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Il est connu que lorsque qu’un écrit est bien élaboré, il procure de la joie, et enthousiasme celui qui le lit. Il accroche d’emblée et foudroie le lecteur de plaisir, quand le thème qu’il aborde est encore plus intéressant. M. I S Makanera (juriste) est de ces analystes dont la plume ne laisse personne indifférent. Il a la tête pleine et bien sur les épaules. Ses articles sont lumineux tant dans leur forme que dans leur fond, bien entendu, avec une certaine touche de sagesse immaculée, qui confondrait même le plus froid des lecteurs. Pareil pour ses pensées qui sont pertinentes voire même percutantes, décrites dans un style divinement élégant, d'expression limpide au propre comme au figuré. Aussi loin que je m'en souvienne, ses textes n'ont à aucun moment souffert d'ethnocentrisme comme le clame notre frère Sadio Barry. J'avoue d'ailleurs ici, que la capacité analytique du jeune et brillantissime juriste est sans reproche et n'éveille en moi que de merveilleux sentiments. Et, le voir prendre l’option sérieuse de dénoncer et surtout de condamner avec énergie et fermeté les agissements d’un autre âge, me fait encore plus honneur. Qu'il trouve ici l'expression de mon enchantement personnel. Je suis enchanté parce que dans son texte intitulé "je réponds à M. Sadio Barry ... ", Makanera invite son accusateur, cité dans le titre, à cesser de voir le diable en toute critique adressée aux "siens". J'ai connu Sadio Barry, il y a de cela plus d'un an. Lui et moi avions échangé des idées sur un sujet qui nous intéressait et nous interpellait à la fois. C'est pour cette raison que je m'accorde l'indiscrétion de traduire ici ses qualités et ses défauts (histoire de montrer qu'il est un être humain, donc passible d'erreurs...de jugement) avant d'enchainer plus loin avec Thermite Mara, un homme de la sécurité, célèbre agent de la police judiciaire de son Etat qui semble aussi être possédé par "le mal" qu'il faut exorciser à tout prix. Pour ce qui est de Sadio, je puis dire sans exagération, qu’il est sympathique, affable et sociable. Ses défauts ou pour ce que j'ai pu en percevoir, se trouvent être sa susceptibilité et sa sensibilité extrêmes, ajoutons à cela une forte tendance à la protection des "siens". Pour eux, il est prêt à réagir dans l'empressement, et souvent avec emportement, d'où ses erreurs de jugement. Nous étions en contact régulier, on s'écrivait par e-mail. Mais lorsque j’ai remarqué que le site qu’il administre opérait sur un terrain qui ne me convenait pas, où étaient souvent transposées des interventions extrêmement partisanes, partielles et partiales, j'ai dû prendre mes distances, me gardant néanmoins de lui faire des remarques. Voyez vous, j'éprouve pour lui un respect profondément religieux. Il ne s'en doute peut-être pas, mais je m'étais dit qu’il fallait laisser le soin à d’autres voix plus autorisées de l’interpeller sur sa conduite. Aujourd’hui c’est chose faite par la personne de Makanera. Je m'en félicite et n'insisterai pas outre mesure. Tout de même, je voudrais dire à mon frère Sadio de ne donner aucun sens aux termes individuellement pris dans la réplique qui lui est adressée. Il doit plutôt considérer et consommer le sens général, positif du texte. Il en tirera le meilleur. C'est pourquoi, il n'est point besoin de polémiquer d’autant que Makanera ne faisait qu'une simple interpellation. Certes dans son texte le ton est haussé par endroit, signe d'une certaine indignation. Cependant, si le ton a été un peu moins lénifié, le langage était aseptique, sans aucune malveillance. En outre, les citations et références faites par le juriste revêtent un caractère éducateur, qui prend l'ascendance sur la colère, visiblement exprimée dans son texte. De celui ci se dégage l'enseignement suivant. On a le droit d’être dans l'erreur tout le temps qu'on l’ignore, mais lorsque celle ci est reconnue, on perd automatiquement le droit d'y demeurer. Encore faut-il que l'erreur soit vraiment reconnue et acceptée. Quoi qu'il en soit, je reste convaincu que notre compatriote Sadio tirera profit de la mise au point pour se replacer dans l’estime de l'opinion publique. Ne dit on pas qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire? Sur ce, je dis merci à M. Makanera car il me donne ainsi l'opportunité de lui emboiter le pas, en répondant au sieur Mohamed Mara Thermite. Mais avant, je tiens à rappeler que l'arrivée du général Lansana Conté à la tête de l'état guinéen, suite à la mort d'Ahmed Sekou Touré (à Cleveland USA, des suites d'un anévrisme aortique) a été un véritable accident de l’histoire en Guinée, qui a enfoncé celle-ci plus qu'elle ne l'avait été sous le régime défunt. A son ère, il est passé maitre dans l’art de reproduire les ignominies d’hier. Depuis