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« Pour le deuxième tour de l’élection présidentielle le 19 septembre 2010, les Guinéens devront prendre de la hauteur pour élever notre Nation. »
Chers compatriotes : « Il est facile d’allumer un incendie mais très difficile de l’éteindre. » Notre pays a, non seulement, énormément souffert mais a frôlé maintes fois la catastrophe. Cependant, depuis la signature des accords de Ouagadougou en Janvier 2010 et l’installation des organes de la transition, la Guinée garde l’espoir d’un réel changement dans l’intérêt de tout le Pays. Pour ne pas décevoir cet espoir, les acteurs politiques, « les intellectuels » et les leaders d’opinions doivent aujourd’hui élever le débat pour nous éviter à tous, des lendemains qui déchantent.
« Comment élever le niveau du débat ? » Simplement en sortant de la culture du sectarisme, de la négativité, de la surenchère, de la désinformation, bref, de la haine et de la violence gratuite
Est-ce que les questions essentielles aujourd’hui sont : « Qui sera le président de la Guinée ? », « De quelle ethnie sera-t-il ? » ou alors « Qu’est ce que ce nouveau président pourra t-il nous apporter comme amélioration de niveau de vie, de bien-être et de sécurité à nos populations ? » A mon avis c’est cette dernière question qui doit nous préoccuper, à savoir : « qu’est ce que le futur président propose au pays comme programme ? »
Notre pays a des priorités urgentes et incontournables comme l’électrification et l’adduction d’eau de la région de Conakry, le bitumage de la route internationale Conakry Kankan (surtout dans sa portion Mamou, Dabola, Kouroussa qui est la « route de la Honte Nationale »).
Pendant la campagne électorale du premier tour, tous les candidats ont sillonné les routes guinéennes. Ils savent très bien dans quel état elles sont !! L’enclavement de nos villages, de nos villes et de nos régions contribue à nous couper les uns des autres et renforce nos replis identitaires.
Chers compatriotes, nous ne sommes pas condamnés par atavisme à la division, la confusion et à la médiocrité.
Par la lutte et au prix du sang de notre peuple, nous avons relevé un premier défi en arrachant le pouvoir au CNDD en 2009. Nous en appelons donc au sens civique des guinéens afin de mettre au dessus, l’intérêt général du pays, la paix et la cohésion nationale.
Ce qui est essentiel et qui manque à notre pays, c’est le développement social, économique et humain dans la paix. Aujourd’hui, l’essentiel n’est plus « qui va être l’Elu ? » mais « qu’est-ce que cet Elu va faire pour le Pays ? »
Ne perdons plus notre énergie et notre temps à nous dénigrer et à nous vilipender les uns les autres.
Notre problème c’est la mal gouvernance qui n’est le propre ni d’une Ethnie, ni d’une région ni d’un seul individu. C’est un système basé sur l’incompétence, l’état de non-droit pour ne dire de non –Etat avec une déliquescence complète des Institutions. Notre ennemi c’est notre division, le repli identitaire avec le déficit de citoyenneté qui place « l’individu ethnique » avant le citoyen et la « nation ethnique » avant la NATION CIVIQUE avec un déficit de nationalisme pour notre malheur à tous ! En effet seule cette nation civique guinéenne peut réunir ses différentes composantes pour nous unir tous dans notre pays.
En Guinée, tout reste à faire dans tous les domaines ; tous les guinéens pourront avoir du travail et de quoi vivre largement si nous arrivons à négocier ce virage dangereux du 2e tour du 19 septembre 2010. Pour cela, prenons tous de la hauteur et respectons la mémoire de nos martyrs tombés au champ d’honneur pour le changement !
Notre vote du 19 Septembre 2010 pour le deuxième tour ne doit pas être qu’un vote émotionnel basé sur l’administration d’un candidat et notre désir de le voir gagner à tout prix ou une haine viscérale et le rejet de l’autre candidat. Nous devons garder raison pour penser au pays surtout aux guinéens qui ont tant souffert et l’après-élection où tout reste à faire.
Pour relever cet énorme défi nous devons respecter le vote de nos compatriotes mais aussi et surtout respecter les résultats quel que soit le vainqueur. Pour cela commençons dès à présent à désamorcer les bombes d’émotions destructrices de haine, de dénigrement, de violence que certains extrémistes sont entrain de goupiller.
En Démocratie, que je sache, tout citoyen a le droit de voter en son âme et conscience pour le candidat de son choix, quelles qu’en soient les raisons et les motivations ; ou alors c’est de l’embrigadement non la démocratie. C’est cette liberté de choix du citoyen qui lui confère sa souveraineté.
Chers compatriotes, une Nation est quelque chose de très fragile dont l’équilibre peut être rompu à tout moment s’il n’y a pas une volonté politique farouche de vivre ensemble dans la paix sociale, le dialogue, le respect mutuel pour l’intérêt général. C’est pour cela que le respect du vote de nos concitoyens s’avère impératif, les contestations des résultats doivent toujours se faire par voie légale.
Chers compatriotes : nous nous sommes battus comme un seul homme au sein du Forum des Forces Vives en 2009 pour mettre fin à la dictature de la junte militaire. Pourquoi ne serons pas capables maintenant de voter dans le calme le 19 septembre 2010 (comme le27 juin) et de respecter démocratiquement le résultat des urnes ? Nous pourrons le faire et nous le ferons car l’Afrique nous observe ainsi que le reste du monde ! Comme dit le proverbe « il ne faut pas manger le rat et laisser la queue »
Docteur B. Diakité
www.guineeactu.com
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