lundi 1 septembre 2008
Crise au Barreau guinéen : De nouvelles révélations dans le dossier

Tout au début de l’année, une crise a divisé les avocats de Guinée. A cause d’une déclaration faite par le bâtonnier Me Boubacar Sow, certains avocats ont, par une pétition, destitué l’équipe qui gérait les destinées des hommes en robe noire. C’est finalement la date du 6 septembre 2008 qui est retenue pour tirer au clair cette affaire à la Cour d’Appel de Conakry. Des révélations sur plus de 20 millions de nos francs viennent d’être faites.

En prélude à la reprise de la grève que les syndicats envisageaient de déclencher pour le mois de janvier 2008, le bâtonnier Me Boubacar Sow avait fait une déclaration en se référant à la Loi fondamentale. Ladite déclaration a servi de prétexte pour certains de ses confrères pour signer une pétition mettant hors jeu d’autres avocats comme Me Fodé Abass Bangoura, Dinah Sampil, Sékou Koundiano. Au lieu de se référer à la loi 014 qui prévoit des sanctions en cas d’une anomalie de la part du bâtonnier, les pétitionnaires ont préféré outrepasser en le destituant ainsi que ses confrères cités plus haut. D’après les remarques, la pétition comportait assez d’irrégularités, notamment des doubles emplois, des signatures non autorisées, des ratures. L’on se rappellera que l’ancien Premier ministre, M. Lansana Kouyaté avait donné 10 millions de francs guinéens au barreau de Guinée. La Société civile aussi, dans le cadre des enquêtes sur les évènements de janvier et février 2007, a alloué une enveloppe de 10 millions aux hommes en robe noire. Quelque temps seulement après l’acquisition de tous ces fonds, Me Sow a été victime de ce que certains n’ont pas hésité à qualifier de coup de force. En quittant le Barreau, il a seulement conservé quelques documents et les ordinateurs, mais pas les 20 millions de francs guinéens. D’après nos informations, ce sont ces fonds qui seraient en train d’être utilisés par l’équipe mise en place par les pétitionnaires. Et pourtant, rien au barreau ne devrait être touché avant la fin de la délibération prévue pour le 6 septembre prochain. Cette affaire, il faut le rappeler, est en train d’écorner l’image de la justice guinéenne. Elle fait un blocage dans la contribution financière des avocats. Elle constitue aussi un frein dans le procès que les avocats avaient entamé contre les policiers (Thermite Mara, Sory Sanfou et autre Alhassane Diallo). De ce fait, les avocats de Guinée ont aussi perdu une série de formations initiées par l’Association Afrique Droit (AAD). Ainsi, vu la situation qui perdure, le nouveau locataire du département de la Justice a jugé opportun de rétablir la loi dans toutes ses dimensions. Et le président de la Cour d’Appel Me Boiro devrait délibérer à partir du 6 septembre prochain. Aux dernières nouvelles, certains seraient en train de voir comment repousser cette date jusqu’au mois de décembre.

Et pour quel intérêt ? Le mystère reste entier. Nous y reviendrons, certainement le 6 septembre.

Aly Badara Condé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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