son arrivée, l'impunité a disparu du dictionnaire de l'Etat, remplacée par l'anarchie. C'est en effet sous son règne que les habitudes déphasées ont atteint leur faîte. Certaines de celles ci sont si courantes aujourd'hui qu'elles sont devenues anodines inféodées à la vie de tous les jours. A tort ou à raison, on s'évertue à défendre "nos accusés" sur des bases insoutenables - proximité culturelle et/ou sanguine. Le comble est qu'on ne peut prétendre s’insurger contre cette pratique sans qu’on ne soit lapidé d’invectives. La chose ne manque surtout pas d’ironie. Les carabiniers d'injures sont souvent des fils du pays ayant acquiert de grands diplômes dans des grandes écoles et/ou université du monde. Mais venons-en à ce qui fait l'objet principal de mon écrit: la réaction de M. Mara. Pour la petite histoire, il n'y pas longtemps j'écrivais un article dans lequel je tenais M. Kouyaté pour seul responsable de son propre échec. Ma missive a mis le pauvre dans un tel état, qu'il lui fallait décharger sa colère sur moi pour retrouver son calme. Et je puis vous garantir que mon assaillant, agent de la police, justicier reconverti, sorti d'un compte des milles et une nuit, n'a ménagé aucun mot pour "me passer son savon". Il m'envoie un e-mail truffé de "dards" dignes de son sobriquet. Le mail était si déplaisant qu'il est sage de vous en épargner le contenu intégral. Mon Cher M. Mara, dans votre mail c'est à peine si vous ne m’aviez pas affublé du manteau d’ethnocentriste que vous collez à Kibarou.com. Par la même occasion, vous vous dites déçu de ma réaction envers Kouyaté. Je vais ignorer vos propos et vous répondre avec la courtoisie d'un homme des couvents. Je vous prierai donc de souffrir que je vous parle de mon éducation, de mes principes et de mes convictions. Depuis ma tendre enfance on m’a appris que les hommes qui composent une société diversifiée, auront autant de différences que de similitudes. Les premières doivent être respectées et les dernières célébrées. Toutefois, ces différences qui peuvent être morphologiques ou idéologiques, convictionnelles ou confessionnelles, sont aussi sources de différends. Ainsi je suis parvenu à comprendre qu'entre différend et différence, l'affinité est telle que l'un est devenu l'égal de l'autre. Toutefois, il n'y a rien de tel qu'un dialogue dépourvu de passion et de haine pour concilier les divergences entre hommes civilisés. Les primitifs résolvaient leurs différends avec les armes, nous les hommes modernes réglons les nôtres avec le dialogue. C'est pourquoi le privilège que j’accorde a ce dernier est d'une grandeur infinie. Les faibles d'esprit sans arguments s'empressent de combler leurs lacunes par les injures et la violence. On m'a appris à discuter et à argumenter, à défendre mon point de vue avec rigueur et vigueur tout en gardant une approche flexible et un esprit ouvert dans mes abords. Ceci pour reconnaitre et me rallier aux opinions des autres quant celles-ci sont mieux défendues à travers un raisonnement convaincant. Et, refuser d'accommoder les arguments des autres lorsqu’on est vaincu au débat traduit non pas une force dans le caractère mais un complexe qui nous laissent choir dans impulsivité. C'est fort de cette culture, que je me propose de vous rendre le bien à la place du mal que vous m’avez prêté. M. Mara votre mail qualifie Kibarou de ce qu'il est loin d'être - ethnocentriste, vos termes sont sans ambigüité. Je vous en livre les extraits. Ca peut toujours rafraichir votre mémoire. Vous me dites : « ...avant de donner ce genre de pensée sur ce site ethnocentrique réfléchis 1000 fois.» Moi je vous dis que vous faites erreur. Je vous aurais suivi, si vous vous étiez tenu à déclarer qu'il y a des «sites ethniques en Guinée». Car je conçois avec d'autres internautes comme IS Makanera qu'avec l'universalisation des NTI, on a dernièrement assisté à l’émergence de deux catégories de sites consacrés à la Guinée: L’une s’intéresse à tout le pays sans aucune forme d'exclusion, tandis que l’autre est spécialisée dans la défense d'une partie de la Guinée sur des bases purement ethniques et/ou régionale non sans prétendre agir ironiquement au nom de toute la Guinée et de tous les Guinéens. J'avoue avec fierté que c'est dans la première catégorie citée que se placent dignement Kibarou.com, guineenews.com, mafrarnité.com, Guineeactu.com, kababachir.com, tamsirnews.com et la liste n'est pas exhaustive. Quant aux sites de la deuxième classe, inutile de les citer car le commun des internautes les connaît par cœur, à l’exception peut-être de vous mon cher Thermite Mara. O comme il vous sied, ce sobriquet. Quant à Kouyaté, je ne remets pas en cause ses qualités intellectuelles, morales et professionnelles, je l'ai déjà dit. Mais je ne reviendrai pas sur mes propos