samedi 27 décembre 2008
Conté est mort, il a emporté le peu d’âme qui nous restait
Boubacar Barros Diallo

CONTÉ FAKHAA, A LAGUINEE NII DONHOÈ KHANI A KHOUN!! (Conté est mort, il a emporté le peu d’âme qui nous restait)

Chaque fois que Dieu a pensé au peuple, ceux qui prétendent se battre pour ce dernier intronisent - en piétinant la justice et la démocratie - un homme à la place du tout puissant, pour revenir quelques décennies après, avec de belles plumes et de beaux bouquins, nous dire pourquoi Dieu les a abandonnés aux mains d’un tyran.

L’on nous parle en termes «d’espérons et de souhaitons ». A mon sens, le peuple n’a que trop espéré et souhaité, l’on nous dit que le peuple a déjà applaudi son nouveau chef de village, et dès lors, l’on devrait espérer et souhaiter que….

Ce même peuple applaudissait et participait à l’envoi de ses fils au Camp Boiro, ce même peuple a applaudi et crié de joie en 1984 et encore en 1985, puis en 1996. Les fois où ce peuple n’a pas applaudi ses dirigeants sont les seules fois dont nous sommes réellement fiers (en 1958 lorsqu’il fallait se débarrasser des Colons et Janvier-Février 2007).

Mais en réalité, on cessait d’applaudir dès que le fils à éliminer porte le visage du nôtre et non celui du voisin. Kindo Touré, Kaba 41 et tant d’autres ont-ils été lus et compris. Ces derniers, ainsi que les hommes dont ils parlent, croyaient que l’autre est toujours coupable jusqu’à ce qu’ils se retrouvent à Boiro ou Kindia.

Maintenant l’on nous demande d’applaudir parce que le ce même fils a cessé de porter le visage du nôtre et qu’il a repris celui du voisin. Tant et aussi longtemps que l’on peut se moquer du voisin, tout est cool !

Des calculs sophistiqués mènent certains à revendiquer une victoire à laquelle ils n’ont apporté aucune contribution, acquise au terme d’un combat où l’adversaire principal est un ensemble - certes imparfaits et dégoutants par excès de tripatouillage - de documents qui n’ont pas de PMAK.

Jeunesse guinéenne, voici l’occasion pour nous de rompre avec les erreurs du passé, voici l’occasion pour nous de dire à tous ceux qui ont parlé des erreurs commises au cours de l’histoire, que nous avons compris la leçon et de les rassurer que l’histoire ne se répétera pas trois fois.

Nous avons eu le temps de juger et de mépriser nos ainés, nous les avons accusés de démission collective, d’être de faux et mauvais intellectuels. Nous avons dit qu’ils ont collectivement laissé faire, qu’ils ont laissé l’émotion primer sur la raison de 1958 à 2008, qu’ils ont laissé leur jugement primer sur la justice, durant toutes ces années. A tort où à raison, nous le saurons d’ici la fin de nos jours et ce sont nos enfants qui seront les juges, à chacun son tour.

Nous serons les comptables de 2009 et des années subséquentes ! Qu’en ferons-nous?

50 autres années pour répondre à cette question, il nous appartient de décider quand est-ce qu’on passe devant le juge de l’histoire.

Il ne s’agit pas aujourd’hui d’aimer Dadis et son groupe ou pas, il ne s’agit pas de choisir entre lui et toute la bande à Conté, pour autant qu’il ne s’agisse pas de ressasser encore et encore tout ce que Somparé et Sidibé « ont raté » comme occasion, pour justifier un putsch.

L’enjeu actuel est de choisir :

- La rupture ou la répétition

- Le passé ou le futur

- L’homme ou les Hommes

- L’arme ou le cerveau

- Le hasard ou la certitude

- Le destin d’un homme ou celui d’un peuple.

Bref, il ne s’agit pas d’avoir raison, mais de raisonner. Ne nous trompons surtout pas de ring : les coups bas (ou tordus) d’un côté et les mitrailleuses de l’autre SVP !

Nous avons pourtant beaucoup appris de notre passé : le Guinéen a eu 50 ans pour comprendre que quelque soit l’amour que nous portons à nos frères et sœurs, mieux vaux 10 millions de maudits qu’un seul Béni.

Nous avons la chance d’avoir des hommes et des femmes qui peuvent nous mener vers une transition civile et apaisée sans Somparé et autres Souaré. Il suffirait de choisir des hommes et des femmes dont la crédibilité a été prouvée par le passé.

Si l’armée désire jouer un rôle (ce qui serait souhaitable), celui qui lui sied le mieux serait de se porter garant de la transition et de la perpétuation de la démocratie, qu’elle veille sur le coffre sans toucher au contenu. Il y’ a déjà plusieurs propositions en ce sens, trêve de répétitions !

Je m'associerai avec n'importe quel compatriote qui croit fermement à la solution démocratique et non au hasard et à la bonne volonté, encore moins à la déification d’un homme qui s’exprime comme son mentor.

Guinée des paradoxes, l’on a refusé Kouyaté parce qu’il ménageait Conté. Vive Dadis parce qu’il protège la famille de ce dernier, avec tous les biens qu’ils ont usurpés au peuple.

Je ne suis pas revanchard et je souhaite que l’on laisse cette famille tranquille, cependant, que l’on arrête les retournements de veste, au risque de se retrouver soumis aux caprices des « adversaires » d’ hier.

Pour finir, l’histoire retiendra une chose : la Guinée n’aura connu que 2 grands « hommes », Sékou Touré et Conté qui, même après leur mort, réussissent à nous diviser, Ils ont réellement modelé le Guinéen comme ils l’ont voulu. Espérons /souhaitons que Dadis le fera comme nous le voulons.

Franchement je préfère Janvier 2009 à Décembre 2010, simple superstition peut-être. Cependant lorsqu’il s’agit d’espérer/souhaiter, je choisis de ne pas être superstitieux, peut-être par gourmandise ou par crainte de la Diète Noire et des Demi rations sans électricité et sans eau potable, avec arrêt cardiaque à traiter à Dakar ou Paris, selon les moyens (autrement ce sera Cameroun, non loin de Donka et du camp Boiro).

Que ceux qui veulent bouger me fassent signe, on est ensemble et la lutte continue. Cette fois, nous devons dire NON Y’ EN A MARRE ! Personne n’est obligé de savoir manier un Bazooka, toutefois, l’usage de la matière grise est sanitaire et salutaire. À vos méninges !

Aux éternels passifs, prière de s’abstenir ! Il y’a beaucoup d’espace sur le net, que la littérature continue ailleurs !

Boubacar Barros Diallo     
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Bah Saliou Tabara- Suisse, samedi 27 décembre 2008
C`est à nous contemporains et générations des Dadis Camara d`accompagner la rupture qui s`annonce en Guinée en faisant en sorte que notre progéniture puisse être fier de nous dans 25 ans. Point de répétitiion, je partage votre reflexion. La matière grise secondée par le courage et l`action au service de l`intérêt général est plus puissante le bazooka. Nos dévanciers ont échoué à cause d`une sempiternelle de compromis malhonnête et égoiste. Or l`on ne batit pas une Nation avec un cumul d`égocentrismes, de lâchétés et d`absence de sens de l`histoire. La Guinée avec 50 ans d`indépendance et ses fils brillent par sa misère d`aujourd`hui à cause de ces tares que ses élites civiles et militaires ont labélisé en art de vie et de moyen degouvernance de la nation. Ne repetons pas les même erreurs.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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