lundi 12 janvier 2009
Course aux postes de responsabilité
Thierno Dayèdio Barry

La foire est ouverte et tous ceux qui, déjà, se pressentent quelques aptitudes cachées ou prouvées, recourent aux relations susceptibles de leur tendre la perche.

Même ceux qui ont contribué à pourrir le pays se refusent de se remettre en cause. Certains d’entre eux se faufilent dans les coulisses des grandes décisions, usant de tact, moins pour convaincre de leur changement de mœurs que pour se tailler, encore, un poste prestigieux et juteux.

Ils refusent de démordre, ces malades de pouvoirs jamais assouvis, qui, au lieu de se livrer à une longue méditation sur leurs péchés, se vident la conscience et espèrent renaître sous d’autres manteaux.

La tolérance nuit à la victime. Les prédateurs devront-ils jouir de l’indulgence des autorités ?

Les voleurs d’hier, sont encore, aujourd’hui, ceux qui jouissent de tous les privilèges. L’argent dérobé à l’Etat va leur servir d’arme, pour continuer à dissuader les pauvres qu’ils ont faits autour d’eux. Leurs enfants commanderont à nos enfants, parce que, envoyés, aux frais des caisses publiques, dans les meilleures écoles pour faire de bonnes études.

Cinquante années de pauvreté imposée à un peuple déshumanisé, traîné dans la boue, clochardisé du fait de la précarité de son existence.

Que nous racontera-on aujourd’hui qui puisse nous vider la mémoire de tous ces souvenirs cruels, de ces supplices endurés, de ce traumatisme, de cette dépression harcelante ?

Pardonner, Oui ! Oublier, Non ! Pourtant nous sommes pour l’indulgence, pour le pardon, à la condition que nos bourreaux et nos pilleurs d’hier se tiennent loin de nos caisses, loin des postes de responsabilité qu’ils ont prostitués, loin de nos décisions qu’ils ne feraient que polluer.

Le changement doit être radical. Nous revendiquons des hommes nouveaux, patriotes et compétents, en lieu et place des cancres et des médiocres qui, des années durant ont pris le chemin de la dérive.

La course aux postes de prestige ne s’arrêtera jamais. C’est aux nouvelles autorités de prendre garde, pour ne pas se laisser trahir par ceux qui ont déjà trahi.

Le pouvoir défunt est la victime d’un entourage corrompu, de hauts cadres indélicats.

Le pouvoir en Afrique est, généralement, fait pour servir son entourage dont il fini par être l’otage.

Puisse le Pouvoir actuel faire exception.

Thierno Dayèdio Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Ibrahima Diallo-"ollaid", lundi 12 janvier 2009
Cette fois, je suis d`accord avec vous sur l`ensemble Mr/M. Barry. Je constate que vu les honneurs que Lansana Conté reçoit de partout, il n`était pas si mauvais que ca alors malgré le carnage de 2007? Il y a plus de consensus favorable sur lui que l`Autre en 1984. Il serait intéressant d`en tirer des leçons et interprétations, particulièrement pour ceux qui mettent exclusivement tout sur Conté sans parler des centaines d’entre nous (certains passés à l’exile volontaire pour jouir des biens mal acquis) qui lui avons permis de rester si longtemps au pouvoir. Je recommande encore Telediaspora.net pour le Journal télévisé guinéen qui est une source édifiante de l’atmosphère à Conakry. A propos, il y a une expression Foula qui dit à peu près ceci: « on a fait un saut (dans le vide) mais on n’a pas atterrit encore et on ne sait pas où - Nô hotchâ, kchika Kâ tahô ».

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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