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Les dirigeants de Rio Tinto devraient se rendre compte par cet amateurisme des autorités guinéennes dans la gestion des affaires publiques que ce régime est loin d’être représentatif du Peuple de Guinée. C’est donc à leurs risques et périls qu’ils vont investir de tels montants (dix milliards de dollars) sur une base juridique si «instable» selon leurs propres termes. L’État étant partout souverain, tous les contrats léonins signés sous le coup de la corruption ou de l’insuffisance des cadres qui ont représentés la Guinée dans les négociations devraient être dénoncés et renégocier sur une base saine avec des femmes et hommes compétents, représentant des institutions issues de la volonté du Peuple et non imposées à lui par des armes. Des Evo Morales n’existent pas qu’en Amérique Latine. Un gouvernement issu d’élections libres et démocratiques devrait revoir toutes les lois et conventions promulguées dans le pays depuis l’indépendance jusqu’à nos jours pour en extirper les goulots d’étranglement et/ou les failles que les compagnies étrangères (toujours représentées par d‘experts chevronnés) exploitent pour se tailler la part du lion dans les contrats qu‘elles passent avec la Guinée (qui elle, est représentée souvent par des fonctionnaires dont le principal mérite demeure le lien personnel qu’ils ont avec le pouvoir en place). Car le fait que «l'exploitation du sous-sol (la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite) n'a guère profité aux habitants» n‘est pas seulement «en raison d'une gestion calamiteuse et d'une corruption généralisée», (AFP cité par jeuneafrique.com du 28/10/08). Si la gestion calamiteuse et la corruption généralisée sont indiscutables, c’est dans les contrats léonins imposés à un pays aux abois (représentants peu qualifiés, mal payés et sous pressions contradictoires de leurs chefs hiérarchiques) qu’il faudrait rechercher la cause majeure. S’il est vrai que Rio Tinto n’est pas responsable de l’incapacité des Guinéens à s’organiser en un État viable et parfaitement respectable, elle devrait ne pas se presser de pêcher en eau trouble; au risque de se voir déposséder quand les choses se clarifieront. Le principal fournisseur de matière première (bauxite) de Rio Tinto Alcan demeure la CBG (Compagnie des Bauxites de Guinée); Rio Tinto Alcan investi plus de trois milliards de dollars canadiens par an dans la seule province du Québec (Canada) en divers dons et commandites, dans le cadre de son programme “Imagine” (selon une annonce qu‘elle passe sur RDI), ce qui représenterait au moins 1 % de ses bénéfices dans la province avant impôts. Contre seulement 500.000 dollars pour la région de Boké dont les habitants attendent encore de voir la couleur (eau, électricité, voirie, assainissement, mobiliers urbains, dispensaires équipés, bibliothèques, …). Les Guinéens devraient comprendre que seules les compétences doivent compter pour créer et gérer un État viable assujetti au service tout le monde. S’accrocher aux postes justes pour le prestige est suicidaire pour une Nation. Le combat pour le sac de riz est un combat perdu d’avance! Il faut apprendre à se mettre ensemble pour combattre pour l’honneur et la dignité. Notre président de la République n’a pas les capacités requises pour gérer les affaires publiques. C’est une évidence qui crève les yeux. Cela dure plus de 25 ans. Et, personne ne semble réaliser le danger que cette situation représente. Tant que nous ne cesserons pas de raisonner en Peul, Soussou, Malinké, Guerzé, …, nous ne verrons pas le bout du tunnel. Le Guinéen que nous sommes doit se départir du principe très nuisible qui veut que “ce que je ne peux pas, aucun autre Guinéen ne le pourra”; car, cela favorise le jeu des prédateurs de nos richesses. Il y a suffisamment de jeunes guinéens bien formés à travers le monde. Ils travaillent pour certains d’entre eux dans des multinationales. Pourquoi ne pas leur céder «la place» afin qu’ils nous protègent contre ces prédateurs. Ils ont souvent fait les mêmes classes que ceux qui représentent les multinationales et les institutions financières internationales. Ils ne seront donc point impressionnés par ces gens et, leurs actions profiteront à tous les Guinéens sans exception. Dix milliards de dollars (somme que Rio Tinto promet d‘investir à terme) sont très impressionnants face au misérable Budget actuel de la Guinée; mais, cela représente une poussière face à ce que le produit fini (tiré des 2,25 milliards de tonnes de magnétite extrêmement riche) va rapporter à la compagnie. Il ne faut pas oublier que la bauxite guinéenne à fait des multimilliardaires à travers le monde; alors que les Guinéens comptent parmi les plus pauvres du monde. À défaut d’un schéma national d’exploitation de nos ressources minières (qui aurait fait éviter ces malheureux “vas et vient”), pourquoi ne pas s’inspirer de la politique minière de l’Australie et/ou du Canada qui tirent des dizaines de milliards de dollars de l’exploitation - par ces même compagnies - de leurs ressources? Cela veut dire regarder de près leurs règlementions, leurs institutions, la qualification des femmes et hommes chargés de gérer ces institutions pour mettre en œuvre ces règlements, … et, essayer de faire comme eux pour pouvoir en tirer meilleure partie. Diallo Saifoulaye pour Les Ondes de Guinée partenaire de www.guineeactu.com
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