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"Cybermania" ou dépravation des mœurs ? On ne sait plus trop les raisons qui poussent les jeunes adolescents à envahir les cybers de Conakry. Seule certitude, la recherche d’un hypothétique alter ego ou d’âme sœur, pour les jeunes filles, de sensations fortes pour les jeunes garçons, apparait aujourd’hui comme une vogue. Dans le passé, quand élèves et étudiants écumaient les cybers de Conakry, c’était notamment pour chercher à s’inscrire dans des Universités occidentales ou pour faire des recherches sur des thèmes d’exposés, de mémoires de fin d’études supérieures.
Autres temps, autres mœurs, les études étant ce qu’elles sont actuellement dans les écoles et Universités guinéennes, les jeunes pousses versent dangereusement dans la dépravation. Parfois avec l’avènement des réseaux sociaux comme Facebook et autres. C’est ainsi que de nombreuses filles passent des heures derrière les machines, en train de scanner, de visualiser des photos d’une rare indécence, qui d’un ami, qui d’un amant, qui d’un prétendant virtuel ou réel. Nous sommes sur la route de Dixinn Terrace, donnant à Madina. A quelques encablures de la Mairie de Dixinn, un cyber de fortune concurrence celui qui jouxte le complexe de Marocana. Dans ce cadre exigu, près de dix ordinateurs dont le gérant ne se rappelle plus la marque, deux jeunes filles s’affairent. Assises sur une même chaise, elles se perdent en défilant, sans gêne, des nudités d’un homme qui serait au bout du monde. Elles indexent des parties intimes de la silhouette impressionnante, se tapent les paumes des mains en guise de complicité, puis zappent. Une autre image faite de montage entre ND et un certain Papy. Se souciant peu ou pas du tout de notre présence, ces deux ados, dérangent de par leurs cris et de par leur excitation. « Excusez-nous Monsieur si on vous dérange », se résout à dire l’apprenante, à la place de sa copine, apparemment bien vieille dans ces genres d’altération.
Tout à fait en contre-bas, deux jeunots, certainement moins de 18 ans, visionnent simultanément des photos pornographiques dont on ignore le site social, mais qui ressemble étrangement à Hi5. « Retourne, retourne », insiste à voix haute Ablo, élève du collège de Donka. Le gérant dudit cyber a vite demandé aux deux internautes de baisser la voix et permettre aux autres de travailler. Travailler ? Un bel euphémisme. Car ici, comme d’ailleurs dans les autres cybers, ces jeunes adolescents (élèves et étudiants) ne viennent pas pour travailler. Plutôt pour éveiller les sens. « On vient souvent au cyber pour chercher des correspondants. Ma copine vient de trouver un mari. Celui-ci va venir en décembre », justifie sagement une étudiante de René Levesque de Hamdallaye. Et un étudiant en médecine d’enchaîner avec beaucoup d’humour : « Les filles se laissent miroiter par des amours virtuelles qui finiront souvent par les berner et les exploiter. Il y en a qui envoient des cadeaux à des faux gars établis je ne sais où, gardant à l’esprit que ceux-là viendront leur construire des châteaux en Espagne. Ce ne sont que des faux. Mais les filles, ne connaissant pas bien ces réseaux, mordent à l’appât. »
Belle lecture du phénomène d’autant plus que les "mariages… brisés" sont légion. « J’ai rencontré un homme sur Internet, on était tellement complices qu’il appelait même mes parents et leur envoyaient des cadeaux, notamment des parfums et des portables. Ses photos sont connues de tous. Je n’en suis pas revenue, lorsque j’ai appris que l’homme en question est établi à Oumé en Côte d’Ivoire au lieu de la Californie, aux USA. Depuis, je suis déçue des hommes rencontrés sur Internet », témoigne avec beaucoup de regrets Djiwoun Diallo, aujourd’hui diplômé de l’école de secrétariat d’ENSAC. « J’avoue qu’il y a des friandes du cyber qui ne savent même pas taper sur le clavier. Leur seul souci c’est de rêver… », admet cette diplômée apparemment plus lucide aujourd’hui. Cybermania quand tu nous tiens !
TFS pour www.guineeactu.com
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