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Avant de répondre à cette question, il serait préférable de rappeler aux uns est aux autres que plusieurs régimes africains sont le résultat de coup d'état, de rébellion armée, d'assassinat, de menace d'une intervention militaire étrangère et de lutte au sein de l'équipe militaire qui dirige. Le sort réservé aux anciens dirigeants peut être l'exil, la prison, la mort ou la libération pure et simple.
Je comprends parfaitement la position de ceux qui disent qu'il faut impérativement trainer les anciens dirigeants criminels devant les tribunaux pour qu’ils répondent de leurs crimes. Ces hommes et femmes veulent la justice à tout prix. Ils tiennent à la punition du patron d'hier. Pour eux il ne faut ni pardonner ni oublier. Je crois fermement qu'il est très important de tout faire pour que le pouvoir ne soit pas une question de vie ou de mort pour la personne qui l'exerce. Si on sait qu'une fois qu'on quitte le pouvoir, on sera arrêté, humilié, jeté en prison, exilé ou exécuté, on s'accroche parce que le prix de quitter ledit pouvoir devient trop élever voire impossible à payer. Certains dirigeants Africains veulent bien quitter la scène politique mais ils ne savent pas là ou' aller et/ou ont peur de ce qui les attend âpres avoir quitté le fauteuil présidentiel. Il serait donc préférable de donner une porte de sortie aux personnes au pouvoir. Je ne dis point qu'il ne faut jamais appliquer la justice mais je dis " qu'il ne faut pas la transformer en cette terrible passion abstraite qui a mutilé tant d'Hommes."
Je n'oublierai jamais les images des victimes du 28 septembre 2009 et j'ai la conviction profonde que la meilleure manière de les honorer, est d'assurer la stabilité de la Guinée.
Pour répondre à la question posée au début de cet écrit, je dirais donc que Dadis Camara doit revenir chez lui en Guinée pour continuer ses soins mais je n'aime pas son retour au pouvoir. Je pense que l'expérience qu'il vient de vivre lui a permis de comprendre que la violence, l'oppression politique, l'instabilité et la corruption donnent naissance à l'extrémisme. La Guinée est sur une pente dangereuse. Les militaires qui ont confisqué le pouvoir doivent se ressaisir en retournant dans leurs casernes. Les dirigeants politiques aussi doivent comprendre qu'ils peuvent servir leur pays sous plusieurs angles. Le fauteuil présidentiel ne doit pas être une exigence pour travailler pour le vaillant peuple Guinéen.
Seydou Coulibaly, Philadelphia, PA, USA Professeur
www.guineeactu.com
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