sur lui. Je n’en retirerai aucun traître mot. Cependant, je reste disposé à changer d’avis, à la condition que Cher M. Mara vous m’apportiez une preuve formelle et irréfutable que votre idole n’a pas échoué par sa faute. En dernier point, M. Mara, vous vous dites déçu de moi sans rien ajouter de plus. La brièveté de cette assertion invite à donner libre cours aux interprétations. En pareille situation l'homme a toujours curieusement favorisé la pire des explications. Cependant, n'étant pas un medium, je n'aime pas interpréter ce que les autres disent d'ambigüe pour la simple raison que le risque de dire ce qu'ils n'auraient même pas pensé est énorme. Je vais donc raisonner sur la base de l’hypothèse, procédé de recherche parfaitement admise en science. Je vais supposer que vous êtes déçu parce que je n’ai pas soutenu Kouyaté alors que lui et moi "serions" de la même ethnie (sans doute en référence à mon nom Traoré). J'ose croire que ce n'est pas à cela que vous pensiez. Mais autant lever l’équivoque que vous laisser glisser. Là-dessus, je vous dis mes convictions. Cher Monsieur Mara, je suis ethniquement hybride avec des origines lointaines encore très mixtes. J'ai successivement grandi à Boké-Kamsar, Labé et Conakry avec la capacité de parler dans une égale maitrise, soussou, peul et malinké. Oui je suis Malinké car ma tradition me commande de m’en revendiquer. Ce dont je ne trouve rien à redire. Et si vous voulez le savoir je suis très fier de porter le patronyme Traoré, mais j’aurais été autant fier, si j’avais porté le nom Bangoura, Tambassa, Bah ou Kotembedouno pour me réclamer de l'une ou l'autre ethnie de ces noms. Je suis un Guinéen et pense qu'un Guinéen n'est pas plus guinéen qu'un autre. Et, le fait que je me réclame Malinké ne me donne aucun droit de soutenir « les miens » (guillemets parce que tous les Guinéens sont miens) sur du faux – chose contraire à mon éducation et à mes principes. Sachant d'ailleurs la rigoureuse uniformité génotypique du génome de l’espèce humaine, la race et l’ethnie n’ont pas de signification, outre celle de diversifier l’espèce humaine, pour briser une certaine monotonie, qui aurait ôté à la vie tout son sens et toute sa beauté. Dieu est omniscience. Pour moi, l’identité de l’homme lui vient d’abord et surtout de son milieu d’évolution. C’est celui ci qui forge sa personnalité et façonne son éducation. Quant aux gènes, ils jouent tous le même rôle biologique (synthèse d’enzymes et de protéines fonctionnels dans les différentes cellules humaines) chez tous les hommes. Ils ne différent qu’au niveau de leurs formes d'expression externe c'est à dire leur phénotype – traits extérieurs et qui sert à classer les hommes en groupes ethniques ou raciales avec des caractéristiques morphologiques et de couleurs plus ou moins distinctes. Aujourd'hui mon cher frère, le brassage culturel et le métissage ethnique ont lancé à l'ethnicisme un défi qui ne peut être relevé. J'en veux pour preuve la malinkeisation de certaines personnes Diallo, Sow (originellement peulh) ou Bangoura ou Somparé (noms Sussu, Baga et Landouma) du fait de leur installation en haute Guinée depuis plusieurs générations maintenant, ou encore de la foulanisation de certains Souaré, Kanté, Touré, Millimono ou Koivogui, nés au Fouta. Allez dire aux premiers qu'ils ne sont pas malinké et aux deuxièmes qu'ils sont autre chose que peulh ? D'autres exemples existent sans oublier les milliers d'hybrides comme moi qui naissent de couples ethniquement mixtes à travers tout le pays. D'ailleurs, même si je n'avais pas été hybride, j'allais quand même me retrouver du côté de la majorité de peulh, malinké, soussou, baga, kissi... pur-sang qui refuse de s'identifier aux associations ou mouvements à caractère régional ou ethnique, quand bien même le régionalisme est préférable à l’ethnicisme. De ces deux maux le premier est le moindre, puisqu'au moins chacune de nos régions naturelles constitue une Guinée en miniature, qui renferme toutes les sensibilités ethniques de notre pays. Cher monsieur Mara voilà, C'est Ce Qu'il Fallait Démontrer (CQFD). Je vous ai dit mes convictions. Elles demeurent incessibles, et je les garderai au prix de me faire qualifier de renégat abâtardi ou quelque chose de ce genre. J'ai beaucoup à dire mais le texte s'est déjà trop allongé. Je pose la plume, mais néanmoins, je ne peux m'arrêter sans vous prodiguer ce conseil : éloignez-vous des complexés qui calomnient les autres sur des bases saugrenues. La sagesse vous recommande de n'imiter les habitudes des autres que lorsqu'elles sont bonnes autrement dit moralement soutenables. Sur ce je vous souhaite un excellent moment de lecture sur ce site. Dr A. Modibo Traore, Birmingham UK pour www.mafraternite.com
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