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Toute fin d’un processus est le début d’un autre, voilà une assertion philosophique qui peut bien illustrer la situation de crise que connaît la Guinée, depuis les derniers mouvements de grève de 2007. Toute fin d’une crise est le début d’une autre, dans notre pays, c’est, malheureusement, le triste constat que l’on pourrait faire, au vu de la situation qui prévaut. Le meilleur protocole d’accord, au regard de la nouvelle atmosphère suscitée, est celui qui rétablirait la confiance entre le président Conté et son premier ministre, après l’incident qui a mis en branle l’inter centrale, à la suite de ce qu’elle a estimé être des violations des accords du 27 janvier 2007. Toute sortie de crise qui exclurait ce côté créerait d’autres crises plus aiguës. Il faut dire que le protocole d’accord dont il est question et qui, aujourd’hui, fait l’objet de polémique, était prédisposé à être violé, du fait des insuffisances qu’il comporte. Le premier ministre conduit sa mission grâce à une délégation de charges négociée auprès du président de la République, dès lors, son autonomie se trouve d’autant compromise, que le manque de statut légal à son poste, le prive de toute prérogative constitutionnelle. Il est nommé par le chef de l’Etat, devant lequel il est responsable. Il est, de ce fait, tout aussi révocable dès que son mandant le trouve nécessaire. L’une des faiblesses du premier ministre est imputable à ce que le protocole d’accord comporte des lacunes qui lui sont préjudiciables dans la prise de certaines décisions fondamentales. Le dernier événement n’aura fait que mettre Kouyaté en mauvaise posture par rapport à celui dont l’appui lui est indispensable. D’ailleurs, dans ses vœux de nouvel An, il n’a pas manqué de le signifié au président Conté. Aujourd’hui, il y a une crise de confiance au sommet de l’Etat générée par l’incident que vient de connaître le pays. La fin d’une crise est devenue le début d’une autre, non moins préoccupante. C’est dire que les rapports entre le président Conté et le premier ministre sont loin d’être au beau fixe, malgré toutes les dispositions envisagées par l’Inter centrale, les institutions de la République, le Conseil économique et social et la Société civile pour apporter un amendement au décret de restructuration des départements ministériels, et revoir les accords afin de les adapter aux revendications des populations. La situation du gouvernement Kouyaté, après le dernier événement survenu, reste difficile pour deux raisons essentielles : - la crise de confiance au sommet - la refonte du gouvernement en perspective. Au regard de ce brûlant tableau, l’inter centrale qui a fini par être un mouvement de soutien au gouvernement semble avoir désormais entendu raison, depuis l’avortement de sa dernière grève et son rappel au respect de l’ordre syndical. Les partis politiques, quant à eux ont revendiqué leur espace violé par les syndicalistes. Faudrait-il, à l’occasion, préciser que seule la CNTG dispose d’une envergure dans le pays, étant représentée sur tout le territoire. L’USTG n’est présente qu’à Conakry et le SLEG de façon imposante dans les chefs lieux administratifs. A la lumière de cette réalité, il est facile de comprendre les rapports de nos leaders syndicaux, leurs objectifs réels, leurs forces et leurs faiblesses sur le terrain. Il reste tout aussi vrai que la CNTG et le SLEG offrent leur audience au mouvement syndical qui serait limité dans son action s’il n’avait été dirigé que par L’USTG dont le leader se propose de prendre contact avec leurs fédérations à l’intérieur du pays, entendez avec les membres de la CNTG. C’est par rapport à tous ces enjeux que la position du gouvernement reste une préoccupation, d’autant que le protocole d’accord qui lui a, jusque-là, servi de viatique pour assumer sa fonction, revient sur la table de négociation, mais cette fois-ci, avec de nouveaux partenaires favorables à la paix et au changement dans un cadre plus consensuel. Entre temps, comment Kouyaté va-t-il apprécier les choses, résistera-t-il à cette atmosphère suffocante qui réduit davantage sa marge de manœuvre, étant entendu que la perspective d’une refonte du gouvernement constitue, à elle seule, une autre raison d’anxiété au sein du gouvernement ? A propos, l’on se demanderait en quoi consistera cette refonte en perspective. Se limitera-elle à une nouvelle restructuration des départements ministériels ou touchera-t-elle le personnel ? Autant de questions qui laissent entendre que le processus de changement a besoin de l’apport de toutes les compétences et de toutes les bonnes volontés, pour évoluer. Evidemment, la disponibilité du chef de l’Etat est indispensable pour traduire l’aspiration du peuple dans les faits. Thierno D. Barry Source : Journal Le Démocrate, Conakry, partenaire de guineeactu.com
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