mardi 17 mai 2011
Contrôle de l'action gouvernementale : Le CNT veut-il sortir de son immobilisme ?
Rabiatou Serah Diallo

« Le Conseil national de la Transition (CNT), issu des Accords de Ouagadougou du 15 janvier 2010, organe délibérant, entend accomplir sa mission de vote des lois et du contrôle de l’action gouvernementale dans un climat de franche et bonne collaboration, tant avec l’Exécutif qu’avec toutes les autres Institutions républicaines, dans l’intérêt supérieur de la Nation » a déclaré Rabiatou Serah Diallo, la Présidente du CNT à l'ouverture officielle de la session budgétaire 2011, le 16 mai à Conakry.

Signe d'une réelle prise de conscience au sein de cette institution qui fait office de parlement mais qui a brillé par son absence à plusieurs niveaux, ce discours de la Présidente du Conseil national de la transition pourrait apporter un véritable changement dans la gouvernance d'une Guinée en proie à des maux tels que le détournement des deniers publics et qui fort malheureusement serait guettée par une nouvelle dictature. Comme dirait l'autre, mieux vaut tard que jamais.

Décidément, le Conseil national de transition (CNT) commence à comprendre qu'il est un des acteurs clés de la scène politique, sociale et économique guinéenne et qu'il ne doit pas se mettre en marge du processus au risque de payer cher pour son immobilisme. C'est en tout cas ce que nous avons retenu de l'intervention de sa présidente à l'ouverture officielle de la session budgétaire 2011 le 16 mai.

Le Conseil national de la Transition mis en place conformément aux Accords de Ouagadougou du 15 janvier 2010 et renforcé par une ordonnance du président de la Transition, Général Sékouba Konaté, a pour mission de voter des lois et contrôler l’action gouvernementale. Mais si dans le premier cas l'institution a permis au pays de se doter d'une nouvelle constitution et de quelques lois organiques, dans le second cas elle a brillé par son absence.

Cette absence de contrôle de l’action gouvernementale a eu de graves conséquences sur l'économie du pays. Mais aussi et surtout sur la vie de ses citoyens. Libres de tout, les militaires au pouvoir à l'époque se sont offert des services au-delà des recettes de l'Etat. En 2010, pour une recette totale de 4.154,87 milliards, les dépenses chiffrées ont été de plus de 9000 milliards, soit un manque à gagner de près de 5000 milliards. D'une manière générale, il apparaît sans doute que la démission du CNT quant à sa mission de contrôler l'action gouvernement est à l'origine de l'échec de la Transition dont les conséquences aujourd'hui sont entre autres la cherté de vie, hausse des prix consécutive à une inflation galopante. Inflation, elle-même née de la planche à billets pour exécuter des dépenses extrabudgétaires. C'est pourquoi cette prise de conscience du CNT est plus que salutaire.


Heinan Goba
de Conakry pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mory Diakité, mercredi 18 mai 2011
Le CNT est-il légitime aujourd`hui? Comment des gens qui ont failli à leur mission de contrôle (pour un coût de 5 000 milliards selon M. Goba) peuvent-ils être crédibles? Pour moi, ces gens, nominés et donc n`ayant pas reçus l`onction populaire (contrairement au président), doivent mettre fin à l`hypocrisie en démissionnant immédiatement. En même temps, comment que des gens, dont ce n`est pas la formation, qui n`ont pas reçu d`instruction en ce sens (même si leur expérience de la vie est considérable), parviennent à assurer ce rôle que même des contrôleurs hautement rompus aux techniques de la comptabilité publique ont du mal à apprehender totalement.
Yaliyali, mercredi 18 mai 2011
Ah la guinée! Il faut être maudit pour ne pas penser à soi même avant de penser à la nation. Qui pouvait l`en croire? Même les elections on ne les veut plus.
Aziz Bah, mardi 17 mai 2011
Nous voulons des actes, pas des discours pompeux. On a trop entendu en guinee. Alpha disait recemment que dans 5 ans, la guinee serait la deuxieme puisance ouest africaine apres le nigeria. Eh wotan, quel mensonge?
Mohamed Sylla, mardi 17 mai 2011
Rabiatou, nous attendons de voir, on ne parle pas la bouche pleine. N’est-ce pas ?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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