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Dans la lettre ouverte que nous avons adressée au Président Moussa Dadis CAMARA, nous avons déclaré ce qui suit : « Nous ne vous demandons pas une baguette magique, vous êtes un Président de la Transition, mais vous devriez avoir le courage et la volonté politiques d’œuvrer pour mettre les bases réelles de la Démocratie et du Développement, en donnant surtout la priorité aux préparatifs des élections présidentielles et législatives. Vous ne pouvez pas régler tous les problèmes guinéens d’ici Décembre 2010, cela est pratiquement impossible, nous le savons, mais l’organisation des élections libres et transparentes vous le pouvez même avant. » Extrait de la lettre ouverte Réf: 089/BE/Aguisav/08 en date du 25 Décembre 2008.
Tout le monde est unanime aujourd’hui que le Président Moussa Dadis CAMARA et le Cndd sont entrain d’œuvrer inlassablement pour prouver aux Guinéens qu’ils sont au service de nos populations. C’est vrai qu’à ce départ, les actions de bonne volonté ne manquent pas à nos militaires. Nous les félicitons et les encourageons sur cette lancée.
Cependant, il ne faut pas se leurrer : nous estimons que le Président Moussa Dadis CAMARA et compagnons devraient donner nécessairement la priorité aux élections présidentielles et législatives cumulées, et retourner dans les casernes, d’ici fin Décembre 2009. Un Chronogramme de consensus dans ce sens, doit être élaboré avec tous les acteurs politiques dans l’immédiat, pour éviter tout dérapage lié à la transition.
Du toilettage des textes de la Loi Fondamentale : pour nous de l’Association Guinéenne des Sans Voix –Aguisav-, toute modification des textes de la Constitution doit relever obligatoirement de la future Assemblée Nationale. Car cette Assemblée Nationale, issue des élections libres et transparentes, est vraiment de l’émanation du Peuple de Guinée. Elle est légale et légitime, et elle est mieux placée pour modifier la Loi Fondamentale. Non plus, nous ne sommes pas d’avis avec ceux qui parlent de l’adoption d’une nouvelle Constitution par voie référendaire.
Qui sont ces rédacteurs qui vont rédiger cette nouvelle Constitution?
L’Aguisav n’a confiance en aucune autre structure pour faire ce travail, quand on sait que les acteurs politiques guinéens sont divisés et opposés entre eux. L’on ne s’en sortira jamais !
La future Assemblée Nationale modifiera légalement les textes de la Loi Fondamentale, sans trop de polémiques et à la satisfaction de tout un chacun. Même la version 2003 de la Loi Fondamentale, suspendue par le Cndd, peut servir de base pour le futur président, qui sera élu démocratiquement. Il ne faudrait pas que l’on la rejette à bloc. Tout n’est pas mauvais dedans. L’on prendra ce qui est bon et laissera ce qui est mauvais.
Le problème de la Guinée sous Général Lansana CONTE, ce n’était pas parce que les textes de loi étaient mauvais, mais ils n’étaient pas respectés et appliqués. Il faut que l’on en tienne compte pour gagner en temps.
Au Mali, quand le régime du Général Moussa TRAORE chutait, la Constitution malienne ne permettait pas le système de Multipartisme. Donc, il fallait rédiger une nouvelle Constitution et la faire adopter au référendum. Tel n’est pas le cas en Guinée : nous avons tous les textes qu’il nous faut pour le système multipartite et démocratique. Il faut les amender et les appliquer. En l’état actuel des choses, la Guinée n’a plus besoin de référendum.
Nous devons aller directement aux élections. Ceux qui ne sont pas prêts ou en ont peur, c’est leur affaire. Le Peuple de Guinée a soif des élections libres et transparentes. Et c’est ce que le Cndd doit leur permettre d’ici la fin de l’année 2009.
L’on sait qu’actuellement d’aucuns veulent profiter de ce toilettage des textes de la Loi Fondamentale pour éliminer des candidats potentiels, par la limite d’âge fixée entre 45 et 70 ans dans la première Constitution, votée en 1990 par voie référendaire. La version 2003 de la même Constitution a déverrouillé quant à la limite supérieure d’âge, et le mandat présidentiel est passé de 5 ans à 7ans, renouvelable plus d’une fois.
Pour nous de l’Aguisav, l’âge ne doit nullement être le critère pour éliminer quelqu’un dans la course aux présidentielles. Car le critère « âge » est un faux problème sur lequel il ne faut pas s’attarder. C’est Dieu qui donne l’âge, personne ne se le choisit : jusqu’à 80 – 85 ans et même plus, l’on peut valablement servir la nation, si l’on jouit pleinement de tous ses cinq (5) sens. L’exemple du Président WADE au Sénégal en est un exemple éloquent.
Donc, le Président Dadis CAMARA et le Cndd doivent y veiller personnellement, pour ne pas que les adversaires politiques s’affrontent inutilement autour du critère « âge », en cas de toilettage des textes de la Constitution.
Le mandat présidentiel à sept (7) ans : l’Aguisav est pour le mandat présidentiel de 7 ans renouvelable une fois, compte tenu de la situation catastrophique dans laquelle se trouve la Guinée (tout est priorité), pour permettre au premier président démocratiquement élu, de mieux se consacrer, afin de mettre les bases réelles du Développement et de la Démocratie. Avec aussi l’avantage de l’espacement des élections, les échéances électorales ayant toujours un impact négatif sur le budget national. A la longue, ce mandat pourrait être revu et réduit à 5 ans.
En plus de la loi sur la double nationalité, toutes les autres lois taillées sur mesure sous le défunt président Général Lansana CONTE, doivent être supprimées de la Loi Fondamentale, de façon consensuelle, pour éviter les exclusions et frustrations.
Nous sommes sûrs que la future Assemblée Nationale saura trancher sur tous ces problèmes, dans l’intérêt supérieur de la Nation.
Sur ce, nous disons bonne chance au Président Moussa Dadis CAMARA et aux autres membres du Cndd.
Dr Fran Morri T. SAMMOURAH
Président de l’Aguisav – La Voix des Sans Voix
pour www.guineeactu.com
Fait à Faranah, le 03 Février 2009
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