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Conakry, le 23 septembre 2010
Le Président de l’ONDH
à
Son Excellence le Général d’Armée Sékouba KONATE,
Président de la Transition, Président de la République par intérim,
Ministre de la Défense nationale
Excellence, Monsieur le Président de la République,
J’ai l’honneur d’attirer votre haute attention que l’Observatoire national de la démocratie et des droits de l’Homme (ONDH), créé par Arrêté n° 2405 du 12 juin 2008 du Premier ministre et consacré par la nouvelle Constitution, est l’Institution nationale indépendante des droits de l’Homme (INDH) dont la mission est de conseiller le Gouvernement en matière de promotion et de protection de la démocratie, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.
C’est dans le cadre de cette mission et eu égard à la situation de crise politique actuelle consécutive au discrédit de la présidence de la CENI, que je me propose de soumettre à votre haute bienveillance des propositions de sortie de crise.
En effet, grâce à la ferme volonté politique dont vous avez fait preuve, les Guinéens ont voté dans la quiétude et la joie le 27 juin 2010 à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Malgré quelques dysfonctionnements constatés ici et là, ces élections ont été unanimement saluées par les Guinéens et la Communauté internationale. Et après la proclamation des résultats par la Cour suprême, ces résultats ont été acceptés par tous les candidats dont l’un d’eux s’était même prononcé dans ce sens avant l’arrêt de la Cour suprême.
Le deuxième tour devrait donc se tenir dans les délais légaux, soit 14 jours après la proclamation des résultats définitifs du premier tour.
Cependant, la condamnation récente par une décision de justice de deux membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à la suite de revendications assorties d’une plainte, ensemble avec le décès du Président de la CENI, la partialité du Chef du Gouvernement qui se fait l’écho des revendications de l’un des candidats et l’élection d’un nouveau Président de la CENI dans des conditions contestables, le vote s’étant déroulé pendant la période de suspension de la séance par la présidente par intérim et en son absence, ont aujourd’hui contribué à fragiliser la CENI et à la diviser en deux groupes antagoniques.
Au regard de cette situation, j’estime que la CENI dans sa configuration actuelle ne peut plus produire des résultats d’un second tour susceptibles d’être acceptés par tous.
Afin de relancer le processus électoral et lui donner le maximum de chances d’aboutir dans l’intérêt de tous, je vous propose de faire présider la CENI pendant cette période de deuxième tour :
- soit par une personnalité neutre ; celle-ci pourrait être une personnalité religieuse ;
- soit par un Directoire composé d’une personnalité neutre assistée cette fois par un représentant de chacun des candidats ;
- soit par un Directoire composé du Représentant résident du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest, du représentant du Président Blaise COMPAORE, médiateur de la crise guinéenne, assisté toujours par un représentant de chacun des candidats. Au cas où cette dernière proposition retenait votre attention, l’on ne saurait vous le reprocher, puisqu’elle permet de mieux garantir la transparence du scrutin, l’acceptation des résultats et d’éviter ainsi à notre pays l’anarchie et le chaos comme cela a été le cas ailleurs.
Enfin, il est à souligner que la neutralité de la personnalité qui sera chargée de présider la CENI est fondamentale pour la réussite du processus électoral, la stabilité et la paix sociale en Guinée. Cette neutralité a d’ailleurs été longtemps réclamée par tous les acteurs politiques.
Dans l’espoir que ces propositions vont recueillir votre haute bienveillance, je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.
Dr Aliou BARRY
www.guineeactu.com
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