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Le lundi 3 août dernier, le chef de la junte aurait émis des griefs contre l’ambassadeur de France en Guinée lors du passage à Conakry du Secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet. Le Capitaine Moussa Dadis Camara aurait purement et simplement sollicité le remplacement de M. Jean Michel Berrit.
Le président Moussa Dadis Camara a profité du séjour d’Alain Joyandet dans notre capitale pour faire cas de son mécontentement vis-à-vis de l’Ambassadeur de France en Guinée, M. Jean Michel Berrit. Dadis aurait lancé à Alain Joyandet « je ne suis pas content de votre ambassadeur. Je suis content qu’il s’en aille. Nous, nous n’avons pas besoin de manipulation ».
Le Secrétaire d’Etat français à la Coopération aurait eu à son tour cette réponse à l’endroit du chef de la junte : « Monsieur le président le métier d’ambassadeur est très difficile. Mais, sachez que la France n’a qu’une diplomatie, la France n’a qu’une politique étrangère ».
C’est le discours prononcé par le diplomate français lors de la célébration du 14 juillet dernier qui aurait irrité Dadis.
Ce discours qualifié de caustique par certains observateurs avait été une sorte de réquisitoire contre la junte guinéenne.
« Aujourd’hui, à moins de six mois de l’échéance électorale que chacun s’est engagé à respecter, on constate des avancées dont il faut se féliciter : le dialogue entre la Guinée et l’Union européenne dans le cadre des consultations au titre de l’article 96 de la convention de Cotonou est bien engagé ; le recensement des électeurs est en voie d’achèvement ; l’Etat guinéen a versé la première tranche de 15 milliards de GNF de sa contribution de 45 milliards au financement du processus électoral ; le dialogue politique s’amorce », avait relevé Jean Michel Berrit.
Avant d’enfoncer le clou en ces termes : « Mais, on relève aussi des sources persistantes de préoccupation : progrès trop lents dans la mise en œuvre du chronogramme électoral et du dialogue politique ; retard dans la mise en place du Conseil national de transition et dans la formalisation de l’interdiction de se présenter aux élections pour les membres du CNDD et du gouvernement ; persistance de violation de droits de l’homme et d’actes de violence contre des civils et des opérateurs économiques par des hommes en uniforme ; difficultés rencontrées par les partis politiques dans l’exercice de leurs activités. Le groupe de contact, qui va se réunir dans quelques jours à Conakry, espère recevoir des assurances sur ces points ».
L’Ambassadeur de France n’avait fait que dire haut ce que tout le monde pense tout bas. Mais le chef de la junte ne supporterait certainement pas certaines réactions venant surtout des diplomates étrangers.
L’ambassadeur d’Allemagne l’avait appris à ses dépens lors d’une rencontre avec les forces vives qui s’était déroulée à Koloma il y a environ deux mois. M. Karl Prinz avait été sommé de s’asseoir après avoir été vertement tancé par le président de la République.
Pour avoir posé la question suivante : « Monsieur le président, vous dites que vous ne serez pas candidat en 2009. Et qu’en sera-t-il si jamais les élections avaient lieu en 2010 ? »
Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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