadis Camara laisse apparaître ses limites aux guinéens et à la face du monde.

 

Le samedi 06 juin, le Capitaine président a rencontré les opérateurs économiques et les sociétés minières au palais du peule. Il était question de trouver une solution à aux épineux problèmes d’eau et d’électricité en Guinée. Mais il y a eu monologue. Le président Dadis était le seul à parler. Et il a mal parlé. Il a profité de cette rencontre pour se contredire. On se rappelle que dans ses discours de janvier et février 2009, Dadis avait déclaré que « l’impérialisme se trouve en Guinée ». En d’autres termes, les guinéens qui ont géré ce pays sont responsables du retard de la Guinée et de la misère de leurs compatriotes. A la rencontre du samedi 5 juin, le Président Dadis a changé de discours. Il accuse les sociétés minières d’avoir « hypothéqué nos richesses ». Et comme tel, elles sont sommées de ficeler un projet d’électrification et d’adduction d’eau pour Conakry en 24h. « Si dans les 24 heures qui suivent vous vous ne réglez pas les problèmes d’eau et d’électricité, vaut mieux plier vos bagages et rentrer chez vous ». On se demande maintenant qui est responsable du retard des guinéens aux de yeux de Dadis ? Tantôt ce sont les anciens dirigeants tantôt ce sont les sociétés étrangères. Les guinéens sont perdus.

 

Il est important que le Président Dadis sache que ce n’est pas aux sociétés étrangères ou aux opérateurs économiques de monter un projet sectoriel de développement (eau ou électricité). C’est plutôt à l’Etat guinéen de le faire. Nous avons un Ministère du Plan et de la Promotion du Secteur Privé et des cadres compétents dans les autres secteurs de l’économie nationale. Ce n’est pas en haussant ton avec peu de courtoisie  devant des partenaires économiques et financer que l’on peut développer ce pays. Rio Tinto, Bhp Billiton et autres Cellcom ont trouvé la Guinée avec ses problèmes. Les sociétés étrangères payent les droits, impôts et taxes à la Guinée. Ce sont ces montants qui doivent être bien gérés de sorte à financer les projets de développement. Toutefois, ces sociétés peuvent consentir des sacrifices supplémentaires pour aider la Guinée à sortir de ce gouffre, de ce retard honteux. Mais il faudrait le demander gentiment. Il faut assumer notre responsabilité par rapport à notre retard chronique de développement.

 

Il ne sert à rien de s’enfermer dans un sentiment nationaliste alors que nous sommes pauvres et incapables de mettre en valeur les atouts et opportunités que la nature nous offre. Sékou Touré avait tenté l’aventure et il a échoué. Pour un départ, nous avons besoins de l’aide extérieure pour démarrer, juste pour sortir de cette situation catastrophique et après on peut s’en passer. Que notre président le sache.

 

En plus, les projets d’eau et d’électricité nécessitent des investissements importants. Il suffit de poser des actes concrets pour l’édification de la démocratie et de l’Etat de droit pour que les partenaires au développement nous apportent leur appui. Déjà, on se félicite des acquis positifs sur les plans de la lutte contre le trafic de drogue et la sécurisation de la chose publique. Il suffit d’en faire autant sur les plans du respect des droits des droits humains et de l’Edification de la démocratie et de l’Etat de droit et tout ira bien. Le CNDD le chef de l’Etat devrait le savoir.

 

 

Abdoul Latif Haidara

 

www.guineeactu.com

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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