jeudi 15 octobre 2009
CPI : Dadis portera t-il plainte contre les leaders politiques ?
Thierno Fodé Sow

Sous les dentelles de ses sorties médiatiques, le chef de la junte ne cache plus son débridement à l’endroit des leaders politiques qu’il a rendu responsables de la « boucherie du stade du 28 septembre ». C’est donc pour les livrer à la Justice internationale qu’il se serait empressé de mettre en place une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les massacres. Il s’est mis le doigt dans l’œil, commentent certains leaders qui disent ne jamais pouvoir appartenir à une telle commission « taillée sur mesure ».

Rachid N’Diaye, journaliste et patron du magasine Matalana a accordé une interview à nos confrères de Kibarou. Commentant l’acharnement du capitaine sur ses anciens interlocuteurs, notre confrère pense que Dadis et ses hommes risquent d’être poursuivis pour assassinat et meurtres de populations civiles. « Le reste relève de la diversion. Les sorties médiatiques contre les opposants, c’est de la comédie sanglante, dans cette affaire, les morts sont d’un seul côté. En fait, par la violence, Dadis masque la faiblesse de sa personnalité et le manque de densité intellectuelle de son discours, malgré toute l'autosatisfaction sur ses « études académiques » facilement vérifiables. » Avant d’ajouter pour juger le chef de la junte, que le faible masque toujours ces lacunes par la violence, le verbe haut.

Connaissant bien la Guinée et ses régimes qui se sont succédé, notre confrère, plus acerbe que jamais, indique que l’affirmation permanente du fait de ne pas avoir peur, est en fait, « l’aveu d’un homme aux abois et qui cherche à intérioriser ses inquiétudes. Vous avez bien vu qu’en huit mois, il n’est presque pas sorti de Conakry. Pour aller à Labé, il a presque amené toute l’armée guinéenne avec lui, et contraint la population à venir écouter son discours. Mais en même temps, un homme pareil peut commettre des actes irréparables. » Ce qui est sûr, le dialogue est longtemps rompu et rien ne dit qu’il sera rétabli entre la junte et les forces vives dont l’exigence n’est rien d’autre que le départ pure et simple du président du CNDD. Une parfaite surenchère de l’opposition, crie certains. Une constante, se félicitent d’autres.

Dans son expectative, la population elle, continue encore de pleurer ses morts. Et des interrogations subsistent toujours dans la presse étrangère: Dadis Camara avait-il orchestré ce déferlement de haine et de violence, ce dont il se défend aujourd'hui ? Son aide de camp a-t-il surinterprété un ordre de "mater" l'opposition ? S’interroge Le monde. On trouvera probablement la réponse à ces questions quand le président du CNDD mettra ses ‘’menaces’’ à exécution, c’est-à-dire porter plainte contre des leaders politiques.

Mais cela suffira t-il à se faire dédouaner ? Surtout que des ONG de défense des droits de l’homme martèlent sans cesse : « Il y a trop de témoins et, devant l'ampleur du massacre, les langues se délieront, même dans l'armée. Elle est trop divisée entre clans ethniques, trop affaiblie par les ressentiments de certains contre les privilèges de quelques groupes, et beaucoup sont conscients que la justice finira par rattraper les coupables. Parce qu'il y aura une enquête internationale » dixit Mamadi Kaba, de la Raddho.

La partie s’annonce bien croustillante et l’équation est toute simple : trimballer en Justice le(s) présumé(s) commanditaire(s) de carnage qui crie(nt) au carnage ou à la boucherie (c’est selon) ou culpabiliser une foule désarmée – avec à la tête des leaders politiques entêtés et incapables de décommander le rendez-vous fatal du stade – assoiffée de libre expression, le droit reconnu à chacun, d’après la Déclaration universelle des droits de l’homme.


