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L’on ne saurait assez trop le dire. A quelques mois des échéances électorales en Guinée, le constat est que la liste des candidats ne fait que s’allonger. La dernière en date est celle du président de l’Observatoire national de la démocratie et des droits de l’homme (ONDH). C’est au cours d’un point de presse tenu dans un restaurant de la place, le 17 avril dernier, que M. Aliou Barry a annoncé sa candidature pour la présidentielle de 2009.
La semaine dernière, le président de l’Observatoire national de la démocratie et des droits de l’homme a convié la presse nationale pour lui exprimer ses ambitions de briguer la présidentielle de 2009. Entouré ce jour de quelques amis, M. Aliou Barry, expliquera tout d’abord les raisons qui lui ont poussé à s’engager sur le terrain politique en Guinée. La motivation de l’ex conseiller à la Primature, viendrait de trois facteurs strictement culturels. Des facteurs qu’il incarne et dont il considère comme des atouts pour diriger un pays comme le nôtre. Il s’agit de sa culture administrative, sa culture militaire et sa culture universitaire. Autres atouts, cet ancien officier de l’armée française, dira avoir la chance d’évoluer pendant 33 ans dans une grande démocratie en France, de travailler pendant 20 ans dans la troisième armée du monde et d’être géopoliticien. Autre aspect qui lui aurait encore davantage motivé à se déclarer candidat à la prochaine présidentielle, ce sont les toutes premières déclarations du président Dadis à la prise du pouvoir par le CNDD. Ces déclarations disaient, à l’en croire, que le pouvoir ne sera remis qu’à des guinéens qui ne sont mêlés ni de près, ni de loin à des malversations et que tout citoyen guinéen est libre de se présenter comme candidat. Et tout en se disant répondre à un tel profil, M. Barry sort de l’ombre pour annoncer, en tant que citoyen libre et ‘’propre’’ sa candidature pour la future présidentielle guinéenne. Cette nouvelle candidature vient ainsi grossir le nombre de candidats déjà en lice. Un véritable jeu de sprint sur le terrain politique guinéen. La boîte de pandore désormais grandement ouverte, chacun exprimant le désir d’en être le premier serveur. Mais pour M. Barry, il ne s’agit pas de parer au plus pressé pour aller aux élections. Selon lui, même si les élections sont aujourd’hui « nécessaires » en Guinée, elles ne sont cependant pas « suffisantes » pour la démocratisation de notre pays : « Beaucoup de pays dans le continent ont organisé des élections et au bout on n’a jamais vu arriver la démocratie. C’est le cas de la Mauritanie où les élections se sont déroulées dans des conditions de transparence totale, saluées par la communauté nationale et internationale. Mais nous voyons aujourd’hui dans ce même Etat que c’est un général qui a ôté sa tenue pour se présenter comme candidat à la présidentielle. Ce qui veut dire qu’il y a eu des élections transparentes, mais il n’y a pas eu de démocratie au bout. Et c’est pourquoi, je dis qu’en Guinée, les élections sont nécessaires mais pas suffisantes ». Pour lui, la Guinée a besoin de trois (3) éléments pour organiser des élections démocratiques. Premièrement, dira-t-il, le pays doit d’abord se doter d’une constitution irréprochable, avalisée par l’ensemble de la population. Deuxièmement, il faut mettre en place des institutions fiables avec la création par exemple d’une Cour constitutionnelle qui puisse être le garant de la Constitution. Troisièmement, favoriser une culture démocratique dans le pays, sans quoi, il sera difficile de parler d’un Etat de droit. Représentant aussi la diaspora guinéenne, M. Barry, dira que la Guinée est un des rares pays qui ne profite pas de l’expertise de sa diaspora qui constitue cependant une pièce maîtresse pour amorcer le vrai développement du pays. Ainsi, en tant que candidat, il envisage de créer un pont entre les guinéens de l’intérieur et ceux vivant à l’extérieur. « La diaspora guinéenne a son rôle à jouer dans ce pays. En effet, c’est uniquement dans ce pays qu’on n’exploite pas ceux qui ont acquis de l’expérience ailleurs », explique-t-il. Par ailleurs, il a souligné que le développement de la Guinée passe de facto par le développement du secteur agricole. Il affirme que le secteur agricole est le socle d’un développement durable dans notre pays, car à l’en croire, le secteur minier sur lequel l’Etat fonde son espoir pour bâtir une Guinée prospère ne saurait nous sortir de l’ornière. « Mais avec le développement du secteur agricole et la qualification du système éducatif guinéen, notre pays a toutes les chances de s’en remettre de ses nombreuses situations de retard », soutient-t-il. Au-delà, il a exhorté à la formation d’une main d’œuvre qualifiée pour la construction du pays. Après cette présentation sommaire de son ambition pour la nation, le conférencier a aussi répondu aux questions des journalistes. Sur la question par exemple de savoir s’il avait les moyens de sa politique, M. Barry, tout en se référant à l’exemple de Barak Obama, dira que ce n’est pas « les moyens financiers qui déterminent un engagement politique ». Selon lui, le plus important pour un leader politique, c’est son engagement politique. Qu’il doit être intelligent et avoir les ressources humaines qui lui permettront de réaliser le projet de société qu’il a conçu pour le développement socioéconomique de son pays. « Ce qui explique la léthargie politique en Guinée, c’est le fait qu’il y ait des leaders qui sont arrivés et qui ont construit leur parti autour de leur fortune (…). C’est quand même ahurissant de voir aujourd’hui en Guinée des gens qui ont été responsables de beaucoup d’émeutes créer un parti et se porter candidats», fera-t-il remarquer.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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