Thierno Fodé SOW


www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Nassirou, samedi 17 octobre 2009
Guyzot, et si nous les Africains nous n`avons pas les moyens de sécuriser nos populations contre nos bourreaux qui sont nos propres dirigeants? Et si nous n`avons pas les moyens d`arrêter des grands criminels dangereux? Ce n`est pas parce qu`il y a des crimes impunis ailleurs que nous devons laisser les gens tuer impunément. Si nos intitutions étaient fortes, on n`aurait pas eu besoin d`une ingérance extérieure. Combien de ministres et premiers ministres Israeliens ont été contraints à la démission pour être jugés? En Guinée, nous avons les moyens d`arrêter quelqu`un comme Dadis et lui juger? Donc mettons le complexe de côté et faisons en sorte que ce qui s`est passé le 28 septembre ne se reproduise jamais et sécurisons la cité. Et la meilleure façon de le faire, c`est d`arrêter les coupables et sans les occidentaux, ce n`est pas possible.
guyzot, vendredi 16 octobre 2009
Ecoutez vous africains hommes de peu de foi , c`est une honte encore pour nous. j`ai envie de dire que je ne suis ni noir d`origine africaine , ni blanc de quelque origine que ce soit. le cas DADIS est-il un cas isolé? Lui a l`avantage d`être arrivé au pouvoir sans effusion de sang d`autres le font et aujourd`hui ils sont des rois dans leur pays et accueillis par des affamés européens en grande pompe. Que la communauté internationale nous excuse , l`afrique a d`autres préoccupations notamment celle de s`affirmer en tant que continent semblalbe à bien d`autres , les malheurs que nous vivons depuis les indépendances, ces morveux blancs sont des instigateurs . Laissez l`afrique penser seule , nous n`avons plus besoin de vous pour réflechir en nos lieu et place. Nous avons suffisament été dans vos écoles.
Nassirou, jeudi 15 octobre 2009
Il demande si Dadis ne va pas porter plainte contre les leaders. D`abord, la CPI n`est pas le "dadis show", ensuite manifester contre la volonté des putschistes n`est pas un crime. Nous avons vu des manifestations non autorisées au Madagascar, en Mauritanie, au Sénégal, au Niger etc. mais personne n`est mort. Donc ce comportement de la junte qui est d`accuser les leaders n`est que de l`enfantillage. Un opposant, c`est quelqu`un qui s`oppose. Si on lui dit "oui", il dit "non" et si on lui dit "non", il dit "oui". Donc les forces vives n`avaient pas à obeîr à des adversaires politiques et de surcroît, des putschistes. D`ailleurs, les leaders ont failli perdre leurs vies. Ce qui prouve qu`ils ne savaient qu`il y avait un danger au stade et le pays n`était pas en guerre. C`est pourquoi les pro-cndd ont manifesté ce jour pourtant interdit et les autorité ont eu la maladresse de montrer les images de la manifestation à la télé, trop engagé à montrer la "popularité" du cndd pour penser à leur compromission. Le commissariat saccagé. Tout le monde sait que ce sont les milices de Dadis déguisés en civil qui ont saccagé ce commissariat. Et on ne trouve jamais des armes de guerre dans un commissariat et aucun militaire n`est tué. Donc tous les éléments sont contre Dadis. Il n`a pas d`échapatoire. D`ailleurs s`il commence à accuser les leaders au tribunal, il risque d`irriter le juge qui sera davantage plus sévère avec lui. Dadis pense qu`il a tué des gibiers. Sinon comme il ignore la gravité de la situation, il emploie des mots comme "désolé" comme s`il a piétiné quelqu`un. Deux jours après le massacre, il parle de sa condidature et décide qu`Alpha Condé ne va pas se présenter parce qu`il a un casier judiciaire compromettant. Comme si de rien n`était. Comme si ses crimes seront dans l`oubliette. Quelques semaines avant le massacre il criait avoir le droit de présenter aux élections, parce qu`il a un casier propre sans savoir qu`avec sa folie des grandeurs il n`était pas loin d`un casier plein de sang. Alors on ne va pas attendre qu`il ait un casier plus compromettant pour le coffrer.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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